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Politique

Marc Fesneau : "Oui, on peut et on doit réformer la France"

lundi 7 janvier 2019 à 20:06 Par François Guéroult et Christophe Dupuy, France Bleu Orléans

Invité de "Controverse" ce lundi sur France Bleu Orléans, Marc Fesneau, ministre chargé des Relations avec le Parlement, a défendu la nécessité de continuer les réformes, mais en changeant la méthode. Il attend du Grand débat national "un dialogue renoué avec et entre les Français".

Marc Fesneau aux Gilets Jaunes : "Je dis à ceux qui portent des revendications qu'il n'y a rien de mieux dans la démocratie que le débat"
Marc Fesneau aux Gilets Jaunes : "Je dis à ceux qui portent des revendications qu'il n'y a rien de mieux dans la démocratie que le débat" © Radio France - François Guéroult

Orléans, France

Ancien député et maire Modem de Marchenoir dans le Loir-et-Cher, Marc Fesneau a fait son entrée au gouvernement le 16 octobre dernier. Lui qui disait en juin 2017 : "Ministre ? Je ne sens pas le truc !" assume désormais pleinement sa fonction de ministre chargé des Relations avec le Parlement. Et le centriste compte bien monter au créneau cette année "parce qu'il y a une exigence de réformer le pays". Mais il concède qu'il faut "changer la méthode" pour "créer les conditions de la confiance".

Violences des Gilets Jaunes : il faut condamner, sans finasser"

C'est selon lui l'une des leçons du mouvement des Gilets Jaunes, dont il déplore la radicalisation après les nouvelles violences qui ont émaillé les manifestations de samedi - avec entre autres l'intrusion dans le bâtiment ministériel que Marc Fesneau partage avec Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement : "Il y a des gens qui, manifestement, ont décidé d'être non pas dans le champ démocratique naturel mais dans le champ de la confrontation physique. On est face à une dérive inacceptable, qu'il faut condamner sans finasser, rien ne justifie jamais la violence." Considère-t-il malgré tout que les 50 000 personnes qui se sont encore mobilisées samedi dernier sont "des agitateurs insurrectionnels" ? "Non, je ne généralise jamais mais je constate que la plupart des manifestations sont émaillées, dès le début, de faits violents qui sont soit le fait de "professionnels" venus d'extrême droite ou d'extrême gauche, soit le fait d'un certain nombre de gens qui se sont radicalisés au cours du mouvement. Les 50 000 ne sont pas à mettre dans cette catégorie, mais je dis à ceux qui portent des revendications que les portes et les tables sont ouvertes pour faire en sorte que nous discutions, car il n'y a rien de mieux dans la démocratie que le débat pour confronter les idées et essayer de trouver des solutions."

Marc Fesneau veut donc être optimiste sur une sortie de crise. "Le point positif de l'élection d'Emmanuel Macron, c'est que contrairement à ce qu'il s'est passé au Royaume-Uni avec le Brexit ou dans d'autres pays européens comme l'Italie, les Français ont fait le choix d'une alternance en rupture, mais en rupture positive, pas une alternance de repli sur soi-même. C'est en cela qu'il y a une espérance sur ce quinquennat : c'est une occasion qu'il ne faut pas manquer de réformer le pays." Mais dans l'immédiat, et face à ces violences inédites, "la démocratie doit se protéger contre les ennemis de la démocratie", ce qui passe éventuellement par "une adaptation de nos outils législatifs et de nos outils de maintien de l'ordre." Une première partie à écouter ici :

1ère partie : la crise des Gilets Jaunes

Au passage, le ministre épingle "_Jean-Luc Mélenchon et d'autres qui se taisent ou attisent_. Ils pensent que la voie, pour résoudre les problèmes en France, c'est l'insurrection. Et le modèle que prône M. Mélenchon, c'est un modèle vénézuélien : eh bien ! j'invite à regarder ce qu'il se passe au Venezuela, avec un taux d'inflation et une misère qui poussent les gens à émigrer. Voilà ce que cela donne, et ce n'est pas les gens les plus riches qui sont les plus pénalisés..."

Je fais partie de ceux qui ont poussé pour qu'il y ait un Grand Débat national"

Marc Fesneau place donc ses espoirs dans le Grand Débat national :

  • Où ? "Partout en France, l'idée étant de s'appuyer sur le réseau communal."
  • Quand ? "Entre le 15 janvier et le 15 mars, l'idée est d'avoir un débat suffisamment long mais suffisamment court aussi car sinon on pourrait nous faire le grief de vouloir gagner du temps."
  • Comment ? "Sous des formes différentes, pour que puissent s'exprimer non seulement ceux qui étaient sur les ronds-points, mais au-delà, ce qui serait formidable, le plus grand nombre de Français, aussi pour éviter qu'une minorité ne phagocyte le débat. Il faut écouter et respecter les minorités, mais il faut aussi que la majorité puisse exprimer sa volonté commune."

Mais à quoi cela va-t-il servir ? "Je fais partie de ceux qui ont beaucoup poussé cette idée de débat, si on fait un débat c'est bien parce que nous en attendons quelque chose. D'abord de l'ordre d'un dialogue qui soit renoué - pas qu'avec le gouvernement, mais aussi dans la société. Deuxième chose, il faudra qu'il y en ait une traduction, législative ou d'une autre nature, car certaines questions ne relèvent pas que du court terme." Quid du rétablissement de l'ISF ou du référendum d'initiative citoyenne (RIC) ? "La justice fiscale, ce n'est pas que l'ISF, répond Marc Fesneau qui rappelle que Mme Bettencourt, l'une des plus grosses fortunes du monde, ne payait pas l'ISF, ce qui montre bien que cet impôt n'était pas efficace. Quant au RIC, le sujet qu'il faut ouvrir c'est comment faire en sorte que l'interaction entre les citoyens et leurs représentants soit plus forte, mais en même temps, on ne peut pas faire tous les 3 mois une consultation des Français." Une deuxième partie à écouter ici : 

2ème partie : le Grand Débat national

Marc Fesneau l'affirme : "Je n'imagine pas que pendant 3 ans et demi cette majorité se contente de regarder les choses se passer" - Radio France
Marc Fesneau l'affirme : "Je n'imagine pas que pendant 3 ans et demi cette majorité se contente de regarder les choses se passer" © Radio France - François Guéroult

Comme le veut la tradition dans "Controverse", Marc Fesneau a ensuite été confronté aux voix-mystères à identifier. Nous avions choisi de le faire réagir à trois personnalités : Richard Ramos, député Modem du Loiret ; Philippe Vigier, député UDI d'Eure-et-Loir ; Patrick Pelloux, médecin urgentiste et ancien chroniqueur à Charlie Hebdo.

  • A propos de Richard Ramos qui déclarait sur France Bleu Orléans le 11 décembre dernier : "Je dis à tous les parlementaires de France : "Ne laissons plus les ministres venir dans l'hémicycle nous dicter leur loi" - "C'est un point de désaccord avec lui, la question n'est pas d'aller contre les ministres, mais il y a besoin de mieux faire travailler l'Assemblée avec l'exécutif, cela nécessite d'abord qu'on ait un système de régulation qui fasse qu'on ne se retrouve pas sur certains textes avec 4 000 amendements, et aussi - et là je rejoins Richard Ramos - qu'on ait un travail de coproduction plus aboutie. Reconnaissons que la France n'est pas une démocratie parlementaire aboutie. C'est sain que dans une majorité on puisse se débattre, sans qu'on parle de frondeurs ou de godillots."
  • A propos de Philippe Vigier, avec qui Marc Fesneau avait fait campagne lors des régionales de 2015 : "Ce n'est pas un souvenir heureux, mais les défaites sont utiles." A peine élu conseiller régional d'opposition, Philippe Vigier avait démissionné : "Il faut veiller à éviter ce genre d'épisode-là, mais j'ai tout de même une interrogation sur la fin du cumul des mandats car, au fond, ce sont les territoires ruraux les plus fragiles qui ont perdu des députés-maires. On veut des élus plus ancrés dans les territoires, mais sans mandat exécutif, c'est compliqué.
  • A propos de Patrick Pelloux et des 4 ans de l'attentat de Charlie Hebdo : "L'unité montrée à ce moment-là a été la grandeur de la France. Aujourd'hui, on en est loin, on a besoin d'une société apaisée, avec le respect mutuel, le refus de la violence, et l'élan collectif, c'est-à-dire qu'il faut qu'on porte quelque chose de l'ordre d'une envie collective. J'étais à Paris le 11 janvier 2015 et je me souviens de cette foule qui était ensemble simplement pour être ensemble, pour dire "On fait peuple". Et il serait bon qu'on puisse le faire autrement que dans des épisodes aussi affreux."

Cette troisième partie est à écouter ici :

Les voix de "Controverse"

Maintenir la taxe d'habitation pour les 20% les plus riches, ce n'est pas un recul"

Au final, Marc Fesneau estime que "Oui, on peut et on doit réformer la France", mais qu'il faut sans doute revoir la méthode car "la forme, c'est le fond dans cette affaire-là : la démocratie, c'est la capacité pour les gouvernants à écouter les citoyens et pour les citoyens à respecter les gouvernants, donc c'est bien une question de fond. Aujourd'hui, ce n'est pas : "on ne change rien !" Les conditions de réussite sont assez simples : mieux écouter le Parlement, donner du sens à ce que l'on fait, et donner des étapes, donc évaluer - et quand on évalue, il faut accepter aussi de reconnaître qu'on s'est trompé." Est-ce le cas avec la réforme de la taxe d'habitation ? Sa suppression, confirmée d'ici 2020 pour 80% des ménages, pourrait finalement ne pas concerner en 2021 les 20% restants, donc les plus aisés qui continueraient de s'acquitter de cette taxe, comme l'a laissé entendre ce week-end le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. "Ce n'est pas un recul, on n'avait pas prévu de le faire, c'est le Conseil constitutionnel qui nous a dit "vous allez être obligé de supprimer la taxe d'habitation aussi pour les 20% les plus aisés" : nous, nous disons qu'il y a peut-être un sujet de justice fiscale, est-ce qu'on ne peut pas trouver un autre système pour à la fois répondre aux exigences du Conseil constitutionnel et faire en sorte que ces 20% les plus fortunés contribuent tout de même à l'impôt, c'est 9 milliards d'euros, ce n'est pas illégitime de se poser la question..." Cette quatrième partie est à écouter ici :

4ème partie : la réforme, la taxe d'habitation, le ministre