Politique

Les Verts ne feront pas partie du gouvernement Valls

France Bleu mercredi 2 avril 2014 à 7:56

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Ecologie - Les Verts
Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Ecologie - Les Verts © MaxPPP

Il aura fallu une journée complète de négociations pour qu'Europe Ecologie – Les Verts décide finalement de ne pas intégrer le gouvernement que doit former Manuel Valls. Le parti écologiste affirme qu'il deviendra un "partenaire vigilant" du gouvernement.

"Manuel Valls propose aux écologistes des postes quand nous, nous voulons une nouvelle politique ", a expliqué mardi soir Pascal Canfin (EELV) sur BFMTV. Les membres d'Europe Ecologie – Les Verts ne feront pas partie du gouvernement de Manuel Valls , a déclaré la secrétaire nationale du parti, Emmanuelle Cosse, dans un communiqué :

"Malgré les propositions faites par Manuel Valls, les conditions en l'état ne sont pas réunies pour qu'Europe-Ecologie – Les Verts participe au gouvernement" — Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV

Lundi, Manuel Valls a reçu pendant une heure la secrétaire nationale , mais aussi le chef des sénateurs écologistes Jean-Vincent Placé, et les chefs de file du groupe parlementaire, Barbara Pompili et François de Rugy. Il a souhaité "inclure EELV pleinement dans le processus de décision ", selon l'entourage du nouveau premier ministre. Selon les informations de la chaîne de télévision BFMTV, il leur avait même proposé un grand ministère de l'Ecologie , regroupant sous son aile l'Energie, le Logement et les Transports.

Le parti divisé sur la décision

Mais cette proposition, pas plus que des engagements en faveur de la "transition énergétique " et de la "justice sociale ", n'ont pas suffi à convaincre les écologistes, qui affirment qu'ils resteront un "partenaire vigilant " du gouvernement. Ou du moins le bureau exécutif du parti, où le vote a été serré : 7 contre, 3 pour et 5 abstentions. Car dans les rangs du groupe parlementaire à l'Assemblée, les députés restent "à 75% favorables" à une entrée au gouvernement , selon une source parlementaire. 

Résultat : à la sortie du bureau exécutif du parti, François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique et coprésident du groupe parlementaire à l'Assemblée, a qualifié la décision "d'incompréhensible ", un "mauvais coup pour l'écologie et les écologistes " . Il déplore que le parti soit "divisé, c'est préoccupant pour l'avenir ". A-t-on une chance, de fait, de voir des ministres écologistes au gouvernement malgré l'avis du parti ? Rien n'est moins sûr, car Manuel Valls a promis qu'il "ne ferait pas de débauchage " si les écologistes refusaient en bloc une entrée au gouvernement.