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Politique

Lyon : Daniel Buren dénonce "l'abandon" d'une de ses oeuvres et veut attaquer la Ville en justice

mercredi 19 août 2015 à 18:24 France Bleu

L'artiste Daniel Buren veut poursuivre en Justice la ville de Lyon, a-t-il annoncé mardi dans un entretien au journal Le Progrès : il reproche à la municipalité d'avoir laissé la place des Terreaux, qu'il avait rénovée en 1994, se dégrader.

L'installation de Daniel Buren sur la place des Terreaux dysfonctionne depuis 1995
L'installation de Daniel Buren sur la place des Terreaux dysfonctionne depuis 1995 © MaxPPP

Il y a un peu plus de 20 ans, la place des Terreaux, devant l'hôtel de ville de Lyon, était entièrement rénovée, sous la direction de l'artiste Daniel Buren, connu pour ses célèbres colonnes au Palais Royal de Paris. Sur le sol de la place, entre un quadrillage rayé noir et blanc (sa marque de fabrique), 69 petites fontaines crééaient des miroirs d'eau.

Dysfonctionnements depuis 1995

Aujourd'hui, Daniel Buren dénonce un "désastre" : dans une interview accordée au journal local Le Progrès, il se dit "écoeuré par l'état d'abandon" de cette place , l'une de ses oeuvres d'art qu'il qualifie de in situ , c'est-à-dire conçues spécialement pour un lieu particulier. "On se fiche de ma figure depuis 15 ans, il faut arrêter", se désole-t-il.

En réalité, les fontaines ont cessé de fonctionner dès 1995 , en raison de débordements d'eau ou d'affaissements des pierres. Et la circulation de véhicules sur la place n'a pas arrangé les choses.

"De jour en jour, ce truc-là est de plus en plus en innomable. C'est désastreux pour moi". — Daniel Buren, artiste

Vers une action en justice ?

L'artiste explique que le maire de Lyon, Gérard Collomb, lui a promis une rénovation en 2008. "Rien ne se fait. Je pense qu'ils ne feront jamais rien, que c'est voulu, que c'est fini", ajoute-t-il. La mairie, de son côté, assure que la rénovation est bel et bien prévue et que son financement est assuré , mais qu'il faut en priorité rénover la fontaine Bartholdi qui trône sur la place, et qui a été déplacée en 1994 au moment de l'installation de l'oeuvre de Buren. 

"Devant ce désastre et les non-réponses, la seule solution, c'est une action en justice" , explique Daniel Buren. Car cette place n'est pas une place comme les autres : l'installation réalisée par Daniel Buren sur ce lieu est une oeuvre d'art. Or, dans le droit français, un artiste conserve un droit moral sur son oeuvre , qui ne peut jamais lui être retiré.

Le "droit moral" en jeu

Et ce droit moral est en quelque sorte un droit de regard sur ce qu'il advient de l'oeuvre : aucune modification ne peut lui être apportée sans le consentement de l'artiste , et celui-ci, s'il le souhaite, peut faire retirer son oeuvre. Mais l'oeuvre de Buren est in situ : "l'oeuvre a été faite pour cette place, c'est là qu'elle doit rester et elle doit rester propre". 

Ce qu'exige l'artiste, c'est donc bel et bien une rénovation... ou bien une destruction, mais "s'il faut que j'accepte qu'elle soit détruite, qu'on la retire du patrimoine, ce n'est pas gagné d'avance". Autrement dit, cela risque de coûter cher à la mairie de Lyon. D'autant plus que Buren n'en est pas à son coup d'essai : en 2007, il a réussi, exactement de la même façon, sous la menace d'un procès, à faire plier le ministère de la Culture pour faire rénover Les Deux Plateaux , sa célèbre installation faite de colonnes à Paris.