Politique

Moins d'élus locaux, exonération de la taxe d'habitation : les élus périgourdins remontés contre le président

Par Caroline Pomès, France Bleu Périgord lundi 17 juillet 2017 à 18:52

Edouard Philippe et Emmanuel Macron vont à la rencontre des élus locaux à l'occasion de la première Conférence des Territoires.
Edouard Philippe et Emmanuel Macron vont à la rencontre des élus locaux à l'occasion de la première Conférence des Territoires. © AFP - Matthieu Alexandre

Emmanuel Macron a affirmé ce lundi qu'il fallait réduire le nombre d'élus locaux", que les collectivités devaient faire un effort de 13 milliards et promis le "haut débit" partout en France d'ici 2020, lors de la Conférence nationale des territoires. Ça passe mal chez les élus périgourdins.

C'était un terrain glissant. Emmanuel Macron s'est exprimé ce lundi au Sénat devant les élus locaux de tous les territoires de France pour la première Conférence nationale des territoires. Le président a affirmé qu'il y aurait des économies de budget à hauteur de 13 milliards d'euros d'ici 2022.

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Moins d'élus locaux

Ces économies passeront notamment par la suppression du nombres d'élus locaux. Pourquoi pas pour Alain Castang, président départemental de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). Mais attention pas touche aux maires des petites communes. Avec 578 euros de salaires par mois, le maire de Rouffignac-de-Sigoulès ne pense pas coûter très cher à l'Etat.

"Je veux bien qu'on baisse les indemnités de grands élus comme Alain Rousset, le président de la Nouvelle-Aquitaine, qui doit toucher le salaire d'un parlementaire mais qu'on touche aux petits maires, impossible. Si vous me donnez la moitié de 500 euros, je ne me représenterai pas. " - Alain Castang, maire de Rouffignac-de-Sigoulès

Exonération partielle de la taxe d'habitation

Emmanuel Macron a parlé d'une "réflexion profonde" sur la "refonte de la fiscalité locale". 80% des Français seront exonérés progressivement mais pour les petites communes, ça coûterait cher. A Rouffignac-de-Sigoulès, l'impôt rapporte 40% du budget annuel de la commune. Le président dit envisager des mesures de "substitution" de la taxe d'habitation. "Il a promis qu'elle serait compensé", explique Bernard Vauriac, présent au Sénat, ce lundi. Le président de l'union des maires de Dordogne n'est pas serein et un peu sceptique. "Comment vont-il faire, avec quel argent après il faut y croire mais la suppression de la taxe professionnelle, sous Nicolas Sarkozy, n'a toujours pas été entièrement compensée !"

"S'il n'y a plus la taxe d'habitation, c'est la réduction du service public, des aires de jeux pour les enfants, des aides ménagères pour les personnes âgées. Il faut absolument qu'elle soit compensée par des aides de l'Etat." - Bernard Vauriac, le président de l'union des maires de Dordogne

Le président a également annoncé qu'il n'y aura plus de fermeture de classe de primaire dans les zones rurales. Il va également créer une agence nationale des territoires qui fera le lien entre le gouvernement et les territoires. Des sujets qui seront évidemment mis sur la table au Congrès des maires, le 21,22 et 23 novembre prochain.