Politique

Municipales 2014 : zoom sur Annonay

Par Denis Souilla, France Bleu Drôme-Ardèche mardi 18 mars 2014 à 6:00

Olivier Dussopt, le maire d'Annonay
Olivier Dussopt, le maire d'Annonay © Maxppp

Les Annonéens avaient plébiscité Olivier Dussopt (PS) en 2008 dès le premier tour alors que deux listes -droite et gauche- se présentaient. Cette fois-ci, quatre listes en tout pourraient disperser les votes. Face au maire sortant, le 23 mars, les électeurs pourront aussi choisir le bulletin de Claude Faure (divers droite), Isabelle François (divers droite) ou Patrice Frappat (Front de gauche).

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

- Olivier Dussopt : le maire socialiste sortant a 35 ans et est élu depuis 2008. Député, il était d'ailleurs le benjamin de l'Assemblée lors de son élection en 2007. Durant son parcours, il fut collaborateur de maires ou parlementaires. Au PS, c'est un proche de Martine Aubry. Le programme de sa liste "Annonay avance" se place "dans la suite (du) premier mandat" . Le maire se félicite de ne pas avoir "augmenter les impôts communaux" , d'avoir "baisser la dette de la ville de 33%" avec des "investissements de 4,8 millions d'euros par an" comme la rénovation de la Place des Cordeliers. Il veut créer "un parking de 80 places rue Boissy d'Anglas" , "installer un ascenseur urbain entre l'avenue de l'Europe et le Champ de Mars" , "augmenter le nombre de places en crèches" et "renforcer les effectifs de la police municipale" sans insister sur l'installation de caméras vidéo.[- Claude Faure ](http://annonay-en-mouvement.fr/) : il a 73 ans et mène la liste "Annonay en mouvement", liste sans étiquette, divers droite. C'est un ancien maire d'Annonay de 1986 à 1997. Il a évolué dans l'hôtellerie et a quitté un temps la commune pour la Côte-d'Azur. Il dit aujourd'hui revenir à ses racines dans la ville où il a dirigé le club de football. Il prône une "baisse raisonnée" des impôts locaux grâce à "des économies liées au coût de fonctionnement" . "Annonay va mal" , selon lui, il faut donc "un maire expérimenté à plein temps" face à un élu qui part à Paris. Il veut créer "un Club des Entrepreneurs" pour "la sauvegarde de l'emploi sur le bassin annonéen" . Il est favorable à la "vidéo protection" , à un nouveau "le plan de circulation" et souhaite créer "un nouveau quartier sur le site de Faya" . Ce chiraquien, ancien RPR, rejette toute alliance avec Isabelle François au second tour, s'il y en a un.[- Isabelle François ](http://www.annonaypourtous.fr/) : cette candidate a 44 ans, elle est opticienne à Annonay et conduit la liste divers droite "Annonay pour tous". Ce rassemblement se veut apolitique, "ni gauche, ni droite ", même si Isabelle François fut candidate Front national aux législatives en 2012. Dans son programme, elle ne veut pas de hausse de la fiscalité locale et avance des propositions autour de l'économie du tourisme avec un "pôle culturel et touristique" au Faya avec une "Maison de la Montgolfière" . Dans le chapitre sécurité, il est évoqué le "renforcement des effectifs de police municipale" et de "nouveaux règlements municipaux (propreté, mendicité) et l'installation de caméras de surveillance aux endroits stratégiques" . Isabelle François propose également "une culture plus ouverte et moins sectaire" .

- Patrice Frappat : il a 55 ans, est professeur d'éducation physique au Collège Les Perrières à Annonay, et conduit la liste "Annonay à gauche" soutenue par le Front de gauche (PCF, Parti de gauche) et Europe Écologie-Les Verts. Conseiller municipal sortant dans la majorité, il se présente face à Olivier Dussopt pour réclamer un tournant à gauche, déçu par la politique gouvernementale. Le programme s'articule en huit axes sur la "démocratie participative" , la "qualité de vie" , "l'intercommunalité pour tous" , la défense des services publics, la solidarité ou la "vie culturelle, sportive et sociale" . La liste réclame plus de solidarité inter-générationnelle et d'accessibilité pour les personnes handicapées, des parcours cyclistes et un acsenceur Faya-Champ de Mars ou la "gratuité des transports bus" . La sécurité ne passe pas par les caméras mais par le lien social et la prévention, le maintien de la sécurité par la police relève d'abord de l'État. Le candidat annonce aussi la création d'un "gymnase multi-activités ."

  1. Les points chauds de la campagne

La redynamisation du centre et la rénovation des quartiers. Que faire de la friche industrielle de Faya ? Et au-delà de cette question c'est bien l'attractivité économique qui est soulevée. La commune, géographiquement enclavée, a été très touchée par la crise de 2008, les difficultés de l'industrie papetière et des tanneries ont fragilisé l'économie et les commerces. Des travaux ont déjà été engagés (Place des Cordeliers) mais la rénovation de quartiers comme celui du Zodiaque est toujours d'actualité.

L'emploi. Fin 2013, près de 3.050 personnes étaient enregistrées au Pôle Emploi d'Annonay. L'activité saisonnière est très preignante sur le bassin annonéen. La commmune cherche à attirer des franchises nationales.

La population diminue. L'attractivité démographique cette fois : comme à Aubenas, Le Cheylard ou Privas, la population annonéenne diminue. On comptait 19.482 habitants en 1982, 17.088 en 2006, 16.445 en 2011, selon l'INSEE. La commune reste la plus peuplée d'Ardèche mais "elle perd des habitants au profit de la Vallée du Rhône" .

  1. Les enjeux

La gauche semble implantée.  Olivier Dussopt a été élu dès le premier tour avec 68,90% des suffrages en 2008 et a fait basculer Annonay à Gauche. Deux listes à l'époque se présentaient. Depuis six ans, la majorité dispose donc de vingt-cinq sièges sur trente-trois. Cependant, Annonay a connu une succession d’alternance politique ces vingt-cinq dernières années. Les scrutins intermédiaires ont confirmé un ancrage à gauche. En 2011, aux cantonales à Annonay-Nord, victoire du PS avec 61,60%, et à Annonay-Sud même chose avec 65,19%. En 2012, Annonay choisit François Hollande comme président de la République à 58,20% et reconduit Olivier Dussopt à 63,19%. Ces scores seront-ils affaiblis par l'impopularité actuelle du chef de l'État et du Premier ministre ?