Politique

"Jupiter doit atterrir", Michel Destot, ancien maire et ancien député PS de Grenoble sort de son silence

Par Simon De Faucompret et Nicolas Crozel, France Bleu Isère vendredi 13 octobre 2017 à 8:43

Maire de Grenoble entre 1995 et 2014, Michel Destot revenait pour France Bleu Isère sur la déroute du PS aux législatives.
Maire de Grenoble entre 1995 et 2014, Michel Destot revenait pour France Bleu Isère sur la déroute du PS aux législatives. © Radio France - Simon de Faucompret

Quatre mois après sa défaite aux élections législatives, l'ancien député socialiste et ancien maire de Grenoble Michel Destot revient sur son parcours politique et livre son analyse sur les premiers mois du quinquennat d'Emmanuel Macron.

Depuis juin dernier, Michel Destot s'est fait discret. Sa candidature aux élections législatives pour le Parti socialiste s'est soldée en cuisante défaite, au profit de l'élection d'Émilie Chalas pour la République en Marche. Ce vendredi 13 octobre, il revient pour France Bleu Isère sur ces résultats décevants :

"À titre personnel, je n'étais pas candidat moi-même aux élections législatives, on m"'a poussé à y aller." Michel Destot, ancien député PS en Isère.

Candidat socialiste malheureux aux législatives, Michel Destot témoignait ce vendredi 13 octobre sur France Bleu Isère.

L'ancien maire socialiste s'explique : "Ce sont les élus, mes amis, les militants qui m'ont poussé à candidater." Il prend sa décision à l'époque, avec à l'esprit la perspective d'un affrontement "classique" entre droite et gauche à la présidentielle. Comprenez : sa notoriété aurait peut etre permis de sauver un siège à gauche en cas de ras de marée de la droite. Mais la donne a changé, Fillon out, Macron est élu. "Dès le soir du premier tour de la présidentielle, on a vu que c'était quasiment impossible pour les socialistes d'exister." Le raz-de-marée En Marche et la déroute du PS ne l'arrêtent pas pour autant pour les législatives : "Je ne voulais pas me retirer, lâcher mon parti, lâcher mes amis et les militants." Le combat de trop pour le socialiste ?

"Quand on a des convictions, le combat de trop n'existe pas."

Convictions ou non, Michel Destot ne peut nier que le bilan du quinquennat Hollande, malgré "de bonnes choses", est difficile à défendre : "Il y a une vraie illisibilité dans ces cinq ans, une difficulté à comprendre son déroulement. Les frondeurs aussi n'ont pas aidé" La primaire a également mis du plomb dans l'aile du PS : "Les candidats qui se sont électoralement le mieux comportés ne sont pas sortis des primaires", note-t-il en mentionnant Emmanuel Macron, Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

"Emmanuel Macron vire à droite"

Sur les premiers mois de la présidence Macron, l'ex-maire grenoblois se dit légèrement désabusé : "Jupiter doit atterrir. Il voulait le ni-gauche ni-droite. On s'aperçoit, et c'est une bonne chose, que la République c'est à la fois la gauche, la droite, et le débat." Un débat que doivent trancher les électeurs, assène-t-il.

Ses idées européennes lui semblent bonnes, mais pour Michel Destot, il n'y a pas de doute : "Macron vire à droite." En cause, ses mesures sociales touchant les APL, les emplois aidés ou la fiscalité. "Ce déport sur la droite prouve que quand on n'a pas une structure idéologique forte, on est ballotté."

Une "droitisation" de l'exécutif à laquelle s'ajoute un élan de "populisme" de la part de Mélenchon : entre les deux, Michel Destot juge qu'il y a de la place pour un nouveau Parti socialiste. "Je me bats pour que le PS retrouve une ligne socio-démocrate et européenne." Ainsi que le choix d'un leader, l'un des points qui seront abordés dans le congrès de mars 2018 annoncé par le parti en vue d'une refondation.

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