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Politique

Maternité de Saint-Chamond : pourquoi aucune décision n’est encore prise

lundi 5 mars 2018 à 3:58 Par Émeline Rochedy, France Bleu Saint-Étienne Loire

Trois mois après le lancement du clip de la maternité de Saint-Chamond, pourquoi aucune décision n'est encore prise sur l'avenir du service ? Où en est le recrutement des gynécologues-obstétriciens ?

La dernière manifestation pour la maternité de Saint Chamond date du 27 janvier dernier
La dernière manifestation pour la maternité de Saint Chamond date du 27 janvier dernier © Radio France - Jeanne Marie Marco

Saint-Chamond, France

Début décembre, le personnel de la maternité de Saint-Chamond donnait l'alerte, avec un clip posté sur les réseaux sociaux pour encourager des gynécos à postuler afin d'éviter la fermeture du service. Trois mois plus tard, les femmes enceintes de la vallée du Gier ne savent toujours pas avec certitude si elles pourront y accoucher après le 30 avril.

Une double candidature "expertisée"

La direction de l’hôpital du Gier a reçu plus d’une vingtaine de candidatures, dont celle d’un praticien de Bourgogne qui avait déjà postulé auparavant. Il est même venu faire une garde mais ce médecin aurait finalement décliné, estimant qu'il n'y avait pas assez de chirurgie gynécologique, par exemple des cancers du sein. 

En revanche, un obstétricien du sud-ouest a lui confirmé son intérêt pour le poste. Il fait "l'unanimité au niveau professionnel comme au niveau relationnel",  soulignent plusieurs sources. Il propose même de venir accompagné d’un confrère, avec lequel le contact est pris depuis moins d’une semaine. La direction est donc en train d'étudier cette double candidature. Il est même question d’expertise puisqu’il s’agit notamment de voir si elle est viable : concilier les disponibilités avec la permanence des soins, l’organisation des gardes, des week-ends, et le recours aux CDD, des remplaçants déjà bien connus de la maternité saint-chamonaise et au bout du compte le montant de la facture.   

La sécurité plutôt que le maintien à tout prix

La difficulté de l’équation, c'est qu'il faut monter une toute nouvelle équipe qui puisse tenir et faire tourner la maternité en toute sécurité. Ainsi, sur la grosse vingtaine de candidatures reçues, une douzaine de praticiens n’étaient pas inscrits à l'ordre, faute de diplôme reconnu. Ils pourraient travailler mais en présence d'un médecin. Or, dans une petite maternité, il faut pouvoir assurer seul. 

L’autre élément, c'est l'aspiration à un meilleur équilibre entre le travail et la vie privée et des disponibilités différentes des générations précédentes. D’où l‘éventuelle piste de recruter plus mais à temps partiel. Il faudra aussi designer un chef de service. Il peut ne pas être  gynécologue, assure une source qui dit en avoir parlé en présence de l’ARS. Un médecin d'une spécialité proche accepterait ainsi d'assurer cette mission administrative, en plus de son travail au sein de l’Hôpital du Gier.

Peu d’espoir aux yeux d’un syndicat 

Le Syngof, le syndicat des gynécologues obstétriciens français, s'est penché sur la situation de la maternité de Saint-Chamond, alerté par la vidéo postée en décembre.  "Il faut minimum six obstétriciens pour qu’une maternité de proximité comme celle-ci puisse tourner correctement", explique le président Bertrand de Rochambeau, en s’appuyant notamment sur les repos réglementaires après les gardes et les astreintes. Il estime qu’il y a "peu d’espoir" pour que la maternité couramiaude soit sauvée. "Politiquement, c’est difficile à dire, c’est pour ça qu’ils vont au bout du processus (...) mais la maintenir, ce serait maintenir un îlot d’insécurité", assure le président du Syngof.

Quoi qu’il en soit, la direction de l’hôpital se doit de plancher en parallèle sur le plan B. À partir de mai, un centre de périnatalité  prendrait le relais pour suivre les grossesses. Peut-être avec hébergement : les femmes seraient ramenées à Saint-Chamond, quelques heures après avoir accouché. De fait, sur le site de l’hôpital Nord, le chantier du nouveau pôle mère-enfant ne doit pas commencer avant l’année prochaine.