Politique

Municipales 2014 : la gauche se rassemble face au FN, l'UMP prône le "ni-ni"

Par Julie Guesdon, France Bleu lundi 24 mars 2014 à 12:19 Mis à jour le lundi 24 mars 2014 à 15:08

Les élections municipales, les 23 et 30 mars.
Les élections municipales, les 23 et 30 mars. © Fotolia.com - Richard Villalon

Dimanche soir, nombre de petites communes étaient fixées sur le nom du maire nouvellement élu. Pour les autres villes françaises, la semaine électorale s’annonce chargée, entre alliances et tractations, principalement contre le Front national. En difficultés dans de nombreuses communes historiquement à gauche, le PS appelle au rassemblement.

Avec un premier maire frontiste, élu dès le premier tour à Hénin-Beaumont, et une dizaine de candidats très bien placés, le Front national jubile. Dimanche 23 mars, l’extrême-droite a déjà remporté plus de 400 sièges municipaux et ne compte pas s’arrêter là. Après la date limite de dépôt des listes, mardi 25 mars à 18h, nous connaitrons le nombre exact de candidats frontistes encore en lice, a priori plusieurs dizaines. Face à ces candidats, quelles vont être les réactions de la gauche et de la droite ?

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A gauche, le front républicain

Logiquement, le PS a appelé à faire barrage au Front national. Dimanche soir, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a lancé un appel à la constitution d’un front républicain avec l’UMP.

En écho, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, a affirmé que "la position du PS est très claire : nous ferons tout pour empêcher qu’un candidat FN emporte une municipalité".

De son côté, le premier secrétaire du Parti socialiste appelle à "une réaction claire et ferme de tous les républicains". En réaction, la liste socialiste de Saint-Gilles a été retirée ce lundi, afin de concentrer tous les efforts pour faire barrage au Front national. Celle de Tarascon a également annoncé son retrait mais du fait de son faible score, elle ne pouvait pas se maintenir. Plus largement, le PS a "décidé du rassemblement le plus large", avec EELV et le PCF.

En difficultés à Lille, Martine Aubry a commenté avec regret "le résultat du Front national". En tête de la triangulaire qui l’opposera à un candidat UMP et un candidat frontiste, la maire sortante a appelé les électeurs du FN à faire un autre choix pour le second tour.

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Municipales : les résultats commune par commune - Radio France
Municipales : les résultats commune par commune © Radio France
 

A droite, le "ni-ni"

"Naturellement", jamais le président de l’UMP n’invitera à voter pour un candidat frontiste. Pourtant, il n’est pas non plus question pour Jean-François Copé d’appeler à faire barrage contre le FN en votant socialiste.

Dimanche soir, la droite a refusé toute alliance avec le PS, au prétexte que le parti socialiste est "proche de l’extrême gauche".

Henri Guaino, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a même tendu la main aux électeurs qui ont voté FN au premier tour, rappelant que "ceux qui ont voté pour le Front national ont voulu dire quelque chose, nous devons l’entendre".

A Paris, une alliance PS-EELV contre NKM

Longtemps donnée gagnante face à sa rivale, la socialiste Anne Hidalgo s’est vue devancée par Nathalie Kosciusko-Morizet. En ballotage favorable, Anne Hidalgo dispose d’un important vivier d'électeurs parmi les sympathisants écologistes.

Une alliance avec EELV a été conclue lundi 24 mars dans la journée. Selon le chef de file des écologistes à Paris, Christophe Najdovski, 18 conseillers de Paris sont donnés à EELV. Actuellement, neuf conseillers de Paris appartiennent aux verts. Avec 9% des suffrages dimanche, EELV réussit à occuper une place de choix à Paris en cas de victoire de la gauche. En plus des 18 conseillers de Paris, quatre postes d'adjoint sur les vingts que compteront l'exécutif parisien leurs sont d'ores et déjà réservés, avec l'assurance d'intégrer certaines propositions du programme écologiste au programme socialiste.

Dimanche soir, la candidate socialiste avait d’ailleurs assuré sur I> Télé avoir "une stratégie d’union visible, surtout dans un contexte national extrêmement dur pour la gauche". Elle faisait notamment référence à l’accord d’ores et déjà conclu avec le Parti communiste, loin de l’esprit de division dans lequel la droite a fait campagne.

A Marseille, la gauche tente de se rassembler

Après l’important écart entre Patrick Menucci et Jean-Claude Gaudin, le socialiste également devancé par le FN appelle au rassemblement. Il espère le soutien de la liste du Front de Gauche et celui de la liste citoyenne de Pape Diouf. Au cours de la soirée électorale, ce dernier a dénoncé des fraudes dans plusieurs bureaux marseillais où des listes étaient déjà largement émargées à l’ouverture des bureaux de vote.

A Nantes, une alliance Verts-PS

"On a désormais la possibilité de rééquilibrer le conseil municipal." A Nantes, les écologistes ont réalisé un très bon score au premier tour. Pour la première fois où une liste autonome était présentée, elle leur permet d’envisager sereinement une alliance avec les socialistes, accord qui permettrait de devancer largement Laurence Garnier, la candidate UMP. L’accord Verts-PS semble donc bien parti. Seul point d’achoppement : l’aéroport de Notre Dame des Landes.

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