Politique

Loi Macron : la motion de censure peut-elle être votée ?

Par Julie Guesdon, France Bleu mercredi 18 février 2015 à 12:45 Mis à jour le mercredi 18 février 2015 à 17:56

Manuel Valls à l'Assemblée nationale
Manuel Valls à l'Assemblée nationale © MaxPPP

L'UMP a sans surprise déposé une mention de censure mardi soir, après l'annonce de Manuel Valls de recourir au 49-3. Par ce passage en force de la loi Macron, le gouvernement pourrait se voir contraint au remaniement si la motion de censure est adoptée jeudi à l'Assemblée. Une hypothèse dont la probabilité reste faible.

Le prochain débat à l'Assemblée s'annonce délicat pour le gouvernement. Demain jeudi, les députés doivent discuter à partir de 16h de la motion de censure déposée par l'UMP à l'encontre de Manuel Valls, après que le premier ministre a annoncé mardi le recours au 49-3. 

> VIDÉOS | Loi Macron : le gouvernement décide de passer en force en utilisant le 49-3

L'opposition dénonce ainsi le "passage en force" de la loi Macron, comme le permet ce dispositif. Et espère, à l'issu du débat jeudi à 18h, faire voter la motion, ce qui engendrerait la démission immédiate du Premier ministre. 

> INFOGRAPHIE | En quoi consiste la procédure du 49-3 ?

Quels risques pour le gouvernement ?

En décidant de recourir au 49-3, le gouvernement n'a voulu prendre aucun risque sur l'adoption de la loi Macron. En raison de l'annonce des députés frondeurs de ne pas voter le texte, François Hollande était incertain de disposer de la majorité. Et dans les faits, il est peu probable que ces mêmes frondeurs votent en faveur de la motion de censure. Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a d'ailleurs prévenu que "celui qui voterait la censure n'a plus sa place au Parti socialiste" .

Pas de risque non plus du côté des Verts. Le groupe EELV a annoncé qu'il ne voterait "bien entendu en aucun cas la motion de censure" , même si la secrétaire nationale d'Europe-Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, a dénoncé le 49-3, un "déni de démocratie, arme anti-Parlement d'une Ve République à bout de souffle."

Jeudi, les députés UMP devraient bien voter pour la motion, même si certains ne désapprouvent pas la loi Macron. C'est le cas, par exemple, d'Hervé Mariton. Sur RMC, le parlementaire affirme qu'il votera "pour la motion de censure" , mais également pour la loi Macron lorsque le texte reviendra à l'Assemblée en deuxième lecture.

La surprise communiste

En principaux alliés, l'UMP peut compter sur l'UDI. Le parti centriste s'est en effet associé à la motion de censure et devrait voter en majorité pour la motion. Ce devrait également être le cas pour le FN. Florian Philippot a affirmé que Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen "voteront probablement la motion de censure."

Plus surprenant, le groupe communiste a fait savoir son intention de voter en faveur du texte présenté par la droite, car celui-ci se positionne, selon les propos d'André Chassaigne, le président du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), "dans la continuité de notre refus d'accorder la confiance à Manuel Valls" .

Mais toute la gauche radicale ne se ralliera peut-être pas à la position de GDR. Le Front de Gauche a d'ailleurs tenté lui aussi de déposer une motion de censure. Mais faute de partisans assez nombreux, celle-ci n'était pas recevable.

> A LIRE AUSSi : Jean-Luc Mélenchon, le co-fondateur du Parti de gauche, a décrié cette décision ce matin sur France Info.

Dans le meilleur des cas pour l'opposition, la motion de censure ne recueillerait que 237 voix, alors que l'adoption requiert une majorité absolue de 289 voix. Peu de risques, donc, pour le gouvernement.

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