Politique

Manuel Valls : "La maison des Français juifs, c'est la France"

Par Marina Cabiten, France Bleu lundi 16 février 2015 à 8:30

Manuel Valls en janvier 2015 lors de ses voeux
Manuel Valls en janvier 2015 lors de ses voeux © MaxPPP

Au lendemain d'un nouvel acte antisémite majeur - la profanation de plus de 200 tombes dans un cimetière du Bas-Rhin - le Premier ministre Manuel Valls appelle les Français juifs à ne pas répondre à l'appel d'Israël à émigrer. "La France ne veut pas votre départ" a-t-il déclaré ce lundi.

Manuel Valls a de nouveau déclaré lundi que la France "ne (voulait) pas" le départ des juifs de France en Israël et a critiqué, comme après les attentats de Paris en janvier, les déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu exhortant les juifs européen à émigrer en Israël.   

"La France est blessée comme vous"

Cette intervention du Premier ministre a lieu au lendemain de la découverte de 200 à 300 tombes d'un cimetière juif profanées à Sarre-Union, près de Strasbourg. 

"Mon message aux Français juifs est le suivant : la France est blessée comme vous, et la France ne veut pas votre départ. Elle vous dit une nouvelle fois son amour, son soutien et sa solidarité. Cet amour est bien plus fort que les actes de haine, fussent-ils répétés . Je regrette d'ailleurs les propos de Benjamin Netanyahu. Quand on est en campagne électorale, ça ne veut pas dire s'autoriser n'importe quelle déclaration. La place des Français juifs, c'est la France ", a déclaré le Premier ministre sur RTL.

Le plan Vigipirate prolongé "autant que nécessaire"

Concernant la profanation de tombes dans le Bas-Rhin, Manuel Valls a affirmé que la police n'avait pour le moment aucune piste . Le Premier ministre est revenu sur les récents actes antisémites, les attentats à Paris et ce week-end à Copenhague. Selon lui, la menace terroriste reste élevée en France : "Il faut dire la vérité aux Français (...) Il faut s'habituer à vivre avec cette menace terroriste qui est le fruit d'organisations internationales particulièrement barbares comme Daech (organisation de l'Etat islamique) ou al-Qaïda, mais aussi d'individus radicalisés qui sont sur notre sol, qui sont des Français et qui peuvent retourner leurs armes, leurs couteaux, leurs armes à feu, contre nous, contre des militaires, contre des citoyens" , a poursuivi Manuel Valls.   

"Cela fait plusieurs mois, sinon plusieurs années, que nous disons (...) que la menace est particulièrement élevée, en Europe et donc en France. Et elle le reste, particulièrement élevée, dans notre pays" , a encore relevé le Premier ministre. En conséquence, Manuel Valls a déclaré que le plan Vigipirate, à son niveau maximum en Ile-deFrance, serait prolongé "autant que nécessaire, tant que la menace reste élevée"