Politique

Municipales 2014 : zoom sur Albertville

Par Denis Souilla, France Bleu Pays de Savoie mardi 18 mars 2014 à 6:00

Mairie Albertville
Mairie Albertville © Fotolia.com

Philippe Masure (PS) ne se représente pas. Sa victoire surprise en 2008 avait fait basculer la commune à gauche. Cette année, la liste PS-EELV menée par Noëlle Aznar-Molliex serait devancée par celle de Martine Berthet (UMP) si l'on en croit un récent sondage BVA. Deux autre candidats sont présents : Michel Batailler (sans étiquette) et Stéphane Jay (Front de gauche).

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

- Noëlle Aznar-Molliex : la candidate a 50 ans et mène la liste "Osons Albertville !" soutenue par le PS et Europe Écologie-Les Verts. Ancienne journaliste et enseignante, elle a été chef de cabinet de Philippe Masure et est conseillère régionale depuis 2010. Son programme se positionne dans la continuité. Sur la sécurité, elle propose le "suivi du dispositif de télésurveillance, des douze nouvelles caméras installées debut 2014" . Pour soutenir la famille, elle veut créer une "maison de la petite enfance" et ouvrir "un restaurant scolaire supplémentaire" . La rénovation urbaine est évoquée à travers plusieurs projets : plus de pistes cyclables, "l'aménagement de la Rotonde" , une "restructuration de la Place Commandant Bulle" , "un nouveau groupe scolaire dans le secteur de la Halle olympique" ou la "création d'un éco-quartier sur la Place du Pénitencier" . La candidate insiste aussi sur une politique plus cohérente de l'offre touristique.

- Michel Batailler : le candidat de 52 ans mène la liste "Votez pour vous !", issue de la société civile. Il annonce clairement être hors des partis : "vous avez déjà expérimenté la gauche et la droite (...) mon seul parti c'est Albertville !" . Il était encore récemment patron d'agence d'intérim et préside un club de handball. Il dénonce une ville qui "a perdu de son intérêt, les impôts ont augmenté (...) la ville est triste, mal entretenue, insécurisée et peu animée." Son projet propose un important volet social : "faire bénéficier toutes les familles d’une mutuelle municipale à tarif accessible" , "améliorer la qualité et la quantité des repas servis par la ville dans les restaurants scolaires et à domicile" ou "créer un relais municipal de baby-sitting" . - Martine Berthet : candidate UMP-UDI, elle est pharmanienne et était élue à Ugine depuis deux mandats au sein de l'équipe municipale. Elle est vice-présidente de la CoRAL et mène la liste "Debout Albertville !" sur laquelle figure Hervé Gaymard en 32e position, député UMP et président du Conseil général de la Savoie. La première proposition de la droite concerne les finances : "pas d'augmentation des taux d'imposition" et "réduire le train de vie de la municipalité" . Dans le même temps, l'équipe propose l'installation de caméras, le renforcement de la police municipale. La candidate veut "accentuer les travaux dans les écoles" et "offrir au plus vite un accès au très haut débit aux entreprises par la fibre optique et la 4G" . Afin de soutenir le commerce de centre-ville, la liste propose "la gratuité dès la première heure de stationnement"

- Stéphane Jay : le candidat mène la liste "Choisir l'Humain d'Abord", soutenue par le Front de gauche. La fiscalité et les investissements de la communes font l'objet de deux mesures phares : pas de "hausse d'impôt ou recours à l'endettement" et "la baisse de 25% des prix de la cantine, quelque soit le niveau des revenus" . La liste veut imposer "un non-cumul strict des mandats". La politique familiale, culturelle et sportive passe par "la création d'un pass-sport, d'un montant de 30 euros, pour chaque jeune qui prend une licence dans un club de sport" et la promotion des circuits courts pour la cuisine centrale de la commune. Parmi les mesures qui dénotent des autres programmes, le Front de gauche propose "un service municipal de pompes funèbres pour aider les familles dans leurs démarches et leur assurer les meilleurs coûts possibles" , assurant que "la mort n'est pas une marchandise" .

  1. Les points chauds de la campagne

Le niveau de vie. Ce sera sans doute un point incontournable. La ville possède un niveau de vie moins important que la moyenne nationale : le revenu fiscal de référence de 19.251 euros contre 22.246 euros dans le pays.

L'endettement et l'urbanisme. Les finances de la ville sont très critiquées par l'opposition. La majorité sortante se justifie par les investissements réalisés au cours de la mandature, des rénovations urbaines dont le pôle multimodal de la gare, toujours en travaux. Parmi les autres travaux évoqués durant la campagne : l'axe de la Leysse.

Le chômage. Le taux d'inactivité de la population active reste élevé sur la commune par rapport à la moyenne nationale : 13,1% à Albertville, soit quatre points de plus que la moyenne nationale.

La question de l'attractivité .  Les opposants à l'actuelle municipalité dénoncent la manque d'attraît de la cité olympique. La population a augmenté mais tend à se tasser dans la troisième ville de Savoie : 16.970 habitants en 1982, 18.009 en 2006 et 18.832 en 2011, selon l'INSEE.

  1. Les enjeux

Albertville va-t-elle basculer ? En 2008, deux listes sont présentes, le socialiste Philippe Masure l'avait emporté de justesse (50,96%), et par surprise, sur Albert Gibello qui menait une liste d'union de la droite. Ce dernier était mis en cause dans l'affaire de la dioxine de l'incinérateur de Gilly-sur-Isère. Six ans plus tard, la gauche albertvilloise se trouve dans une situation défavorable, plombée par l'impopularité gouvernementale et par le manque de norotiété de la candidate PS. De plus, le maire sortant ne se présente pas, après un mandat. La gauche pourrait aussi faire les frais d'une dispersion de voix : une liste Front de gauche est présente. Le FN ne présente aucun candidat, la doite est donc unie.

Albertville, un bastion de droite ? Non, la ville vote souvent comme le pays et connaît une succession d'alternances depuis quarante ans. Aux cantonales en 2011, les candidats socialistes l'emportent avec 59,24% et 64,01%. A la présidentielle en 2012, François Hollande obtient 50,68%, en revanche Hervé Gaymard (UMP) obtient 51,08% aux légistaltives la même année.

Un sondage place la droite en tête. Une enquête BVA pour Orange et Le Dauphiné Libéré donne 34% des intentions de vote au premier tour pour Martine Berthet, 30% pour Noëlle Aznar-Molliex, 25% pour Michel Batailler et 11% pour Stéphane Jay.