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"Mon accent du Sud, c'est mon étendard" (Carole Delga, présidente de la Région Occitanie)

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Par , France Bleu Hérault

Pendant les fêtes, les invités de France Bleu Hérault dévoilent un peu de leur intimité. Ce matin rencontre avec Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, qui parle d'elle plutôt rarement, et qui s'est confiée à la fois sur cette drôle d'année 2020 et aussi sur son parcours personnel.

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie © Maxppp - Guillaume Bonnefont

Carole Delga

Carole Delga, quel est le mot que vous avez le plus détesté prononcer cette année, mais que vous avez bien été obligée de prononcer parce que vous n'aviez pas d'autres choix que celui-là ?

Inquiétudes et..... (silence), suppressions d'emplois. J'ai détesté les prononcer, mais je sentais une vraie inquiétude chez mes concitoyens. Mais quand on est en responsabilité, on traite les problèmes des gens. 

Inquiétude parce que vous n'êtes pas quelqu'un de naturellement inquiet ? Plutôt optimiste ? 

Oui je suis quelqu'un de fondamentalement optimiste. Et puis, il y a une citation que j'ai toujours en tête, c'est que "la peur n'éloigne pas le danger". Donc je n'ai pas peur et j'affronte les difficultés les unes après les autres. J'essaie de faire preuve de pragmatisme et de courage. 

Quel est en revanche le mot que la présidente de la région Occitanie adore prononcer dans le privé, un peu politiquement incorrect, mais que vous ne prononcez pas en public, parce que ça ne fait pas bien ?

Alors moi, je dis toujours qu'il faut "avoir de la niaque", la niaque ou "le couteau entre les dents". Je le dis souvent.  Par contre, je ne le dis pas en public parce que c'est un peu guerrier.

On dit de vous que vous êtes une infatigable travailleuse, une bête de somme qui connaît ses dossiers sur le bout des doigts. Est ce que vous préféreriez qu'on dise que vous êtes simplement une femme compétente au poste qui est le vôtre ? 

"Je suis un produit de la méritocratie républicaine..."

Vous savez, c'est toujours compliqué de se juger et de percevoir aussi l'image que l'on donne de soi même. Après, je pense que oui, je suis travailleuse, mais moi, j'ai été élevée par ma grand mère dans le culte du travail. Je suis un produit de la méritocratie républicaine. C'est grâce à l'école que j'ai pu réussir. Je travaillais déjà beaucoup à l'école, donc je suis toujours habituée à beaucoup travailler.

On vous reproche parfois de trop travailler ? Votre entourage vous le reproche ? 

Oui, oui, tout à fait. Oui, oui. Même mes collaborateurs... Je leur impose un rythme très, très, très dur et j'ai la chance d'avoir de très, très bons collaborateurs qui se mettent sur mon rythme. C'est pour ça que je leur suis très, très reconnaissante.

Comment vos collaborateurs vous appellent-ils dans votre dos, mais vous le savez parce que c'est revenu à vos oreilles ?

Je sais pas, je crois, la patronne. Je ne sais pas trop. La chef peut-être (rires).

Un lourd passif avec Philippe Saurel

Vous êtes arrivée en ex Languedoc-Roussillon il y a cinq ans, au moment de la fusion avec Midi-Pyrénées. Cette fusion a parfois été mal vécue par certains. On vous regardait un peu de haut à l'époque? 

Oui, on m'a regardé de haut. Et puis surtout, je suis arrivée avec un ancien maire de Montpellier qui était complètement agressif, dans son délire, et cela devenait du harcèlement.

Vous voulez parler de Philippe Saurel ?

Oui j'ai été attaquée sur mes actions, par ses adjoints aussi, et sur les réseaux sociaux. C'était un climat qui n'était pas facile à vivre. Et surtout, moi, j'avais connu Montpellier quand j'étais étudiante. J'avais été émerveillée par le Montpellier de Georges Frêche. Montpellier, la surdouée. Et là, je voulais que le meilleur se passe pour Montpellier. Et en fait, je voyais Montpellier reculer parce que l'ancienne municipalité ne travaillait pas. Donc voilà. J'en étais malheureuse pour les montpelliérains parce que Montpellier, pour moi, c'était une terre d'innovation. C'était une terre d'audace et j'y découvrais un climat malsain, où il y avait un chantage à la subvention et où rien n'avançait. 

On sent que vous avez gardé beaucoup de ressentiment pour Philippe Saurel...

Ah oui, moi, j'oublie pas. Vous savez, en politique, je fais en sorte d'avancer, mais quand on m'attaque, on ne me trahit qu'une fois.

Est ce qu'on vous regardait aussi un peu de haut parce que vous étiez une femme ?

Oui, tout à fait. Bien sûr. Et c'était la première fois de ma carrière politique. Quand j'ai été députée, secrétaire d'État, je n'avais jamais senti que le fait d'être une femme soit pointé comme un désavantage. 

Parce qu'on est dans le Sud ?

Non, parce que je pense que la région, ce sont 6 millions d'habitants. Contre moi, je n'avais que des hommes et des hommes qui étaient plutôt de mauvaise foi. Donc, en effet, c'était "elle n'a pas les épaules assez larges, elle est trop jeune", des clichés qui ont quand même la vie dure.

A l'inverse, est ce que le féminisme pratiqué aujourd'hui par certaines de façon excessive, vous pensez que c'est justifié ou que c'est la juste monnaie de la pièce rendue à des siècles de domination masculine ? 

Je pense que dans la vie, de façon générale, il faut être dans l'équilibre et surtout pas dans l'excès. Il faut juste que les femmes soient payées à salaire égal avec les hommes et qu'elles soient reconnues à compétences égales. Et donc, c'est ce que je dis aux jeunes filles. Ayez confiance en vous, confiance dans la vie, parce que souvent, il y a beaucoup d'autocensure et c'est ce sur quoi il faut lutter. Il faut que les jeunes femmes aient confiance en elles et qu'elles réalisent leurs rêves.

Vous passez beaucoup, beaucoup de temps dans votre voiture à sillonner la région entre Toulouse et Montpellier, Perpignan et Nîmes. Quel est le CD que vous préférez écouter en voiture, vous écoutez bien un peu de musique ? 

J'aime beaucoup écouter Cali. La chanson "Cavale", ça veut dire s'échapper. J'aime beaucoup la dernière de Julien Doré, Barracuda.

Pas d'artistes anglo-saxons ?

Non, pas vraiment. Bigflo et Oli (ndlr: groupe de rap toulousain), c'est vraiment très intéressant. Juliette Armanet. J'aime beaucoup aussi. 

Comme vous passez beaucoup de temps dans votre voiture, vous y travaillez, vous y écoutez un peu de musique. J'imagine que ça vous arrive aussi de manger en voiture ou est ce que vous avez horreur des miettes qui tombent sur la banquette arrière ? 

Oui je mange souvent en voiture. Mais j'évite le pain, donc pas de miettes (rires).

"L'accent du gouvernement"

Ce qui fait votre personnalité, c'est aussi votre accent du Sud. Moqué par certains. Sur les réseaux sociaux, certains, un peu méchamment, vous comparent à Mireille Mathieu. Ça vous chagrine ou ça vous fait rire ? 

Ces moqueries me laissent complètement indifférente. Parce que pour moi, mon accent, c'est mon étendard ! J'ai toujours eu un accent, même quand j'ai été secrétaire d'Etat. François Hollande, quand j'étais ministre, me surnommait "l'accent du gouvernement". Mireille Mathieu, ça m'est égal. Moi, je défends le milieu d'où je viens.

Est-ce que cela vous arrive d'être reconnue dans la rue et est-ce que ça vous fait plaisir quand c'est le cas ?

Oui, quand on n'est pas masquée je suis souvent reconnue dans la rue.  Très souvent, les gens m'abordent de façon gentille, me donnant des encouragements. C'est plus rare, mais cela peut être parfois des menaces. Mais de façon globale, quand les gens m'abordent dans la rue et très majoritairement, c'est de façon très sympathique et cela me touche. Cela me donne encore plus d'énergie pour les aider et pour essayer d'améliorer leur quotidien.

Qu'est-ce qui vous énerve le plus : les ronds de jambe qu'un élu de terrain va forcément faire à Madame la Présidente de région quand il la reçoit chez lui, où les mêmes et sempiternelles questions que les journalistes vous posent parce qu'ils manquent d'imagination ou qu'ils ne travaillent pas assez ?

(Rires) J'ai horreur d'être entourée de courtisans. Les gens qui me cirent les pompes, cela m'exaspère.

C'est peut être ce qui fait aussi la différence entre un homme et une femme politique ?

Je pense qu'une femme est moins sensible aux compliments que les hommes. Et on est plus dans l'efficacité et dans le service rendu.

Pourtant, et pour terminer, je vais vous demander d'en faire des compliments. Ou pas ! Vous présidez cette région depuis cinq ans et vous avez succédé dans l'ordre à Jacques Blanc, Georges Frêche, Christian Bourquin et Damien Alary. Je vais donc vous demander, pour chacun de ces quatre là, le mot ou l'adjectif qui lui correspond le mieux selon vous... 

Pas facile.... (silence). Je vais commencer par le plus dur. Jacques Blanc: TRAHISON ! Parce qu'il y a eu une alliance avec l'extrême droite, ce qui pour moi, est gravissime. 

Georges Frêche: FABULEUX ! , Fabuleux, visionnaire. Une intelligence hors du commun.  

Christian Bourquin: COMBATTANT ! Je ne l'ai pas beaucoup connu. Je ne l'ai croisé que deux fois. Mais c'était un combattant, bien sûr, pour son cher pays catalan. C'était un combattant aussi pour la région. Et il a été un combattant contre la maladie. 

Et enfin pour Damien Alary: FORMIDABLEMENT HUMANISTE. Damien, c'est la générosité. 

Et qu'est ce que vous diriez pour Carole Delga ?

Je ne parle pas de moi.... 

Vous venez de le faire pendant dix minutes pourtant ?

Non, mais pas de moi de façon personnelle. Je parle toujours de moi dans l'action que je mène pour les gens.

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