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Migrants : enceinte, elle marche pendant huit heures pour rejoindre Bayonne

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Par , , France Bleu Pays Basque

Les douaniers ont arrêté un bus dans les Landes et empêché 19 migrants de rejoindre Paris. Ils les ont relâchés avec une seule consigne : quitter le territoire français.

Les migrants dormaient dans la rue jus'à début novembre
Les migrants dormaient dans la rue jus'à début novembre © Corbis - Andde Irosbehere

Les 19 migrants partis de Bayonne, et arrêtés le 12 novembre par les douanes, ont tous été relâchés. Contraints à présent de quitter le territoire français, ils n'ont pourtant qu'un seul but : gagner Paris ou un pays du nord de l'Europe au plus vite. Dispatchés dans différents gendarmeries des Landes, dans la nuit de lundi à mardi, ils se sont retrouvés dehors, sans même savoir où ils se trouvaient.

Enceinte, elle marche pendant 8 heures

Une jeune Guinéenne, enceinte, raconte son chemin de croix : "les douaniers sont venus avec des chiens, comme si on était des terroristes. On est restés jusqu'à 5h du matin et ils ont écrit beaucoup de choses, qu'ils nous ont demandé de signer, sans même nous interroger !". 

"Il nous ont obligés à signer" poursuit-elle "pour nous obliger à quitter le territoire français, parce qu'on n'a pas le droit de rester, parce qu'on n'est pas français et qu'on est venu sans papiers. Il s'en foutent de nous, on peut mourir en mer, c'est pas leur problème, ils veulent pas de nous en France". La jeune migrante affirme aussi qu'on ne lui a rien proposé à manger tout le temps de sa détention : "moi je suis une femme enceinte, on m'a maltraité. Maintenant on est bloqué, parce que les chauffeurs ne prennent pas les sans-papiers dans leurs bus". Elle raconte avoir marché par la suite pendant 8 heures pour regagner Bayonne.

Témoignage d'une migrante: "ils n'ont pas respecté les droits humains"

Le collectif bayonnais propose un repas chaud à ceux qui attendent le bus
Le collectif bayonnais propose un repas chaud à ceux qui attendent le bus © Radio France - Jacques Pons

Refus des sans-papiers

Depuis cet épisode, selon plusieurs témoignages de migrants et de bénévoles, certains chauffeurs n'acceptent pas les sans-papiers dans leurs autocars. Ils demandent à contrôler l'identité des voyageurs, et refusent le transport à ceux qui n'ont pas de papier. Le collectif Diakité est inquiet : "si les chauffeurs de Flixbus devenaient officiers de police judiciaire, ce serait très grave. Ils n'ont pas le droit de contrôler les identités" dénonce la porte-parole Maite Etcheverry. 

"Les chauffeurs de bus ne sont pas des controleurs assermentés comme dans les trains" - Laurence Hardouin, avocate et membre du collectif Diakite, invitée de France Bleu Pays Basque

La compagnie Flixbus, que nous avons contactée, indique que les chauffeurs (qui ne sont pas directement salariés de l'entreprise mais collaborateurs) sont tout à fait en droit de demander une pièce d'identité, mais uniquement dans le but de vérifier qu'elle correspond bien au ticket nominatif. Elle confirme que l'interpellation survenue dans les Landes a conduit certains chauffeurs à renforcer ces vérifications mais elle réfute avoir donné des consignes particulières. "En aucun cas Flixbus et/ou ses conducteurs et partenaires ne se permettraient de se prendre pour un officier de police ou autre représentant de l'ordre" confie un porte-parole de la compagnie.

Bénévole du colelctif Diakité: "on a le problème avec Flixbus, ils ne prennent pas à bord les sans-papiers".

Depuis un mois, Diakité, un collectif citoyen bayonnais organise l'accueil des migrants qui dormaient dans les rues et les jardins publics. Il s'agit de personnes de passage, elles veulent toutes rejoindre Paris, l'Allemagne, la Belgique ou le Royaume-Uni. La mairie a mis à disposition un local et sept salariés ont été détachés par les services sociaux pour traiter cet afflux de migrants temporaires, dont certains se retrouvent ainsi bloqués à Bayonne depuis quelques jours.

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