Politique

Maurice Leroy: "Si j'ai choisi Sarkozy, ce n’est pas une question de programme, c'est une question d'homme"

Par Eric Normand, France Bleu Orléans lundi 3 octobre 2016 à 20:00

Maurice Leroy, le président du conseil départemental du Loir-et-Cher est l'invité de "Controverse"
Maurice Leroy, le président du conseil départemental du Loir-et-Cher est l'invité de "Controverse" - Apostrophe45

Maurice Leroy était l'invité de "Controverse", l'émission politique mensuelle de France Bleu Orléans, en partenariat avec Apostrophe45.fr. Le député UDI, président du conseil départemental du Loir-et-Cher est la seule figure centriste à soutenir Nicolas Sarkozy pour la primaire présidentielle.

Dans 1 mois et demi, la droite et le centre vont choisir leur candidat pour l’élection présidentielle. Il s’agit bien sûr de la primaire dont le premier tour se tiendra le 20 novembre. Maurice Leroy a choisi de soutenir Nicolas Sarkozy. Le député UDI est le porte-parole des centristes au sein de l’équipe de campagne du candidat à la primaire.

J’ai hésité entre Nicolas Sarkozy et François Fillon. Ce n’est pas une question de programme – les deux programmes sont très proches – mais c’est une affaire d’homme. Ça va demander une telle énergie ! ça ne va pas être de la tarte de gouverner la France avec le bilan que va nous laisser François Hollande et je reconnais cette énergie à Nicolas Sarkozy.

Je pense qu’on a besoin de renouer avec l’autorité dans la famille, dans l’éducation nationale, dans l’Etat.

Maurice Leroy soutient Nicolas Sarkozy car il pense qu'il est le seul capable de faire barrage au front national, "ce qui se passe sur le terrain, c’est l’exaspération du peuple de France. Si on ne mesure pas ça, si on s’enferme dans un bocal médiatique sans comprendre cette exaspération, y compris dans notre région Centre Val de Loire qui est une région modérée, vous allez voir le score du Front National au 1er tour. Si je choisis Nicolas Sarkozy, c’est parce qu’effectivement je pense qu’il est le seul à faire la rupture que le peuple de France attend." Mais si Alain Juppé est désigné le 27 novembre, Maurice Leroy soutiendrait sa candidature, "tout le monde devra alors se rassembler."

"Controverse" 1ère partie

Nicolas Sarkozy serait l'homme de la situation pour maintenir la sécurité de la France et Maurice Leroy de faire référence à "l’agression de Kim Kardashian" qui montre que "le gouvernement ne prend pas suffisamment les mesures qui s’imposent en matière de sécurité. Si c’était un terroriste qui rentrait dans l’hôtel, cela aurait été pareil ! Vous voyez l’image de la France à l’étranger, en Chine, au Japon, etc… Il est temps de sortir de la compassion et des rassemblements."

Le placement de tous les fichés S dans un centre de rétention : "On peut changer la Constitution pour la sécurité des Français " et donc remettre en cause l’article 66 qui affirme que "Nul ne peut être détenu arbitrairement".

Maurice Leroy est favorable à l’information des maires sur les personnes fichées S dans leur commune: "si on dit qu’on est en guerre, on met les moyens appropriés, et on met les maires dans la boucle, on les informe."

Sur la laïcité: "A l’école de la République, il n’y a pas besoin d’avoir des menus de substitution à la cantine. La laïcité, c’est le modèle d’intégration républicaine à la française, je ne veux pas de ce qui se fait aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, je ne veux pas du communautarisme."

Ecoutez la 2ème partie de l'émission "Controverse"

A 57 ans, Maurice Leroy est un habitué du zigzag politique

Sa carrière politique, Maurice Leroy l'a commencée avec le parti communiste : adhérent dès l'âge de 17 ans, directeur de cabinet des maires communistes d'Orly puis de Nanterre, et surtout secrétaire du groupe PC au Sénat pendant 6 ans. C'est là qu'il rencontre Charles Pasqua, qui l'embauche en 1993 comme chargé de mission dans le département des Hauts-de-Seine.

Je n’ai jamais renié mon passé communiste : je ne déchire pas les pages, je les tourne. Moi, je ne me réjouis pas de la chute du parti communiste parce que cet élément populaire de l’électorat est parti au Front National, même chez moi à Vendôme, dans le quartier populaire des Rottes.

Après ce virage à droite, Maurice Leroy se découvre une vocation centriste et même fédéraliste sur le plan européen. Pendant la présidentielle de 2007, il est donc porte-parole de François Bayrou, avec qui il se brouille entre les 2 tours.

Nous avons le devoir de reconstruire l’Europe, de la rebâtir, et le Brexit est le moyen qui va nous permettre de le faire.

Son ralliement à Nicolas Sarkozy est récompensé en 2010, il devient ministre de la Ville. Aujourd'hui, il est le seul soutien UDI à Nicolas Sarkozy parmi les 103 parlementaires qui ont parrainé la candidature de l'ancien président pour la primaire. Ce qui ne bouge pas, en revanche, chez lui, c'est la fidélité à ses mandats d'élu : conseiller départemental du Loir-et-Cher depuis 22 ans, député depuis 19 ans.

Controverse, la 3ème partie

Sa fierté d'être du Loir-et-Cher

Maurice Leroy a connu Michel Delpech qui a mis à l'honneur son département: "Avec Didier Barbelivien, en novembre, nous allons inaugurer un espace Michel Delpech dans l’Hôtel du Département du Loir-et-Cher, dans la cour du Cloître que nous avons rénovée. Cet espace sera ouvert aux jeunes créateurs."

Je regrette que Tours ne bénéficie pas aussi du statut de Métropole que va obtenir Orléans, on a intérêt à faire gaffe pour l’équilibre de notre territoire. C’est le rôle de la Région d’assurer la péréquation. Je n'ai pas peur pour Blois qui saura trouver sa place.

Maurice Leroy lance également une alerte sur la situation financière des départements qui est catastrophique: "Devant le Congrès des maires, François Hollande a lâché qu’il allait moins baisser les dotations globales de fonctionnement pour les communes, les maires sont ravis. Devant le Congrès des régions la semaine dernière, Manuel Valls a annoncé qu’une partie de la TVA irait aux régions, je m’en réjouis pour les régions. Nous, jeudi, au Congrès des départements à Poitiers, on va nous envoyer Jean-Michel Baylet : formidable ! Bien évidemment, il ne va rien nous apporter. Le département est le parent pauvre de la lasagne administrative."

La 4ème partie de "Controverse avec Maurice Leroy

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