Politique

Mélenchon quitte la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie et attaque Valls

Par Anne Jocteur Monrozier, France Bleu samedi 7 octobre 2017 à 12:27

Jean-Luc Mélenchon ne mâche pas ses mots envers l'ancien Premier ministre
Jean-Luc Mélenchon ne mâche pas ses mots envers l'ancien Premier ministre © Maxppp -

Le leader des députés de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a démissionné vendredi de la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie, présidée par Manuel Valls, en dénonçant "un personnage extrêmement clivant" qui aurait une "proximité avec les thèses ethnicistes de l'extrême droite".

"Un accord d'origine inconnue a décidé de confier la présidence de cette mission à monsieur Manuel Valls, écrit Jean-Luc Mélenchon dans une lettre au président de l'Assemblée, François de Rugy, expliquant les raisons de sa démission. On ne saurait faire choix plus inapproprié."

"Monsieur Valls est un personnage extrêmement clivant, qui suscite de forts rejets du fait de sa proximité avec les thèses ethnicistes de l'extrême droite".

Le chef de file des Insoumis rappelle notamment les propos l'ex-Premier ministre, désormais député apparenté En Marche, sur les "white" et "blancos", saisis par une caméra en 2009, et pointe une "proximité" de Manuel Valls "avec les dirigeants de l'extrême droite israélienne".

"M. Valls ne saurait être le personnage unifiant et tolérant qu'une telle mission impose (...). Nous en voyons un signe supplémentaire quand nous l'entendons accuser notre groupe de complaisance pour les assassins islamistes", ajoute-t-il dans son courrier. L'ancien Premier ministre a récemment accusé les députés insoumis d'"un discours islamo-gauchiste". Aux yeux de Jean-Luc Mélenchon, l'accusation est "formulée dans les termes de l'extrême droite" et "confirme l'inaptitude du personnage à mesurer ses propos".

"Ce choix sonne comme un signe de manque d'intérêt qui relègue le sujet à une opération de repêchage d'un ancien Premier ministre", alors même que "celui-ci a déjà été désavoué de toutes les façons possibles dans un passé trop récent", insiste l'ancien candidat à la présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon souligne qu'il regrette de devoir démissionner après avoir "suivi personnellement chaque étape de la vie politique du territoire depuis avant même les accords entre ses protagonistes".

Mardi déjà, le leader de la gauche radicale avait fait part de son agacement à voir Manuel Valls diriger cette mission parlementaire.

François de Rugy a répondu à Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué que "la création et la constitution de la mission" s'étaient déroulées "dans des conditions parfaitement conformes au règlement" de l'Assemblée, n'excluant "aucune force politique".

De son côté, Manuel Valls a dénoncé le ton "ignoble et outrancier" employé à son égard. "Que vient faire Israël dans ce débat ? Quel lien avec l'islamisme radical ? Là encore, des raccourcis et allusions évidentes et délétères", a-t-il déclaré sur Twitter.