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Politique DOSSIER : Mai-68

Mai-68 : l'écrivain Pierre Péju "ne perçoit pas" dans le mouvement actuel "la même énergie qu'il y a 50 ans"

jeudi 10 mai 2018 à 9:09 Par Lionel Cariou et Élisa Montagnat, France Bleu Isère et France Bleu

Pierre Péju, écrivain grenoblois et professeur de philosophie, a vécu de près les événements de Mai-68 à Paris. Il était l’invité de France Bleu Isère ce jeudi matin pour raconter cet état d’esprit et son héritage.

Pierre Péju, écrivain grenoblois, a participé aux événements de mai 68 à Paris.
Pierre Péju, écrivain grenoblois, a participé aux événements de mai 68 à Paris. © Maxppp -

Isère, France

À l’époque étudiant en philosophie à la Sorbonne à Paris, Pierre Péju a participé aux événements de Mai-68 : "On dit que ça a été un coup de tonnerre dans un ciel serein mais ce n’est pas le cas parce qu’il y avait une énergie formidable de la jeunesse, celle du baby-boom. Cette génération de l’après-guerre ne pouvait plus supporter une ambiance quasiment d’avant-guerre."

Pierre Péju était l'invité de France Bleu Isère ce jeudi matin pour raconter son mai 68

Selon lui c’est le côté "insupportable" de l’autorité "des maîtres, des profs et de l’État" qui a précipité les événements : "Il y avait des profs qui répétaient le même cours depuis 25 ans et qui ne pouvaient pas supporter qu’on conteste ou qu’on ait envie de parler d’autre chose en littérature, en philo, en politique, en économie… Il fallait s’incliner devant ce cadre."

Si on nous avait dit, en 1968...

Pour Pierre Péju, les célébrations actuelles de Mai-68 sont légitimes, mais il précise tout de même : "Si on nous avait dit en 1968 qu’on célébrerait ou qu’on traiterait comme un événement solennisé et historique Mai-68 cinquante ans plus tard, ça aurait fait franchement rire car il y avait l’idée d’une sorte d’éclatement des cadres, y compris ce cadre qui consiste à célébrer."

Mai-68, quel héritage ?

Pour l’écrivain auteur de La Petite Chartreuse, "Mai-68 a débouché sur plus de permissivité, de liberté", et cela presque dans l’immédiat. "Toute sortes de choses ont été conquises mais pas seulement syndicalement, dans les mentalités également."

Il y a des conséquences de Mai-68 qui ont pris plus de temps à apparaître. Le féminisme, par exemple : "Il n’y a pas encore de féminisme en mai ou juin 1968, le féminisme fait partie de conquêtes de liberté pour les femmes : c’est dans la suite, les conséquences de Mai-68."

Mai 2018 ?

Aujourd’hui, le romancier porte un regard critique sur le mouvement de contestation de la loi ORE : "On sent une espèce de parodie un peu pathétique car c’est les mêmes slogans que 50 ans plus tôt… Alors ça peut être un clin d’œil, mais il y a quelque chose que j’ai perçu il y a 50 ans et que je ne perçois pas du tout aujourd’hui : sans préjuger de ce que peut devenir ce mouvement, il y a un certain manque d’énergie et surtout un certain manque d’idées. Et quand je vois l’image que donnent les médias à travers les blacks blocs, les gens cagoulés… En 1968 nous offrions nos visages."