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Politique

Michel Sapin : "La gauche n'est pas soluble dans le macronisme"

lundi 9 octobre 2017 à 8:00 Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry et France Bleu

L'ancien ministre et ancien maire d'Argenton-sur-Creuse Michel Sapin était l'invité exceptionnel de France Bleu Berry ce lundi.

L'ancien ministre des Finances, Michel Sapin, est de retour à Argenton-sur-Creuse
L'ancien ministre des Finances, Michel Sapin, est de retour à Argenton-sur-Creuse © Radio France - Gaëlle Fontenit

Indre, France

Tout sourire, l'ancien ministre s'installe dans les studios de France Bleu Berry : "Bon, vous voulez parler de quoi ? ". Détendu, Michel Sapin reconnait que cet été sans mandat ou presque - il reste conseiller municipal d'Argenton-sur-Creuse - lui a permis de prendre un peu de repos... De quoi être d'attaque pour une rentrée politique chargée, avec, au programme, une gauche à reconstruire...

De son retour, il y a quelques semaines, dans la maison familiale berrichonne, Michel Sapin confie : "C'est presque un retour à la vie... C'est vrai que je viens de 5 ans d'affilée dans des ministères passionnants mais difficiles, celui du Travail et celui de l'Economie et des Finances. Ce sont des moments qui pèsent beaucoup sur les épaules. Il faut aussi se souvenir du contexte : la violence des attentats, des agressions...Je ne m'en plains pas, j'ai choisi et j'assume. Mais j'ai vécu la fin de ces responsabilités comme une forme de liberté. Je savoure. "

"Je ne suis pas à la retraite" - Michel Sapin

Une mise en retrait... mais pas de retraite pour Michel Sapin. "A 65 ans et 9 mois ! " annonce t-il... soit dans 3 mois et demi. En attendant, il exerce son métier de magistrat au Conseil d'Etat dont il est en réserve.

Toujours aussi proche de François Hollande, Michel Sapin intègre un cercle de collaborateurs chargés de conseiller l'ancien président. " Je serai à ses côtés tout en conservant ma liberté de parole et ma personnalité. Je veux faire en sorte que cette gauche que j'aime, celle de la solidarité, celle de la responsabilité -très mal en point en France-puisse ressortir. La gauche française n'est pas soluble dans le macronisme ! Il y a des électeurs socialistes dans ce département, dans le Berry et en France qui se sentent un peu orphelins. Donc si je peux contribuer - sans être jamais dans la course au poste - à faire en sorte que la jeune génération du département prenne des responsabilités, alors je le ferai".

Les contrats aidés supprimés : "pourquoi être aussi dur ?"

En tant qu'élu local - il a été maire d'Argenton pendant 20 ans - Michel Sapin est particulièrement attentif aux inquiétudes des élus ruraux. " Bien sûr il faut accepter les évolutions, mais aujourd'hui, je vois une politique vraiment dure vis-à-vis des plus petites collectivités locales. J'entends dire beaucoup de mal des contrats aidés, par des gens qui les ont soit votés soit soutenus, je n'accepte pas cela ! Ces contrats sont indispensables, tant pour ceux qui en bénéficient que pour le tissu rural, les collectivités et les associations par exemple. Pourquoi être aussi dur alors que ce n'est pas nécessaire ? "

Un département Berry : "C'est vrai qu'il faut pouvoir peser"

Interrogé sur la polémique de la semaine passée en Berry, la fusion du département de l'Indre et du Cher en un Berry unifié, Michel Sapin est assez ouvert à la question : "Il n'y a pas de limites administratives éternelles sous prétexte qu'elles auraient été fixées pendant la Révolution Française. Je ne parle pas d'un Berry nostalgique. C'est vrai qu'il faut pouvoir peser. Notre Berry a beaucoup de qualités et de talents, mais rencontre beaucoup de difficultés. Nous pouvons avoir besoin de réunir nos forces. Je n'ai pas d'avis tranché sur le sujet, mais acceptons d'avoir l'esprit ouvert. Le meilleur moyen pour maintenir nos spécificités, c'est d'être dans ce mouvement. "

"Les premiers pas d'Emmanuel Macron étaient bien faits"

Si Michel Sapin reconnaît un certain mérite à Emmanuel Macron lors de ses premiers pas en tant que président, il est beaucoup plus critique quant à la politique budgétaire de celui qu'il côtoyait quotidiennement, un temps, dans les allées de Bercy, lorsque Emmanuel Macron était Ministre de l'Economie.

"J'ai observé ses premiers pars. Ce n'est pas si simple pour quelqu'un de 39 ans de rentrer dans la fonction, et je crois qu'il est bien rentré dedans, y compris au niveau international. Mais maintenant je vois ses deuxièmes, troisièmes pas et je trouve qu'en ce qui concerne les décisions qui s'appliquent aux Français en particulier, ce sont aujourd'hui des pas lourds. Lourds pour les plus faibles et les gens modestes. Et des pas très très légers pour les plus aisés des Français. C'est contraire à mes valeurs! Je pense que le sérieux budgétaire n'est ni de droite ni de gauche. Il y a 5 milliards d’allègement d'impôts pour la puissance financière. Et de l'autre côté, il y a 5 milliards d'économie budgétaire injuste via la suppression des contrats aidés ou la baisse des APL... Cet équilibre ne me va pas du tout ! Je le condamne. "