Politique

Municipales 2014 : zoom sur Hénin-Beaumont

Par Eric Turpin, France Bleu Nord vendredi 7 mars 2014 à 6:00

L'hotel de ville de Hénin-Beaumont
L'hotel de ville de Hénin-Beaumont © Patrick James - MaxPPP

La ville de Hénin-Beaumont, historiquement ancrée à gauche, va-t-elle tomber entre les mains du FN ? Steeve Briois, son candidat, espère cette fois l’emporter face à Eugène Binaisse, le maire sortant divers gauche, qui brigue un nouveau mandat mais qui a sur sa route deux autres candidats de gauche dont l’ancien maire de la ville, Gérard Dalongeville.

Municipales 2014 - les candidats - infographie - Radio France
Municipales 2014 - les candidats - infographie © Radio France
 

Eugène Binaisse , le maire sortant divers-gauche, 74 ans, est candidat à sa succession. C’est un ancien principal de collège à la retraite. Il a fait sa carrière dans l’Education nationale. Il est maire d’Hénin-Beaumont depuis 2010 à la suite de la démission de Daniel Duquenne, qui lui-même a succédé à Gérard Dalongeville, mis en cause dans une affaire de détournement de fonds public.

Steeve Briois , conseiller municipal d’Hénin-Beaumont depuis 1995 et secrétaire général du Front National. Il a 41 ans. Il se présente pour la cinquième fois dans cette ville de 26 000 habitants. Selon un sondage, il a une chance de l’emporter.

Gérard Dalongeville , ancien maire de Hénin-Beaumont, 43 ans, élu en 2001 et exclu du PS parce qu’il se présentait face au maire sortant socialiste. Il a été condamné à trois ans de prison ferme pour détournement de fonds public. Il a fait appel de sa condamnation, ce qui lui permet de se représenter.

Georges Bouquillon , premier adjoint au maire sortant. Il a créé un groupe dissident au conseil municipal et il se présente sous l'étiquette du Mouvement Républicain Citoyen (MRC).

Jean-Marc Legrand : 54 ans. Il conduit une liste sans étiquette, soutenue par l'UMP. Il a été conseiller municipal de 1995 à 2001, maire adjoint de Gérard Dalongeville, mais également maire par intérim pendant six semaines après la révocation de celui-ci.

Municipales 2014 - les thèmes - infographie - Radio France
Municipales 2014 - les thèmes - infographie © Radio France
 

La dette et la fiscalité : la dette de la ville est importante. Elle atteignait près de 38 millions d’euros en 2012, ce qui représente 1439 euros par habitant. Les impôts locaux ont fortement augmenté ces dernières années. De quoi mettre en colère les habitants de la cité minière très touchée par le chômage. Steeve Briois propose de baisser les impôts locaux de 15% en réalisant des économies, ce qui attirera les entreprises. De son côté, Eugène Binaisse rappelle que depuis qu’il est maire, il a résorbé 12 millions d’euros de déficits et 10 millions de factures impayées.

La redynamisation du centre-ville : Steeve Briois veut augmenter le nombre de place de stationnement en centre ville et créer des manifestations qui amèneront du monde. Il veut revoir le plan de circulation, améliorer les dessertes des bus Tadeo. Il est farouchement contre le projet d’extension de la galerie marchande du centre commercial de Noyelles-Godault.

La sécurité : Steeve Briois dénonce l’augmentation de l’insécurité et de la délinquance. Le candidat du Front National a des solutions : installation de caméras de vidéosurveillance, mise en place l’ilotage des quartiers et redéfinir les missions de la police municipale. De son côté, Georges Bouquillon, candidat du MRC, souhaite aussi le renforcement de la vidéosurveillance. Il veut revoir l’organisation de la police municipale le week-end. Eugène Binaisse, le maire sortant, rappelle que la police municipale a été renforcée, un ilotage mis en place le matin et le soir. Et des caméras de vidéosurveillance ont commencé à être installées.

Municipales 2014 - les enjeux - infographie - Radio France
Municipales 2014 - les enjeux - infographie © Radio France
 

Le Front National espère l’emporter dans cette ville historiquement à gauche. Depuis l’implantation de Marine Le Pen en 2007, il n’a cessé de gagner du terrain. Le Front National capitalise sur la désillusion des habitants.

L’ancien maire d’Hénin-Beaumont, Gérard Dalongeville, a été mêlé à plusieurs affaires de malversation. Il a été condamné en 2013 à trois ans de prison ferme pour détournement de fonds public.

Steeve Briois, le candidat FN, a été battu au second tour des municipales en 2001, 2008 et en 2009. Mais il lui manquait peu de voix pour ravir le fauteuil de maire au divers gauche Daniel Duquenne, qui démissionnera un an plus tard et cédera sa place à Eugène Binaisse.

Peu importe les sondages, le conseiller municipal Front National s’appuie sur les résultats des dernières élections pour espérer l’emporter. Lors des cantonales de 2011, par exemple, Steve Briois a obtenu 51,73% des voix sur Hénin-Beaumont, écrasant ses adversaires.

Lors des élections législatives de 2012, Marine Le Pen a dépassé 49% dans la circonscription. Elle a atteint 55,14% sur la ville d’Hénin-Beaumont.

Le Front National semble avoir un boulevard devant lui. Steeve Briois a face à lui trois candidats à gauche et un candidat soutenu par l’UMP. Mais la droite ne pèse pas beaucoup à Hénin-Beaumont. Elle est quasi inexistante.

A gauche, les candidatures se multiplient au sein de la majorité. Le maire sortant divers gauche, Eugène Binaisse, trouve sur son chemin son premier adjoint George Bouquillon.

Gérard Dalongeville met de l’huile sur le feu. L’ancien maire d’Hénin-Beaumont a fait appel de sa condamnation et il se représente. En revanche, David Noël, le candidat du Front de Gauche, s’est décidé à rallier la liste du maire sortant Eugène Binaisse.

Le candidat soutenu par l’UMP, Jean Marc Legrand, peut espérer faire mieux que Nesrédine Ramdani, candidat de droite qui avait fait moins de 5% à Hénin-Beaumont lors des élections municipales de 2009.

Elections municipales de 2009 à Hénin-Beaumont | Create Infographics

La carte postale de Hénin-Beaumont