Politique

Municipales 2014 : zoom sur Grenoble

Par Véronique Pueyo et Virginie Salanson, France Bleu Isère lundi 10 février 2014 à 6:00

Michel Destot, maire sortant de Grenoble (PS) le 22 octobre 2013
Michel Destot, maire sortant de Grenoble (PS) le 22 octobre 2013 © Maxppp

Tout va changer à Grenoble. Michel Destot, le maire socialiste sortant, ne brigue pas de 4e mandat. Il sera en revanche sur la liste de Jérôme Safar, tout comme l'autre ancien maire emblématique de Grenoble, Alain Carignon, sur la liste de l'UMP Matthieu Chamussy. Mais la droite et la gauche partent divisées alors que le Front national n'a jamais été en aussi bonne posture depuis près de 20 ans.

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

- Lahcen Benmaza : (sans étiquette) il se réclame indépendant, sans étiquette, et a 27 ans. Il avait déjà été candidat aux législatives de 2012 et avait recueilli 0,55%. Il a créé son parti : le Mouvement Citoyen et Solidaire et dirige la liste "Grenoble en valeur". Son programme décline huits thèmes parmi lesquels la "politique transparente" , "jeunesse et éducation" ou "solidarité". ** - Denis Bonzy* : (DVD) à 58 ans, cet ex-directeur de cabinet d'Alain Carignon a été candidat aux primaires UMP. Déçu, il a décidé de monter une liste société civile baptisée "Nous citoyens". Fondateur du think tank "Club 20", il veut "formuler des propositions différentes sur l’évolution de l’agglomération* ". 

- Catherine Brun : (Lutte Ouvrière) elle devrait conduire la liste de LO aux municipales de Grenoble, le parti l'a annoncé début février dans un communiqué.

- Matthieu Chamussy : (UMP-UDI) chef de file de l'opposition municipale, il a été désigné par les instances nationales de l'UMP après un an de guerre fratricide. Sur sa liste "Croire en Grenoble", figure notamment Alain Carignon, en 9e position.

- Maurice Colliat : (Parti Ouvrier Indépendant) Il cponduit la liste "Unité pour la défense des droits ouvriers et des services publics". Le POI se prononce notamment contre la loi qui "généralise l’intercommunalité forcée et instaure les métropoles (...) pour organiser la concurrence entre les territoires, en privatisant les services en les livrant à l’exploitation des grands groupes du CAC 40" .

- Philippe de Longevialle : (centre, sans étiquette) cet adjoint à l'urbanisme de Michel Destot, âgé de 51 ans, se présente sans investiture, mais comme le candidat du centre. Il a notamment été président départemental du MODEM en Isère, avant d'en être exclu.- Mireille d'Ornano : (FN) secrétaire départementale du FN de l'Isère, Mireille d'Ornano était membre du RPR dans les années 1980 avant de rejoindre le Front national. Âgée de 61 ans, elle est en charge du recouvrement chez MT2I (Médecine du Travail Interentreprises de l’Isère).

[- Éric Piolle ](http://unevillepourtous.fr/) : (EELV - Parti de Gauche – anticapitalistes) à la tête de "Grenoble pour tous", large liste de rassemblement (écologistes, Parti de gauche et d'associations citoyennes), Éric Piolle, 41 ans, est ingénieur de formation. Ce Grenoblois d'adoption, militant, veut se poser en adversaire de la droite et en concurrent de la gauche.[- Jérôme Safar ](http://jeromesafar2014.fr/)  : (PS) premier adjoint actuel, c'est le successeur naturel de Michel Destot qui ne se représente pas après trois mandats. Jérôme Safar, 47 ans, est également président de GEG (Grenoble Gaz Electricité), vice-président de la Métro et président du groupe des élus socialistes au Conseil régional.

  1. Les sujets chauds de la campagne

La circulation. Grenoble, construite dans une cuvette et entourée de montagnes (Vercors, Chartreuse, Belledonne), n'a pas une grande marge de manœuvre pour limiter les embouteillages et la pollution. La question de la diminution des voitures en centre-ville se posera donc comme un élément majeur de la campagne. Tout comme l'augmentation de l'offre de transports en commun (actuellement, il n'y a plus de bus après 21 heures en ville) ou le bilan des travaux de la nouvelle ligne de tramway.

L'aménagement urbain. il semble difficile, voire impossible, pour les candidats de proposer un plan d’aménagement urbain cantonné à la ville, sans rendre en compte la métropole et l'agglomération. Cette question, tout comme celle de la sécurité publique, relevant de plus en plus du domaine des collectivités. 

L'insécurité. Les vols à main armée ont augmenté de 14% en 2013, avec plus d'une centaine sur l'agglomération l'an dernier.Les cambriolages restent également un problème majeur, avec 14 cambriolages par jour, malgré une diminution de 10% due, selon le procureur de la République de Grenoble, à la fermeté des peines. 

  1. Les enjeux

Les deux principaux prétendants à la mairie de Grenoble, Jérôme Safar (PS) et Matthieu Chamussy (UMP), se présentent et s'affrontent pour la première fois, Michel Destot, maire depuis 1995, ne se représentant pas. Chacun devra gérer sa campagne avec une multiplication des candidatures dans son camp.

A l'UMP, des primaires devaient départager les prétendants, dont Alain Carignon, Matthieu Chamussy et Denis Bonzy. Mais l'affaire a viré au psychodrame et s'est soldée par une désignation directe de Matthieu Chamussy par les instances nationales, Alain Carignon étant imposé sur sa liste et Denis Bonzy créant sa propre liste.

A gauche, Jérôme Safar rassemble derrière lui le Parti Socialiste et les communistes, mais se voit fragilisé par la candidature de l'écologiste Éric Piolle. Sa liste rassemble le Parti de Gauche, les Verts et des associations citoyenne. Un attelage atypique qui, à Grenoble, pourrait bien fonctionner. Enfin, le Front national s'invite dans le débat. Le parti d'extrême droite (qui n'avait présenté aucune liste aux dernières élections municipales) présente cette fois sept listes en Isère, dont une à Grenoble. Le FN part donc plus confiant, fort des scores de 2012 dans le département :18,82 % en Isère contre 17,90 % au national pour l'élection présidentielle.