Politique

Municipales 2014 : zoom sur Annecy

Par Isabelle Gaudin, France Bleu Pays de Savoie mercredi 19 mars 2014 à 6:00

Jean-Luc Rigaut, le maire d'Annecy
Jean-Luc Rigaut, le maire d'Annecy © Maxppp

Huit candidats convoitent le fauteuil de maire d'Annecy, dont le sortant UDI Jean-Luc Rigaut. Il brigue un deuxième mandat, soutenu par l'UMP. La gauche s'affiche désunie pour ce premier tour avec pas moins de cinq listes.

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

François Astorg : ce chef d'entreprise de 52 ans est le porte-parole du groupe local Europe écologie les Verts pour la région annécienne. Militant associatif et écologiste, il conduit la liste "Annecy changeons d'ère". François Astorg a déjà croisé Jean-Luc Rigaut sur son chemin lors de sa candidature aux cantonales de 2011. Il aime d'ailleurs rappeler qu'il lui a manqué 206 voix pour battre son concurrent également maire d'Annecy. Sa première priorité : s'attaquer à la pollution dans le bassin annécien.

Alain Bexon : ce candidat divers droite est le chef de file des opposants au projet de réaménagement du site de l'ancien hôpital d'Annecy. A la tête d''Annecy pour la vie", Alain Bexon ne veut pas entendre parler de parti politique. Il a commencé à lister sur internet les promesses non-tenues par le maire sortant UDI, Jean-Luc Rigaut, et notamment "la circulation au bord du lac "

Denis Duperthuy :  le candidat du PS conduit la liste "Avec vous, Annecy pour tous" soutenue par le Parti socialiste et le Parti radical de gauche. Plus de la moitié de ses colistiers sont sans étiquette politique et Denis Duperthuy a voulu une représentation la plus large possible des quartiers de la ville. A 33 ans, il est directeur de cabinet et de la communication de la commune d'Alberville. Conseiller municipal et communautaire, Denis Duperthuy est président du groupe PS Annecy Horizon Solidaire. Parmi ses chevaux de bataille : "loger tous les Annéciens ".

Jean-Paul Macé : cet ouvrier, membre du comité central de Lutte ouvrière se présente aux municipales pour "faire entendre le camp des travailleurs". Jean-Paul Macé s'est déjà présenté aux législatives en 2012.

Le lac d'Annecy - Fotolia
Le lac d'Annecy © Fotolia

Philippe Métral-Boffod : conseiller municipal sortant, il conduit la liste "Annecy résolument à gauche" qui réunit des militants associatifs, syndicaux, des membres du NPA, du Parti de Gauche, etc. Sa liste a mené une campagne pour la gratuité des bus annéciens.

Thomas Noël : le candidat du FN, âgé de 38 ans et père de six enfants, est connu des Annéciens pour avoir été l'ancien porte-parole de la Manif pour Tous en Haute-Savoie. Il conduit la liste "Annecy Bleu Marine", avec dans ses priorités, la baisse des impôts locaux.

Gilles Ravache : le secrétaire départemental du Parti communiste est le chef de file de la liste "L'humain d'abord à Annecy". Conseiller régional et président du Front de gauche, Gilles Ravache s'intéresse dans cette campagne aux problèmes du quotidien comme l'emploi et le logement trop cher à Annecy.

Jean-Luc Rigaut : le maire sortant UDI, soutenu par l'UMP, brigue un deuxième mandat. Il est maire d'Annecy depuis janvier 2007, date à laquelle il succède à Bernard Bosson. Il est également Président de la Communauté d'agglomération d'Annecy. Jean-Luc Rigaut, à la tête de la liste "Portons haut les valeurs d'Annecy" s'appuie sur son bilan et insiste sur "une gestion financière maitrisée".

  1. Les points chauds de la campagne

Le Centre des congrès et le site de l'ancien hôpital. Cela fait partie des dossiers chauds des municipales, mais la polémique n'est pas d'hier. Jean-Luc Rigaut se fait attaquer sur le projet de l'agglomération de réaliser le centre des Congrès sur la presqu'île d'Albigny. Un collectif d'opposants, notamment d'écologistes, s'est monté et de nombreux candidats à la mairie se sont emparés du dossier pour dénoncer une atteinte à l'environnement. Autre épine dans le pied du maire sortant, le projet de complexe immobilier sur l'ancien hôpital des Trésums. Le divers droite Alain Bexon en a même fait presque un slogan "Trésum, centre des Congrès,…Il est temps de changer de maire pour arrêter le saccage du paysage et de l’histoire d’Annecy ". Quant au candidat d'EELV, François Astorg, il promet de mettre fin "aux projets inutiles et coûteux " comme le parc des expositions ou le tunnel sous le Semnoz.

Façade sud du futur centre d'exposition d'Annecy  par le cabinet d'architecte norvégien Snohetta - Aucun(e)
Façade sud du futur centre d'exposition d'Annecy par le cabinet d'architecte norvégien Snohetta

Les transports et le stationnement. François Astorg, le candidat EELV veut organiser la première année du mandat, un "Grenelle des Transports " pour "répondre au problème d’engorgement sur l’axe La Balme de Sillingy-Faverges (RD 1508) par un rééquilibrage des déplacements en transports en commun par rapport à la voiture individuelle ". La gratuité des bus, elle est proposée par Gilles Ravache pour le PC ou encore la liste "Résolument à gauche" de Philippe Métral-Boffod. Le maire sortant UDI, Jean-Luc Rigaut, veut poursuivre son action pour développer les modes doux, créer des parkings de stationnements et promet le début des travaux pour le doublement partiel de la ligne Aix-Annecy au cours du prochain mandat.

  1. Les enjeux

Le logement. Annecy reste une ville où cela coûte cher de se loger. Le maire UDI sortant met en avant les chiffres de son bilan : 1600 logements construits en six ans. Jean-Luc Rigaut rappelle qu'en 2014, "les 20% de logements sociaux imposés par la loi, sont atteints ". Son adversaire socialiste, Denis Duperthuy en a fait une priorité. Il veut "loger tous les annéciens " en favorisant la mixité sociale et promet la réalisation de 1500 logements sociaux. De son côté, face à la difficulté des jeunes et des "classes populaires " pour se loger, Philippe Métral-Boffod, de la liste "Annecy résolument à gauche", prône "la préemption de terrains mis à disposition des organismes HLM ".

Une gauche désunie au premier tour. Le PS n'a pas réussi à faire une liste d'union et finalement, on ne compte pas moins de cinq candidats, ce qui fait le jeu du maire UDI sortant. Jean-Luc Rigaut bénéficie du soutien de l'UMP, mais devrait avoir du mal à réitérer sa prouesse de 2008, où il avait été élu dès le premier tour avec 52,44% des voix, largement devant Pierre Hérisson (UMP) 17,69% et Robert Saint-Romain (PS) 15,9%. L'autre enjeu de ce premier tour, ce sera le score du Front national, qui présente un candidat à l'image d'un nouveau FN dédiabolisé.