Politique

Manuel Valls: "La France ne pourra pas accueillir tous ceux qui veulent fuir les zones de conflits"

Par Camille Magnard, France Bleu dimanche 20 septembre 2015 à 16:33

Manuel Valls  à Montpellier
Manuel Valls à Montpellier © Max PPP - Alexandre Minguez Martinez

Étrange déclaration que celle du Premier ministre, quand il assène que notre pays ne pourra pas accueillir "tous les réfugiés", comme si c'était vraiment une éventualité. Dans la réalité, les demandeurs d'asile choisissent l'Allemagne plutôt que la France, réputée peu accueillante peu prospère.

Manuel Valls a prononcé ces mots devant le congrès du PRG, le Parti radical de Gauche qui, à Montpellier, a réélu sans surprise à sa tête Jean-Michel Baylet.

"Disons-le clairement, nous ne pourrons pas accueillir tous ceux qui veulent fuir les zones de conflits ou qui sont actuellement dans des camps de réfugiés." Manuel Valls

Ce qui surprend d'emblée, c'est cette éventualité repoussée par le Premier ministre: la France, accueillir seule "toute la misère du monde", selon l'expression consacrée? quand en a-t'il été sérieusement question? Comme le chef du gouvernement l'a lui-même d'ailleurs rappelé, notre pays s'est engagé à donner asile à 30 000 réfugiés  sur les 5 millions qui ont déjà fuit les atrocités de Daesh et du régime El Assad en Syrie. A l'Est de l'Europe, là où convergent des milliers de demandeurs d'asile, c'est bien l'Allemagne qui fait figure de terre promise pour les migrants, plutôt que la France qui peine même à trouver des candidats pour remplir son quota. 

Pour le New-York Times, qui consacrait un long article au sujet cette semaine, les migrants qui "s'entassent dans des trains en Hongrie "crient "Allemagne, Allemagne", et pas "France, France"",  parce qu'ils ont eu vent du manque d'enthousiasme à leur égard des Français. Résultat: en quelques mois la France a été rétrogradée de la première à la 5e place des pays demandés par les réfugiés.

Dans Le Monde, récemment, le directeur général de l'Ofpra, Pascal Brice, confirmait cette tendance. On est donc bien loin de la menace de la marée humaine de réfugiés qu'évoque Manuel Valls dans ces dernières déclarations.

Le Premier ministre les a prononcées pour appuyer un autre propos: il appelle les autres Etats-membres de l'Union européenne à organiser "un système équitable de répartition des réfugiés", en fonction des capacités d'accueil de chacun. La Hongrie et la Roumanie s'y sont déjà catégoriquement opposé, et les aides proposées jeudi par le Parlement européen (6000 € pour chaque personne relocalisée, 500 € pour payer les frauis de transport des migrants transférés vers leur destination d'accueil) n'ont pas convaincu les récalcitrants.