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Louis Mermaz : Gisèle Halimi "s'est imposée par son talent" pour être élue députée de l'Isère

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Par , France Bleu Isère

Louis Mermaz fait partie des élus isérois qui ont accompagné Gisèle Halimi, dans sa campagne express en 1981 pour la quatrième circonscription. Il revient sur son court passage en Isère, alors que les obsèques de cette fervente défenseure des droits des femmes auront lieu ce 6 août.

Louis Mermaz, en février 2014, à l'occasion de la 23e Journée du livre politique à l"Assemblée nationale.
Louis Mermaz, en février 2014, à l'occasion de la 23e Journée du livre politique à l"Assemblée nationale. © Maxppp - Christophe Morin

C'est ce jeudi 6 août, dans la matinée, au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, qu'auront lieu les obsèques de Gisèle Halimi.  Combattante pour les droits des femmes, avocate engagée, ancienne députée et auteure, Gisèle Halimi s'est éteinte le 28 juillet dernier, à Paris, au lendemain de son 93e anniversaire. 

Louis Mermaz se souvient du passage de Gisèle Halimi au début des années 80 en Isère. Celui qui fut au cours de sa longue carrière politique député, sénateur, maire de Vienne, mais aussi président de conseil général et ministre, a accompagné Gisèle Halimi dans son aventure iséroise. 

L'arrivée de Gisèle Halimi en Isère

Louis Mermaz était aux côtés de Gisèle Halimi au printemps 1981, quand elle fut envoyée pour représenter le PS dans la quatrième circonscription (Voiron/Saint-Marcellin/Saint-Egrève).: "Elle a été parachutée parce qu'elle souhaitait devenir députée. C'est François Mitterrand qui l'a envoyée là car il y avait une circonscription dans l'Isère qui semblait possible, la circonscription de Voiron, où d'ailleurs Yves Pillet avait déjà fait acte de candidature et était investi. Mais très élégamment il s'est retiré pour Gisèle Halimi, donc elle a fait une campagne en trois semaines. Dans des conditions très difficiles bien entendu parce qu'elle était dans un milieu plutôt rural. C'était une femme - ce qui était un phénomène nouveau dans l'Isère -  et puis elle était très féministe. Elle s'est imposée par son talent. Moi, j'ai assisté dès le début à ses réunions et c'est vrai qu'elle avait une force de parler. Les gens venaient pour l'entendre, par curiosité. Au premier tour, elle a été en tête; au second, elle passe très facilement. Elle avait une éloquence, une force dans l'expression qui impressionnaient beaucoup. Donc oui, on peut dire comme vous le dîtes qu'elle a séduit."

Son court mandat 1981-1984

Gisèle Halimi fut députée de l'Isère de juin 1981 à septembre 1984. Déçue par le monde de la politique, elle jette l'éponge. On a demandé à Louis Mermaz quelle(s) trace(s) elle a laissée comme députée de l'Isère : "Elle s'est occupée des personnes, mais en si peu de temps, on n'a pas le temps par exemple de faire participer à la construction d'une école, enfin se battre pour avoir des subventions pour une école. Elle avait pas le temps, mais par contre sur le plan parlementaire, elle a été très présente et elle a été active. D'ailleurs, par exemple, c'est à elle que nous devons le remboursement de l'IVG, elle est intervenue dans le débat aux côtés d'Yvette Roudy, ministre des droits des femmes. Ensuite, elle est intervenue pour la parité dans les élections municipales. Il y avait un projet présenté par Gaston Defferre (ndlr : alors ministre de l'Intérieur et de la décentralisation), elle a fait en sorte qu'il y ait au moins 30 à 35% de femmes. Aujourd'hui, ça semblerait peu, mais c'était nouveau et à l'époque tout à fait exceptionnel. D'ailleurs, l'amendement qu'elle avait soutenu a été retoqué par le Conseil constitutionnel qui considérait que c'était une atteinte à la liberté de vote."

"Elle avait envie de retrouver une grande liberté d'actions"

On lui a demandé s'il regrettait que le passage à l'Assemblée nationale de Gisèle Halimi n'ait duré que 3 ans : " Etant donné son talent, j'aurais souhaité qu'elle reste plus longtemps. Autant elle a été passionnée au début de découvrir quelque chose qu'elle ne connaissait pas, c'est-à-dire le fonctionnement de l'institution parlementaire et bien à la fin elle s'ennuyait, disons les choses franchement. Elle avait envie de retrouver une grande liberté d'actions qu'elle allait avoir après. A l'Unesco, où elle était ambassadrice et elle avait la possibilité d'introduire les débats qu'elle souhaitait dans cette instance. Et ensuite, bien entendu comme avocate et comme écrivain."

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