Politique

Manuel Valls remplace Jean-Marc-Ayrault à Matignon

Par Thibaut Lehut, France Bleu lundi 31 mars 2014 à 13:07 Mis à jour le lundi 31 mars 2014 à 20:38

Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault
Manuel Valls et Jean-Marc Ayrault © Maxppp

François Hollande a nommé ce lundi Manuel Valls comme nouveau Premier ministre, et lui a confié la mise en œuvre d'un "pacte de solidarité". Peu avant, Jean-Marc Ayrault avait présenté sa démission, ainsi que celle de son gouvernement.

François Hollande a décidé de remercier Jean-Marc Ayrault. Ce lundi, Matignon a annoncé la démission du Premier ministre et celle de son gouvernement. Une décision qui fait suite au revers subi par la gauche lors des élections municipales.

Valls pour un "gouvernement de combat"

Le président de la République, "personnellement" concerné par cette défaite, a annoncé dans la foulée la nomination de Manuel Valls au poste de Premier ministre, pour un "gouvernement de combat" et avec "une équipe resserrée". L'objectif : "ouvrir une nouvelle étape". Toute la journée, l'Elysée avait mené de discrètes consultations marquées par un entretien de près de deux heures avec Jean-Marc Ayrault. Après la lourde défaite enregistrée par le Parti socialiste lors des municipales, il était difficile pour l'Elysée de conserver Jean-Marc Ayrault. Selon un sondage BVA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France publié ce lundi, 74% des Français ne souhaitaient pas que l'ancien maire de Nantes conserve son poste. Et Manuel Valls est bel et bien le favori pour lui succéder (31%), devant Martine Aubry (17%) et Laurent Fabius (16%).

Valls à Matignon - Aucun(e)
Valls à Matignon
 

Baisse d'impôts d'ici 2017 dans le cadre d'un "pacte de solidarité"

Au-delà de ce changement d'homme, François Hollande est également pressé de changer de politique, notamment par l'opposition, sortie largement victorieuse du scrutin. Mais aussi par une partie de sa majorité : quatre courants du PS avaient donné rendez-vous aux députés ce lundi pour demander une "réorientation" de la ligne politique. François Hollande leur a répondu, en annonçant "un pacte de solidarité" parallèle au "pacte de responsabilité". Ce "pacte de solidarité" tournera autour de trois "piliers", a expliqué le président de la République."Le premier pilier est l'éducation et la formation de la jeunesse", a-t-il ensuite précisé. "Le second, c'est la sécurité sociale avec la priorité donnée à la santé, et le troisième, c'est le pouvoir d'achat avec une diminution des impôts des Français d'ici 2017 et une baisse rapide des cotisations payées par les salariés". Ces explications suffiront-elles à rassurer l'aile gauche de la majorité, qui déjà s'étonne du choix effectué par l'Elysée ? Pas si sûr.

L'aile gauche de la majorité désapprouve

"C'est plus que surprenant de prendre celui qui est le plus à droite au Parti socialiste, qui n'a fait que 5% dans le débat interne (NDLR : de la primaire de 2011), qui était contre les 35 heures, qui était pour la TVA sociale, comme réponse au fait que le peuple de gauche ait contesté la politique libérale de François Hollande", a déploré la sénatrice socialiste  Marie-Noëlle Lienemann, ténor de l'aile gauche du PS.Nouveau Premier ministre, nouveau gouvernement : l'annonce d'une nouvelle équipe devrait en tout cas être faite dans les heures ou jours qui viennent. Avec déjà une certitude, les départs des ministres écologistes Cécile Duflot, en charge du Logement, qui avait déjà expliqué qu'elle ne souhaitait pas participer à un gouvernement s'il était dirigé par Manuel Valls, et de Pascal Canfin, chargée du Développement.