Politique

Mariage forcé de Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées

Par Mathieu Ferri, France Bleu Gard Lozère, France Bleu Hérault, France Bleu Roussillon et France Bleu Toulouse mardi 3 juin 2014 à 9:14

Carte des régions
Carte des régions © IDÉ

Dans une tribune dans la presse quotidienne régionale, François Hollande expose sa réforme territoriale et confirme la fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées. Toulouse y est favorable, Montpellier beaucoup moins.

François Hollande a pris sa plume et ses ciseaux pour redessiner la carte de France des régions. Dans une tribune publiée ce matin par la Presse Quotdienne Régionale, dont l'Indépendant et Midi-Libre, le Président de la République dévoile sa réforme territoriale. Le nombre de régions passera de 22 à 14, avec une confirmation : Languedoc-Roussillon fusionnera avec Midi-Pyrénées. Un grand ensemble de 13 départements, de Tarbes à Nîmes et de Cahors à Perpignan, avec très certainement Toulouse comme capitale. 5,7 millions d'habitants sur 52.700 km².

"C'est une humiliation" (Christian Bourquin, président PS du Languedoc-Roussillon)

Le projet ne manque pas de faire réagir les élus des deux régions. Le président socialiste du Languedoc-Roussillon Christian Bourquin indique qu'il se battra "jusqu'au bout " contre ce mariage forcé. Pour lui, cette fusion est une "humiliation " pour les habitants de la région. Son homologue de Midi-Pyrénées Martin Malvy est beaucoup plus convaincu : "c'est une logique parfaite ", avec une entité plus grande et plus puissante. Il estime qu'il y a déjà des liaisons multiples entre les deux régions actuelles.

Christian Bourquin : "c'est une humiliation" pour les habitants du Languedoc-Roussillon

"Une logique parfaite" (Martin Malvy, président PS de Midi-Pyrénées)

Malvy 8h

Jean-Marc Pujol, le maire UMP de Perpignan est favorable à la fusion. C'est une chance selon lui, avec une grande région qui aurait deux secteurs forts : le tourisme en Languedoc-Roussillon (et particulièrement en Roussillon), et l'industrie en Midi-Pyrénées. Et puis pour Jean-Marc Pujol, que la région soit plus grande et qu'elle soit dirigée par Toulouse plutôt que Montpellier, ça na changerait pas grand chose.

Le maire de Perpignan veut croire qu'il restera des élus dans les départements pour faire remonter les projets. Et il pense même que les décisions seront beaucoup plus rapides et efficaces, car il n'y aura pas plusieurs échelons administratifs à remonter. C'est d'ailleurs ce que met en avant le chef de l'Etat : fusionner, c'est faire des économies.

"La vraie raison pour qu'un territoire décolle c'est la fiscalité, c'est la législation, [il faut] plus de décentralisation " (Laurent Dubois, politologue)

Pour le politologue Laurent Dubois, invité de France Bleu Roussillon ce mardi matin, "les mariages forcés peuvent être des mariages de raison ", mais ce qui doit primer, c'est l'étendue des compétences de la région : "ce n'est pas qu'une question d'organigrammes, de ratios économiques et de comptabilité ".

invité 7h50 / Laurent Dubois

"La vraie raison pour qu'un territoire décolle c'est la fiscalité, c'est la législation [il faut] plus de décentralisation ". Bref, plus de pouvoirs, pour peser plus : "ce n'est pas le nombre de kilomètres carrés qui fait la croissance " analyse Laurent Dubois.

Il reste aussi une question "d'identification du territoire " estime le politologue, "il ne faut pas que les habitants aient le sentiment qu'on leur vole leur région ".

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