Politique

Municipales 2014 : zoom sur Annemasse

Par Denis Souilla, France Bleu Pays de Savoie lundi 10 mars 2014 à 6:00

Christian Dupessey, maire d'Annemasse.
Christian Dupessey, maire d'Annemasse. © Maxppp

Le maire sortant socialiste Christian Dupessey vise la réélection dès le premier tour mais cette fois la droite n'est pas divisée, Louis Mermet est candidat pour l'UMP-UDI. Absent en 2008, le FN présente Jean Capasso et compte provoquer une triangulaire le 30 mars.

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

- Jean Capasso : le candidat du Front national conduit la liste "Annemasse Bleu Marine". Sur sa page Facebook, il se présente comme "fils d'ouvrier" immigré italien, "patron à Genève et patron à Annemasse" dans une entreprise de levage côté suisse et dans un restaurant côté français. Ce quinquagénaire peu connu, novice en politique, habite la commune depuis 1990. Le candidat frontiste veut augmenter les effectifs de la police municipale, les armer, avec davantage de caméras vidéo sur l'espace public. Concernant les finances et la fiscalité, le programme du FN propose "de baisser les impôts locaux et de redonner du pouvoir d’achat aux ménages (...) aux artisans, commerçants et PME (...). Il faut réaliser des économies en faisant la chasse aux gaspillages, aux dépenses superflues et aux subventions injustifiées" .

- Christian Dupessey : le maire sortant est socialiste mais ne l'affiche à aucun moment sur ses tracts. Il a 68 ans, retraité, conseiller régional, également candidat à la communauté d'agglomération. Dans son programme, il s'engage à "renforcer la présence de la police municipale" , "compléter le système de vidéo protection" , "construire un nouveau commissariat" et "ouvrir une nouvelle crèche en centre-ville" . Il propose également de "garantir la transparence dans l’attribution deslogements aidés" , de "passer au tri sélectif dès 2014" et pour l'économie il envisage de "lancer une monnaie locale d’échange à l’échelledu Grand Genève" .

- Louis Mermet : comme pour le maire sortant, le candidat UMP-UDI ne précise pas son appartenance politique sur son programme. Il a 60 ans, est avocat et ancien bâtonnier, conseiller municipal d'opposition et conseiller communautaire depuis 2008. Il définit son projet sur deux axes principaux : la sécurité et la démocratie participative. Dans le premier point, il est proposé de "mettre en place un plan de vidéo protection intelligent" , "développer un éclairage public efficace" , "installer une antenne permanente de la police municipale dans le quartier du Perrier" ou "développer les opérations de type 'Voisins vigilants' " . Dans le second point, Louis Mermet évoque "une démocratie interactive" avec "des conseils de quartier numériques afin que chaque habitant puisse s'exprimer plus largement (sur) internet" afin de formuler ensuite des "questions inscrites à l'ordre du jour du Conseil Municipal" . Il compte aussi mettre en place des "référendums locaux sur les grands projets" .

  1. Les points chauds de la campagne

- La fin du droit d’option. C'est un dossier sur la table depuis des années, cette fin du droit d'option de l’assurance-maladie des frontaliers a été confirmée par Marisol Touraine, ministre de la Santé, mais reporté à 2016. Annemasse compte 9.000 frontaliers travaillant en Suisse, soit la moitié des actifs. À partir du 1er juin 2014, les nouveaux frontaliers ne pourront plus souscrire une assurance-maladie privée en France.

- Niveau de vie, chômage, insécurité. Annemasse est située en banlieue genevoise et cumule les difficultés : prix élevés des logements, gros écarts de niveaux de vie, une ville en manque d'identité, une mauvaise liaison avec Genève et une frontière zone de trafics de drogue, prostitution, insécurité. Le taux de chômage est très élevé (près de 16% de la population active contre un chiffre national à 9,8%). On compte près de 18.000 actifs dont 9.059 travailleurs frontaliers recensés et 2.800 chômeurs, dont une hausse de l'inactivité de très longue durée chez les séniors.

- L'endettement va-t-il se stabiliser ? La situation d'endettement de la ville semble bonne malgré un fort accroissement des investissements ces dernières années (piscine, Place de la Libération). La part par habitant est de 918,68 euros. La ville connaît des recettes plus élevées que des villes de même population grâce notamment au fonds genevois de 15,5 millions et les trois millions d'euros annuels du casino.

  1. Les enjeux

- La population en forte augmentation. La troisième commune de Haute-Savoie en nombre d'habitants a vu sa population gonfler : 26.204 habitants en 1982, 28.572 en 2006, 32.657 en 2011, 33.237 en 2013. L'INSEE explique même que 40% de la population supplémentaire de la Haute-Savoie entre 2006 et 2011 s'est concentrée dans la zone frontalière. On compte près de 1.200 commerçants et 400 PME-PMI. Le nombre d'habitants augmente mais la ville est-elle vraiment attractive ou est-ce une cité-dortoir?- La droite veut un second tour. L’enjeu pour l'opposition municipale est de provoquer un deuxième tour puisqu’en 2008 la gauche l'avait emporté dès le premier tour avec 52,65%. À l'époque, la droite s’était présentée divisée entre François Vigny (UMP) et Jean-Pierre Benoîst (divers droite). En 2014, le scénario a failli se répéter mais Anne Michel a décidé de retirer sa candidature. Certes, aux cantonales à Annemasse en 2011, la droite s'impose avec 71,34%, mais en 2012, c'est bien la gauche qui l'emporte à la présidentielle (51,77%) et aux législatives (53,73%).** - Le FN se présente . Absent en 2008, quelle sera la place du Front national ? Lors du premier tour des municipales en 2001 à Annemasse, la liste FN avait recueilli 9,47% et la liste MNR 6,97%. Quel sera son score dans quartiers sud, ancrés à gauche, comme le Livron.- Un scrutin national ?** L'adhésion au PS du maire sortant en cours de mandat pourrait être plus difficile à porter dans un contexte de mécontentement de la politique gouvernementale.