Politique

Les sénatoriales, "un résultat en demi-teinte" pour LREM selon le politologue Olivier Ihl

Par Simon De Faucompret, France Bleu Isère lundi 25 septembre 2017 à 9:09

Le professeur de science politique Olivier Ihl apportait son regard de spécialiste sur les élections sénatoriales, ce lundi 25 sur France Bleu Isère.
Le professeur de science politique Olivier Ihl apportait son regard de spécialiste sur les élections sénatoriales, ce lundi 25 sur France Bleu Isère. © Radio France - Simon de Faucompret

Invité de France Bleu Isère ce lundi 25 septembre, le politologue et professeur en Sciences Politiques Olivier Ihl analyse les résultats de ces élections sénatoriales qui sont assez différents en Isère et dans l'ensemble de la France.

La surprise de ces élections sénatoriales 2017 en Isère pour le politologue Olivier Ihl ? "Sans conteste, l'élection de Guillaume Gontard". Soutenu par Europe Écologie Les Verts (EELV), le Parti Communiste (PC) et le mouvement du 1er Juillet de Benoît Hamon, le maire du Percy dans le Trièves s'est placé en deuxième position avec 19,08 % des suffrages exprimés. "C'est un beau score et un succès personnel et collectif', ajoute le politologue.

Des résultats surprenants en Isère

À l'échelle départementale, les résultats de ces élections sont globalement surprenants et contrastent avec la tendance nationale. Quand la droite approche la majorité aboslue avec 171 sièges, elle stagne dans le département avec 2 élus, comme avant ces élections , Michel Savin est réélu, Frédérique Puissat vice-présidente du Conseil Départemental entre au Sénat.

"Il y a un problème de dispersion (...) à droite." Olivier Ihl.

Christian Rival, le maire de Morestel aurait pu être élu, s'il n'y avait pas eu dispersion des voix.. On comptait quatre listes estampillées "Divers droite", qui ont divisé les forces et réuni 252 voix en tout. "Il y a un problème de dispersion et de coordination dans la stratégie de campagne générale de la droite. Elle va devoir en redébattre par la suite.", analyse Olivier Ihl.

Le PS est lui en repli sur le département : "C'est assez surprenant", avoue le professeur de Science Po. "On pensait tout de même qu'il se redresserait comme à l'échelle nationale." Le seul mandat de la République en Marche, obtenu par Didier Rambaud, est lui considéré comme un "bon résultat, d'autant que c'était quasi inespéré, il est passé tout juste !" rappelle Olivier Ihl.

Olivier Ihl décrypte les résultats départementaux des sénatoriales sur France Bleu Isère.

Les élections sénatoriales en Isère - Radio France
Les élections sénatoriales en Isère © Radio France - Denis Souilla

En France, la droite conforte sa majorité

Pourquoi les résultats isérois sont-ils différents du reste de la France ? "Les 3 000 grands électeurs d'Isère représentent des rapports de force politiques antérieurs à la grande séquence présidentielle et législative que nous avons vécue en début d'année", analyse Olivier Ihl. "Il est difficile d'élaborer des comparaisons entre les départements car chacun a sa personnalité et ses tendances propres."

À l'échelle du pays, En Marche perd un siège. "C'est un résultat en demi-teinte", juge le politologue. "On savait que ce scrutin ne pouvait pas leur être favorable, car c'est une situation figée sur l'avant-présidentielle." Malgré tout, les objectifs fixés par le parti présidentiel gravitaient autour de 40 ou 50 sénateurs. Avec 23 sièges, le groupe LREM n'atteint pas ses ambitions.

Ce qui pourrait avoir des conséquences majeures sur le mandat présidentiel d'Emmanuel Macron. "L'objectif était double. D'abord, ce scrutin entendait sonder le tempérament des élus locaux, et on voit qu'ils sont dans la défiance." Mais il cherchait aussi à "voir si la voie constitutionnelle était ouverte." Résultat : "On a l'impression que ce sera difficile", annonce Olivier Ihl. "Pour des réformes importantes comme la réduction du nombre de députés, il faudra soit passer par de nouvelles alliances, soit carrément privilégier la voie référendaire.". Pour réformer la Constitution, le gouvernement doit obtenir 3/5ème des voix des parlementaires réunis (députés et sénateurs).

Une défiance qui trouve ses causes dans certaines annonces du Président, comme celles concernant les baisses de dotations aux collectivités ou la réduction du nombre d'élus locaux. "La fin des emplois aidés et les dotations en baisse ont fait l'effet d'un coup de massue sur les collectivités", expose le politologue. "On en a eu la traduction électorale hier."

Olivier Ihl décrypte les résultats nationaux des sénatoriales sur France Bleu Isère.

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