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Municipales 2014 : zoom sur Montélimar

Par Nathalie Rodrigues et Denis Souilla, France Bleu Drôme-Ardèche mardi 11 mars 2014 à 6:00

Franck Reynier Montélimar
Franck Reynier Montélimar © Maxppp

Trois candidats, trois hommes, convoitent le fauteuil de maire de Montélimar. Le maire sortant, et député, Franck Reynier, se présente sous l'étiquette UMP-UDI et se positionne en homme implanté. Face à lui, deux nouveaux visages de la vie politique montilienne : le socialiste Johann Matti, à la tête d'une liste de rassemblement de la gauche, et Julien Rochedy du Front national.

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

- Johann Matti : il a 38 ans et conduit "Montélimar vous appartient", une liste d'union PS-MRC-EELV-PCF-PRG. Il a effectué de nombreuses missions humanitaires à l'étranger, aujourd'hui enseignant à l'École de Commerce de Valence et entrepreneur. Sa candidature a été surprise puisqu'étaient plutôt pressenties deux figures de la gauche montilienne : la chevenementiste Catherine Coutard ou la socialiste Anne-Marie Rème Pic. Toutes deux étaient candidates en 2008 et cette fois elles figurent parmi les colistiers comme cinq autres des neuf conseillers d'opposition sortant. Dans son programme, le candidat s'engage au non cumul des mandats, à "recruter dix nouveaux policiers municipaux" . Il propose aussi d'étendre la "gratuité du Montélibus" et des pistes cyclables pour "relier tous les établissements scolaires" . Pour l'emploi et le commerce : une heure de parking gratuit lors d'achats en ville, "faciliter l’installation de pépinières d’entreprises (...)" , "recruter un city-coach, un manager pour faciliter la reprise de commerces et l’implantation de nouvelles enseignes locales et nationales en centre-ville" ou "mettre en ligne les offres d’emplois municipales" .

- Franck Reynier : le maire sortant a 48 ans est en poste depuis 2001 et brigue un troisième mandat. Informaticien de profession, député UDI depuis 2007, président de Montélimar Agglomération, il se pose en "homme d'expérience" dans le programme de sa liste "Continuons Ensemble" où l'on retrouve dix-sept conseillers municipaux de la majorité. Le candidat s'engage à poursuivre la stabilité des taux communaux, taxe d'habitation à 14,09% et taxe foncière à 20,54%. Il propose aussi d'"améliorer les conditions de circulation" en créant quatre giratoires, deux nouveaux parkings, "un nouveau pont sur le Roubion" , "poursuivre le contournement Nord-Est" ; il défend le projet de la "gare Montélimar TGV pour le développement économique et touristique" . Le maire sortant veut créer une "Zone Nord" avec "cinéma multiplexe, magasins culturels, bowling" , "développer la fibre et la 4G" et évoque "plus de 3.000 emplois crées sur le territoire en dix ans" . Côté sécurité, le programme met en avant "la lutte  contre les cambriolages" , "la vidéoprotection 7j/7 24h/24" , le "deploiement de la vidéoprotection dans les quartiers résidentiels " et l'"armement d’une partie de la police municipale" .

- Julien Rochedy : il a 26 ans, originaire de Tournon-sur-Rhône (Ardèche), est diplômé d'un master Relations internationales. Figure montante du FN, directeur du Front national de la Jeunesse, il a été un des conseillers politiques de Marine Le Pen pendant la campagne présidentielle de 2012. Il est le premier candidat du Front national aux municipales à Montélimar depuis 1995. Sa liste s'intitule "Montélimar pour vous" et il y propose de "baisser les impôts locaux" , "lutter contre les gaspillages, les dépenses fastueuses" , "consulter la population, y compris par l’organisation de référendums locaux" . Le jeune candidat souhaiterait mettre davantage en avant les "particularités culturelles provençales" avec une "revalorisation du centre-ville et de Saint-Martin" . Il promet "une politique sécuritaire implacable pour contrer les voyous et les délinquants" .

  1. Les points chauds de la campagne

Le développement économique. Franck Reynier a lancé le projet d'aménager une zone d'activités ludo-commerciales au Nord de la Ville. Johann Matti et Julien Rochedy y sont opposés. La gauche veut un "city coach" pour dynamiser le centre-ville ; le Rassemblement Bleu Marine préfère une association pour soutenir l'implantation ou la reprise de commerce dont beaucoup baissent le rideau.


La circulation, le stationnement. Les Montiliens sont confrontés à des bouchons et difficultés pour se garer près du centre-ville. Selon les candidats, il est question de parkings supplémentaires ou de revoir le nombre de voies et le sens de circulation, notamment sur la route de Marseille et Avenue d'Aygu.


La sécurité. Montélimar est équipé de quarante-quatre caméras  vidéo. Le maire sortant veut en installer quarante de plus et armer une dizaine des 32 policiers municipaux. Johann Matti propose d'en recruter davantage. Julien Rochedy veut constituer des brigades d'intervention rapide et une brigade cynophile la nuit.


Les impôts locaux. PS et UMP s'engagent à ne pas les augmenter. Le FN promet de les faire baisser.

  1. Les enjeux

- Plus de 7500 nouveaux habitants en trente ans. Montélimar est la deuxième ville de la Drôme avec 36.872 habitants. Ils étaient 29.161 en 1982, 33.924 en 2006 et 35.372 en 2011, selon l'INSEE. Rien qu'entre 1999 et 2011, la commune a gagné près de 4.000 habitants. Ce dynamisme démographique engendre ces difficultés de stationnement ou de circulation et ces débats autour de la construction ou l'agrandissement d'écoles, la rénovation ou la création de quartiers.

Montélimar, est-elle une ville ancrée à droite ? Maurice Pic (PS) a dirigé la ville pendant trente ans jusqu'en 1989. Depuis, se succèdent les maires de droite et du centre. En 2008, Franck Reynier est élu avec 52,07% au second tour face à une gauche divisée. La gauche l'emporte cependant en 2011 lors des cantonales (55,43% et 53,22%). Un an plus tard, la commune choisit Nicolas Sarkozy (52,02%) et Franck Reynier comme député (52,84%).

Quelle sera la place du FN ? Lors de la présidentille de 2012, Marine Le Pen atteint 21,02% des suffrages exprimés, et 14,77% aux légistaltives de la même année.

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