Politique

Municipales 2014 : zoom sur Avallon

Par Damien Robine et Isabelle Gaudin, France Bleu Auxerre jeudi 13 mars 2014 à 6:00

Mairie avallon
Mairie avallon © Mairie d'Avallon

Trois candidats, trois hommes, convoitent le fauteuil de maire d'Avallon. Le maire sortant, Jean-Yves Caullet, brigue un troisième mandat sous la bannière socialiste. Il s'appuie sur son bilan pour se faire réélire. Face à lui, deux nouveaux visages de la politique avallonnaise : l'ancien sous-préfet Mourad Chenaf, chef de file d'une liste divers droite et Joël Riquier, candidat du Front national.

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

- Jean-Yves Caullet : à 57 ans, le maire socialiste sortant brigue un troisième mandat. Également député, il a constitué une équipe renouvelée : 13 nouveaux candidats sur la liste "Citoyens solidaires pour Avallon" qui en compte 29. La benjamine est lycéenne, elle a 18 ans, le doyen en a 75. Jean-Yves Caullet s'appuie sur son bilan pour faire campagne. Il est notamment très fier d'avoir fait aboutir le contournement d'Avallon qui sera opérationnel avant la fin de l'année.

- Mourad Chenaf : ce magistrat, leader de la liste divers-droite "Ensemble construisons un avenir pour Avallon", se présente pour la première fois à une élection. Sans étiquette, celui qui a été sous-préfet d'Avallon de 2008 à 2011, attaque régulièrement le maire PS sortant sur son bilan et joue la carte de la proximité. Mourad Chenaf estime que Jean-Yves Caullet n'est pas assez présent dans sa commune, appelé souvent à Paris pour son mandat de député.

- Joël Riquier : c'est la première fois qu'un candidat du Front national se présente à des municipales à Avallon. Joël Riquier n'est pas un inconnu. Cet ancien libraire avallonnais était déjà présent sur une liste en 2001, mais sous l'étiquette RPR. Son principal cheval de bataille : redynamiser le commerce de centre-ville. Il conduit la liste "Rassemblement Bleu Marine pour Avallon".

  1. Les sujets chauds de la campagne

La fiscalité locale. C'est l'un des grands thèmes de la campagne. Les deux adversaires du maire sortant estiment que les Avallonnais croulent sous les impôts locaux. Le candidat sans étiquette Mourad Chenaf parle même de "matraquage fiscal" sur son site internet. Les deux candidats veulent les faire baisser de 15%. De son côté, le maire sortant se félicite d'avoir stabilisé les taux d'imposition depuis deux ans. Et Jean-Yves Caullet s'engage à ne pas les augmenter cette année encore. L'emploi. Avallon perd ses jeunes. Les emplois à pourvoir sont pour beaucoup non qualifiés. Le cheval de bataille partagé par les trois candidats à la mairie, c'est d'attirer des entreprises à forte valeur ajoutée. Par ricochet, cela permettrait de faire revenir à Avallon les jeunes diplômés. Le logement. La ville souffre d'un déficit de logements. Le maire sortant, Jean-Yves Caullet, annonce une nouvelle offre dans le quartier de la gare. Il se félicite du programme de rénovation urbaine mené dans le quartier de la Morlande et annonce qu'il favorisera la réhabilitation de l'habitat ancien en centre-ville. Redynamiser le centre, c'est un des mots d'ordre de ses adversaires aux municipales. Le candidat frontiste, Joël Riquier estime par exemple que ça passe par un coup de pouce aux commerçants.

  1. Les enjeux

La ville perd des habitants. Avallon comptait 8.200 habitants en 1999 contre 7.200 aujourd'hui. La commune a perdu un millier d'habitants ces quinze dernières années. La question de l'attractivité démographique et économique de la ville est donc posée. Y-aura-t-il un second tour ? Le maire PS sortant aura sans doute du mal à renouveler sa prouesse de 2008. Jean-Yves Caullet avait été élu dès le premier tour avec 66% des voix. Il avait alors un seul candidat en face de lui, Jean-Yves Jourdain, chef de file d'une liste majorité-centristes. Pour autant, les pronostics sont favorables à Jean-Yves Caullet. Il a face à lui un candidat divers-droite, Mourad Chenaf, qui se présente comme le candidat de la proximité. Mais Patrick Desaint, l'autre candidat qui devait mener une liste à droite s'est vu radier des listes électorales à Avallon en janvier dernier. Et depuis, le candidat malheureux accuse Mourad Chenaf de manœuvre politique. Il appelle à voter blanc le 23 mars. Enfin, la nouvelle donne de ce scrutin, c'est l'entrée en lice d'un candidat FN, une première dans l'histoire d'Avallon. À la présidentielle de 2012, Marine Le Pen avait recueilli plus de 20% des suffrages des Avallonnais. Inutile de dire que le score de la liste de Joël Riquier sera scruté de près pour ces municipales.

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