Politique

Municipales 2014 : zoom sur Échirolles

Par Laurent Gallien et Denis Souilla, France Bleu Isère lundi 17 février 2014 à 6:00

Renzo Sulli échirolles
Renzo Sulli échirolles © Maxppp

La commune est une place forte du Parti communiste dans la ceinture grenobloise, détenue sans interruption par le PCF depuis l'après-guerre. Très urbaine et plus touchée par le chômage que le reste du département, elle pâtit d'une mauvaise image liée aux faits de violence dans certains quartiers. C'est sur ce terrain que le Front National, absent en 2008, espère réaliser un bon score.

  1. Les candidats

- Laurent Berthet : il est actuellement deuxième adjoint en charge de la prévention, l'insertion et la formation professionnelle. En première position sur la liste "Échirolles c'est vous", l'élu PS rallie à ses côtés des représentants d'Europe Écologie-Les Verts, du MoDem et du Réseau Citoyen Échirolles. Sur ses tracts, le candidat met en avant "une ville en transition" , "l'éducation et la réussite" et "la sécurité et la tranquillité publique" . Un rapprochement avec la liste du maire sortant entre les deux tours n'est pas exclue.

- Chantal Gomez : actuelle conseillère municipale Lutte Ouvrière, elle conduisait déjà une liste LO en 2008. Âgée de 57 ans, elle est employée dans la fonction publique et militante syndicale. Sur son blog, la candidate veut montrer "une opposition ouvrière au Gouvernement" puisque "la campagne des municipales est une campagne locale. (...) Le budget d’une ville dépend en grande partie des dotations de l’État" .

- Alexis Jolly : le candidat du Front National est en première position sur la liste "Échirolles Bleu Marine" qui compte 39 noms. Il a sa carte FN depuis 2009  et est secrétaire départemental de la section jeunes. Parmi ses propositions, il souhaite augmenter les effectifs des policiers municipaux, baisser les impôts, revoir les subventions municipales du secteur associatif.

- Renzo Sulli : le maire communiste sortant est aussi premier vice-président de la Communauté d'agglomération de Grenoble. Il a 64 ans et conduit la liste "Vivre Échirolles" aux côtés du Parti de Gauche, du Mouvement Républicain et Citoyen, du Parti Radical de Gauche, soutenu par Génération Écologie. Il avait pris la suite de Gilbert Biessy, à mi-mandat, en 1999 et espère une deuxième réélection. Il fait figure de favori après son élection dès le premier tour avec 56,79% des suffrages exprimés en 2008.

- Magalie Vicente : conseillère municipale UMP dans l'opposition, 37 ans, elle est en tête de la liste "Échirolles pour la vie" qui souhaite "rassembler la doite et le centre" .  Ses thèmes de campagne : la transparence, la sécurité, les rythmes scolaires, la solidarité. Aux dernières législatives en 2012, elle a tâclé Renzo Sulli en le devançant sur la deuxième circonscription (18,77% contre 16,38%) mais pas sur la commune d'Échirolles où elle réalise 16,43% contre 27,46% pour le maire PCF.

  1. Les points chauds de la campagne

- La sécurité : Vols, bagarres, règlements de compte, trafics en tout genre dans les quartiers, le thème sécuritaire constituera sans doute le premier évoqué dans la campagne. Sans compter la place, les effectifs et l'équipement de la police municipale qui passionnent les débats. Le FN réclame un " éclairage de la voie publique repensé (...), l'installation de caméras de vidéo-protection" . L'UMP dénonce l'inefficacité des Conseils Locaux de Sécurité e t de Prévention de la Délinquance (CLSPD) alors que des commerçants sont victimes de braquages à répétition. En mars 2013, le Gouvernement a inclu la Villeneuve d'Échirolles dans une Zone de sécurité Prioritaire (ZSP).

- Les quartiers, la qualité de vie : y'a-t-il une indentité forte dans cette commune où les immeubles ont poussé comme des champignons dès les années 1960 ?  Le centre-ville a été rénové au début des années 2000 et des étudiants et habitants expliquent que "ça ne bouge pas beaucoup" . D'autres veulent oublier l'image pas toujours reluisante qu'ont toujours certains quartiers comme le Village II, les Essarts, la Luire ou celui des Granges : "parcs, crêches, commerces, on ne manque de rien" mais il y encore à faire pour "certains jeunes en bas des tours" . Dans le vieux quartier de la Viscose, les plus anciens de la cité ouvrière aimeraient bien voir des "foyers pour les personnes âgées" .

- Le chômage : la commune compte 40% de logements sociaux, une population plutôt jeune et un taux de chômage beaucoup plus élevé que la moyenne départementale : il est de 8,7% de la population active en Isère quand il avoisine 30% à la Villeneuve d'Échirolles, quartier où 38% des habitants ont moins de 20 ans.

  1. Les enjeux

  • 7000 habitants en 1962 et désormais troisième ville de l'Isère, Échirolles affiche près de 36.000 habitants (36.112 en 2006 ; 35.954 en 2009 ; 36.298 en 2011) derrière Grenoble et Saint-Martin-d'Hères. En banlieue grenobloise, à forte densité, elle compte près de 4537 hab./km² avec une population en légère hausse. - La commune est un bastion du PCF depuis 1945. Il y a six ans, les Échirollois avait le choix entre cinq listes. Même nombre cette année mais cette fois le Front National pourrait bien bousculer le scrutin. En Isère, le FN sera présent dans six autres villes : Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Voiron, Vienne, Fontaine et Saint-Martin-d'Hères. À Échirolles, le parti d'extrême-droite a obtenu de bons scores en 2012 lors des dernières législatives, en quatrième poisition, derrière le maire sortant : 16,14% contre 16,38% soit 102 voix d'écart.

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