Politique

Municipales 2014 : zoom sur Joigny

Par Denis Souilla et Delphine Martin, France Bleu Auxerre jeudi 20 mars 2014 à 6:00

Bernard Moraine maire Joigny
Bernard Moraine maire Joigny © Emmanuel Robert-Espalieu

2014 sera-t-elle plus calme que 2008 ? Le scrutin -invalidé- avait vu la défaite surprise de Philippe Auberger. Bernard Moraine (divers gauche), le maire sortant, se présente face à deux listes divers droite : Isabelle Bourassin-Lange et François Jacquet qui n'ont pas réussi à unir leurs forces. Claude Dassié est associé au FN. L'attractivité de la commune semble centrale dans le débat.

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

- Isabelle Bourassin-Lange : la candidate divers droite a 54 ans et mène la liste "Joigny Passionnément". Elle exerce en tant que courtier en assurance. Elle est une des cinq conseillers municipaux d'opposition et était adjointe et proche de l'ancien maire Philippe Auberger. Elle dénonce "l'augmentation de la fiscalité" communale et préfère une "gestion saine, faite en bonne mère de famille" . "C'est dur de gagner de l'argent mais facile de le dépenser" , ajoute-t-elle. Elle compte rendre la ville plus attractive et donc "l'économie suivra" . La candidate dit pouvoir "baisser les impôts en faisant des économies" . Pour améliorer la sécurité, elle veut "remettre la lumière dans tous les quartiers" , "réorganiser la police" . Parmi les projets culturels, le programme évoque un "parc d'accro-branche et un parc animalier" .

- Bernard Moraine : le maire sortant a 59 ans et mène la liste "Joigny continuons ensemble", une liste divers gauche soutenue par le PS-PC. Parmi les colistiers, en numéro trois, figure Nicolas Soret, le secrétaire départemental du PS dans l'Yonne et président de la Communauté de communes du Jovinien. Le candidat est issu du milieu associatif et a été conseiller municipal d'opposition avant d'être élu en 2008. Il souhaite "aménager les berges de l'Yonne avec un chemin piétonnier" , "réaménager le quartier de la gare" , "rénover le quartier de La Madeleine" . D'ici 2020, et pour l'emploi et le commerce, il propose un "hôtel pépinière d'entreprises" ou utiliser le "droit de préemption des communes sur les fonds de commerces" . Il propose aussi "des caméras de vidéoprotection" et "des moyens supplémentaires à (la) police municipale" qui compte aujourd’hui six agents.

- François Jacquet : sa liste "Joigny 2014" se veut "divers droite", même si elle est soutenue par l'UMP. Le candidat de 74 ans est aussi membre de l'UMP. Il a été conseiller municipal d'opposition jusqu'en 2009 et a été choisit après des "primaires citoyennes" . Au cours de son parcours, il fut élu local, militaire, juge de tribunal de commerce, désormais retraité. Son projet se décline en dix thématiques : culture, social, urbanisme, sport, tourisme. Concernant la fiscalité, il s'engage à "maîtriser les dépenses de fonctionnement" et "ne pas augmenter les impôts en 2014" . Le volet sécuritaire passe par deux mesures phares : augmenter "les effectifs de la police municipale" et la "vidéo ‐protection développée dans la ville" .  Dénonçant dans son programme le manque d'attractivité de la commune, il souhaite être "le réveil de Joigny" .

- Claude Dassié : le candidat de 76 ans mène la liste "Joigny Bleu Marine", soutenue par le Rassemblement Bleu Marine. Le candidat est membre du SIEL, micro-parti associé au Front national. Il a trois priorités. Tout d'abord, "baisser les impôts" en faisant un "audit complet des finances" , confier aux employés municipaux des travaux sous-traités et veut aussi "abaisser l'amende de stationnement de 17 à 11 euros" . Deuxième point : la sécurité. Claude Dassié propose de "généraliser la vidéo-protection" , "refuser le nomadisme" , "augmenter les effectifs de la police municipale" et instaurer aussi des patrouilles nocturnes pour "prévenir les cambriolages et agressions" . Enfin, pour soutenir le commerce et l'emploi, il entend "favoriser les producteurs locaux" et négocier "pour abaisser la CFE" .

  1. Les points chauds de la campagne

Le budget, la fiscalité. Les impôts ont augmenté de 26% depuis 2001. Tous les opposants à l’actuelle majorité annoncent donc qu’ils vont les baisser puisque la fiscalité aurait bondit de façon déraisonnable. Le maire sortant, qui ne s’engage pas sur une baisse, explique que l’endettement de la commune était important lors de sa prise de fonction en 2009, une situation due à la gestion précédente.

Le commerce et le cadre de vie. Le centre-ville peine à trouver un dynamisme économique, les rideaux se baissent. Quelles seront les propositions qui arriveront à soutenir et relancer le commerce ? Joigny est-elle encore attractive pour les entreprises ? La ville est historique, l’habitat ancien : comment le valoriser et échapper aux coûts de rénovation importants ?

La sécurité. Le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) annonce une baisse de 40% de la délinquance de proximité et un recul de 38% des cambriolages à Joigny pour les onze premiers mois de 2013 par rapport à l’année précédente. Y-a-t-il alors un problème d’insécurité ? Le quartier de La Madeleine est-il un "quartier à problèmes" comme l’évoquent certains candidats ?

La démographie. La commune perd des habitants. Les Joviniens étaient 10.790 en 2006, 10.767 en 2009 et 10.454 en 2011, selon l'INSEE. La commune, entre Auxerre et Sens, peut-elle attirer des jeunes, des familles et nouveaux habitants ?

  1. Les enjeux

La commune est-elle ancrée à gauche ? Joigny est tout juste sortie de cinq mandats à droite avec Philippe Auberger, figure historique, maire de 1977 à 2008. Il y a six ans, il est battu par deux candidats. Bernard Moraine l'emporte avec deux voix d'avance (31,49%). Cette victoire surprise fut vite annulée par le Conseil d'État, la campagne ayant été entâchée par un corbeau qui dénoncait les mœurs du maire sortant. En 2009, Bernard Moraine et sa liste de gauche l'emportent plus largement avec 65,1%. Lors de la présidentielle de 2012, Joigny choisit Nicolas Sarkozy (51,71%) mais choisit le PS au légistaltives (50,93%). La gauche est récemment installée mais elle avance unie avant le premier tour, à l'inverse de la droite qui prend le risque d'une dispersion des voix.

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