Politique

Municipales 2014 : zoom sur Le Mans

France Bleu jeudi 13 février 2014 à 17:20

La ville du Mans est administrée depuis 37 ans par la gauche. Le maire socialiste sortant Jean-Claude Boulard vise un troisième mandat. Pas moins de huit listes sont sur les rangs pour ces municipales au Mans, dont cinq à gauche. A droite, le candidat initialement investi par l'UMP a été débarqué à quelques semaines du premier tour et a choisi de se maintenir.

1- Les candidats

Le conseil municipal est composé de 55 membres, maire inclus.

  • Le maire sortant est le socialiste Jean-Claude Boulard, élu maire pour la première fois en 2001, réélu dès le premier tour en 2008 avec 58.9% des suffrages. Il préside la communauté urbaine (aujourd’hui Le Mans Métropole, 14 communes) depuis 1983. Il a également été conseiller général de la Sarthe, de 1976 à 2001, et député de la Sarthe, de 1988 à 1993 et de 1997 à 2002. Il est marié et père de trois enfants. Il est né le 28 mars 1943. Il a présenté sa liste ("Le Mans pour Tous") en janvier 2014 . Il a déjà rallié les écologistes et les historiques du PC.

    Alain Pigeau : investi en juin 2013 par l’UMP pour mener la bataille des municipales, il scelle l’alliance avec l’UDI en janvier. Il est débarqué en février 2014 par l’UMP car sa liste fait la part trop belle aux centristes. Alain Pigeau est avocat au Mans, conseiller municipal d’opposition depuis 1995. Il est marié et père de cinq enfants. Il est né le 13 août 1948. Depuis son éviction, il se présente comme « le candidat de la droite républicaine et du centre ». Après la perte de l’investiture UMP, il a du reconstruire une liste ("Ensemble, redynamisons Le Mans"). 

Christelle Morançais : elle succède le 6 février à Alain Pigeau comme tête de liste pour l’UMP. Elle est née le 28 janvier 1975, elle est mariée et mère de trois enfants. Elle n’a jamais exercé de mandat politique. Elle est chef d’entreprise.

Ariane Henry , Liste "Le Mans, renouveau citoyen". Elle est membre du parti communiste français, elle a 43 ans, elle est professeur de sciences économiques et sociales. Elle conduit la liste du Front de gauche, dont les militants ont fait le choix de l’autonomie / PS pour le 1er tour. La mouvance dite « progressiste » est importante au Mans (héritage de Robert Jarry, maire du Mans pendant 24 ans (1977-2001), ancien 1er secrétaire du PC en Sarthe et exclu du parti en 89 pour avoir refusé de céder la place au candidat voulu par Georges Marchais)

- Louis Noguès, "Le Mans Bleu Marine". Il est Chirurgien-dentiste à la retraite. Il assure que sa liste est complète mais ne la déposera qu’au dernier moment pour "éviter les pressions sur ses colistiers ". Le maire du Mans Jean-Claude Boulard a porté plainte contre lui en janvier, l’accusant de "relayer la rumeur du 9-3".

  • Yves Cheere, Lutte ouvrière. Il est ouvrier chez Renault. Il était déjà candidat en 2008.  

Michel Pézeril, Liste APS "Alternative, progressiste, solidaire". Candidat malheureux à l’investiture socialiste en octobre (il s’était présenté à la surprise générale), il a depuis démissionné du PS. Cet enseignant-recherche à la retraite se pose avant tout comme opposant à Jean-Claude Boulard, dont il critique l’exercice du pouvoir "concentré entre les mains d’un seul homme" : "cinq mandats de président de la métropole et deux mandats de maire, ça suffit ".  

Le Parti ouvrier indépendant constitue également une liste. Elle sera emmenée par Pascal Le Port.

2-Le bilan et les enjeux

Le stade

MMArena : construit sur le modèle du partenariat public-privé (25000 places, 104 millions d’euros), le grand stade du Mans inauguré en janvier 2011 n’a plus de club de football résident depuis la mort du Mans FC. La Ville du Mans et le concessionnaire Vinci ont engagé des négociations pour revoir la convention qui fixe les modalités de financement. Les discussions devaient aboutir fin janvier au plus tard, mais on ne devrait finalement pas en connaître le résultat avant les élections. 

Combien le stade coûtera-t-il au contribuable manceau ?

Il s’agit non seulement de compenser le manque à gagner pour Vinci (les loyers qui auraient été payés par Le Mans FC s’il n’avait pas disparu), mais aussi soutenir la reconstruction du foot professionnel au Mans. Jean-Claude Boulard ne manque jamais de rappeler que le projet MMArena a été voté en conseil municipal par son adversaire de droite, Alain Pigeau. Le Front de gauche estime de son côté qu’il est possible de casser la convention avec Vinci. 

La fiscalité

Une question liée à celle du stade, même si pour le maire sortant, l’état actuel des finances de la ville permet de tabler sur 1% d’augmentation annuelle, pas plus. Du côté d’Alain Pigeau, c’est la promesse de ne pas du tout augmenter les impôts qui est mise en avant. Le Front national fait la même promesse, estimant qu’il y a des sources de financement à chercher dans la suppression de subventions « à des associations ». 

Le tram

C’est l’une des réussites de Jean-Claude Boulard. Après une première ligne mise en service juste avant les municipales de 2008, le chantier de la deuxième ligne se termine. Mise en service prévue après l’été. L’autre chantier emblématique de la mandature est celui du nouvel espace culturel des Quinconces, en plein cœur de ville : un théâtre et un multiplexe Pathé de 11 salles dont l’ouverture est prévue fin avril-début mai. Selon Jean-Claude Boulard, "le temps des grands travaux est terminé ".L’attractivité

Très bien desservie par les autoroutes et par le rail, la ville met en avant des prix de l’immobilier parmi les plus bas du grand Ouest et sa qualité de vie pour attirer de nouveaux habitants et des entreprises. Mais elle a encore du mal à vendre son image, souvent cantonnée au pot de rillettes et aux bolides des 24 heures. Depuis 1989, Le Mans est à 55 mn de Paris par le TGV. Un millier de Sarthois font la navette tous les jours depuis la gare mancelle. L’un des enjeux de la mandature sera la garantie de la desserte TGV du Mans après la mise en service de la future LGV Bretagne-Pays de la Loire, qui va contourner la capitale sarthoise pour mettre Rennes à 1h30 de Paris. L’engagement est pris jusqu’en 2017 pour qu’il y ait au moins autant d’arrêts en gare du Mans qu’à l’heure actuelle. Mais après ?