Politique

Les nouveaux députés de la Corse dans les starting blocks

Par Patrick Rossi et Hélène Battini, France Bleu RCFM mardi 20 juin 2017 à 9:08

Les députés corses prêts à prendre place à l'assemblée nationale
Les députés corses prêts à prendre place à l'assemblée nationale © Maxppp -

Les quatre députés insulaires se préparent à prendre dans les prochains jours leurs nouvelles fonctions. Tous, nouveaux venus, devront prendre rapidement leurs marques pour défendre au mieux les intérêts de la Corse.

Passée l'effervescence des soirées électorales, la fête qui a succédé au succès des quatre députés insulaires, l’heure est venue de se mettre au travail. Les premiers grands dossiers arriveront très vite en discussion à l’assemblée nationale.

Un calendrier serré

Après la démission du gouvernement d'Edouard Phillipe, lundi 19 juin, les nouveaux députés de la quinzième législature sont appelés à s'installer au palais bourbon. Et c'est une assemblée nationale profondément renouvelée qui se dessine. Elle comptera 424 débutants sur les 577 sièges. Ces mêmes élus doivent désigner dans une semaine, jour pour jour, le successeur de Claude Bartolone à la présidence de l'assemblée nationale, même si les postes clés auront été implicitement attribués lors d'un grand séminaire de la majorité « La République en Marche ».

Une fois les problèmes de logistique réglés, les élus se mettront immédiatement au travail. Le 4 juillet, le premier ministre tiendra son discours de politique générale. Il sera soumis à l'approbation des parlementaires au travers d'un vote de confiance. Et s'il ne fait nul doute qu'il sera validé, l'inconnue réside dans les positions des groupes minoritaires qui pourraient donner encore des voix supplémentaires à la majorité présidentielle.

Des voix qui auront leur importance lors de la présentation de l'avant-projet de loi habilitant le gouvernement à prendre, par ordonnance, des mesures pour l'emploi dans le cadre de la grande réforme du travail annoncée par Emmanuel Macron dès la campagne présidentielle.

Les nationalistes en quête d’un groupe

Les députés nationalistes, au nombre de trois, font donc une entrée historique à l’assemblée nationale. Un trio qui cherchera à ne pas se perdre dans cette fourmilière du palais Bourbon. Des élus qui ne peuvent donc se passer d’intégrer un groupe majoritaire, d'opposition ou minoritaire.

Une nécessité pour bénéficier d’un temps de parole. Le poids médiatique n’est pas négligeable, pas plus que l’aspect financier, le groupe ouvre en effet l'accès à des bureaux, salles de réunions et à une enveloppe de 10 M€. Ces arguments poussent certains à se rallier, cela a été le cas du député indépendantiste martiniquais Jean Philippe Nilor, qui lors de sa précédente mandature, siégeait dans le groupe gauche démocrate républicaine. Une alternative qui n'est pas d'actualité pour les nationalistes.

Pour le moment, ce qui est envisagé, c'est de nouer les contacts nécessaires à la constitution d'un nouveau groupe entre non-inscrits. Une démarche plus que compromise quand le nombre de membres potentiels est inférieur aux 15 nécessaires. Dans ce contexte la récente proposition du nouveau député guadeloupéen Olivier Serva pourrait peut-être trouver un écho auprès des députés nationalistes. Il propose la constitution d'un groupe "ultramarin" afin de répondre aux exigences particulières de ces territoires tout en préservant leur place unique dans la République.