Politique

Municipales 2014 : zoom sur Rennes

France Bleu Armorique lundi 17 mars 2014 à 0:00 Mis à jour le lundi 17 mars 2014 à 6:00

L'hôtel de ville de Rennes
L'hôtel de ville de Rennes © D. Gouray/Ville de Rennes - Rennes Métropole

Le socialiste Daniel Delaveau ne brigue pas de second mandat. La députée PS Nathalie Appéré, ancienne première adjointe au maire, peut compter sur le soutien du Parti communiste, du Parti radical de gauche et de l’Union démocratique bretonne. La liste de gauche est favorite, mais l’opposition est en embuscade, et espère bien profiter de la fronde anti-Hollande.

Pour ces élections munucipales, 9 listes briguent la mairie de Rennes le 23 mars prochain.

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

PS/PRG/UDB : Nathalie Appéré , 38 ans, député d’Ille-et-Vilaine. Arrivée à Rennes en 1993 pour étudier à l’Institut d’études politiques (IEP), elle a été salariée de la mairie de Saint-Jacques, avant d’être nommée adjointe à la vie associative par Edmond Hervé en 2001. En 2008, elle a rejoint la liste de Daniel Delaveau. Ce qui fait dire à certains détracteurs qu’elle est une "pro" de la politique. Elle est décrite par ses colistiers comme "sérieuse et très travailleuse ", et conduit la liste "Rennes, créative et solidaire" .

UDI/UMP : Bruno Chavanat , 53 ans, conseiller municipal de l’opposition depuis 2008. Spécialiste du droit public, il est diplômé de l’ENA et exerce la fonction de Maître des requêtes au Conseil d’Etat. Il conduit aujourd’hui la liste "Osons Rennes". Centriste, il a rejoint l’UDI en octobre 2012, soutenu par le Modem. "Osons Rennes " est aussi le titre de son livre sorti en octobre 2012, dans lequel il stigmatise la toute-puissance de la "machine" PS.

Lutte ouvrière présente une liste menée par Valérie Hamon , 41 ans, conductrice de trains. Candidate en 2008, mais aussi aux législatives de 2007 et 2012.

Rennes AlternativeRémy Lescure , tête de liste, est actuellement élu dans l’opposition municipale. Il s'est associé avec le Parti pirate.

FN : Gérard de Mellon , 66 ans, est l’un des principaux cadres du Front national en Bretagne. Il se revendique Breton de souche et exerce la profession d’administrateur de société. Il s’était présenté aux législatives à Dinan, en 2012. Il avait réalisé 9,25% des voix. En 2008, il avait renoncé à se présenter.

Solidarité et Progrès : Alexandre Noury , 32 ans, il a déjà été candidat du parti de Jacques Cheminade aux élections régionales de 2010 et législatives de 2012. 

Rennes Bretagne Europe : Caroline Ollivro , ancienne tête de liste Modem en 2008, elle avait décroché 12,16% des suffrages. Depuis, elle a rompu avec le parti de François Bayrou, et veut défendre le projet d’une ville plus forte dans une Bretagne autonome, inscrite dans une Europe des régions.

Le POI (Parti ouvrier indépendant) a une liste menée par Pierre Priet , 63 ans, retraité du bâtiment.

EELV/Front de gauche  : Matthieu Theurier , 30 ans, chargé de mission. Les écologistes et le Front de Gauche font liste commune pour le premier tour des élections. Une liste qui pourrait bien "agacer" la candidate socialiste et lui faire un peu d’ombre. 

Le graphique suivant présente les résultats du second tour des élections municipales à Rennes en 2008.

2. Les sujets chauds de la campagne

L’emploi  : Comme dans toute la Bretagne, l’emploi s’est dégradé dans le bassin rennais avec des fermetures de sites, comme Alcatel et Renesas, et des incertitudes, comme chez PSA La Janais. En février 2013, le taux de chômage s’établissait à 12,9% de la population active dans la capitale bretonne, contre 8,7% dans la région.

Rennes/Rennes Métropole  : L’articulation entre la ville (207.000 habitants) et la métropole, qui compte 413.000 habitants et 43 communes. 

  1. Rennes est-elle un bastion imprenable?

La socialiste Nathalie Appéré compte bien succéder à Daniel Delaveau et à Edmond Hervé dont elle est un "bébé". 

Nathalie Appéré, 38 ans, n'a jamais connue la défaite, elle est née politiquement, dans les années 90, avec un parti socialiste hégémonique dans la capitale bretonne. En 2008, elle a pris les fonctions de première adjointe à la mairie, puis elle a été élue facilement député en 2012. Aujourd'hui, elle porte les espoirs du Parti socialiste dans une ville rose.

Pour mémoire, en 2012, François Hollande a engrangé près de 40% des voix dès le premier tour de la présidentielle. Le président est aujourd'hui critiqué et Nathalie Appéré devra donc faire avec ce contexte national. Un contexte qui pourrait peser sur ces municipales.

Pas d'alliance avec les écologistes

Localement, Nathalie Appéré n'a pas réussi à s'allier avec le parti écologiste dès le premier tour. Europe écologie - Les Verts (EELV) fait cause commune avec le Front de gauche. EELV, c'est le caillou dans la chaussure des socialistes bretons et rennais depuis de très nombreuses années. Edmond Hervé et Yves Cochet n'avaient pas réussi à s'entendre. Puis en 2008, il n'y avait pas non plus eu d'alliance dès le premier tour. Et lors des dernières régionales, le ton était monté entre Guy Hascoet et Jean Yves Le Drian. L'écologiste Guy Hascoet s'était maintenu au second tour et avait réfusé l'alliance avec les socialistes.

Nathalie Appéré n'a donc pas réussi pour l'heure à passer à une autre ère dans le dialogue avec les écologistes.

Municipales rennes ENRO 1

Ecole Pierre Méhaignerie

Mais son principal challenger reste bien sûr le leader de l'opposition, Bruno Chavanat (UMP), qui joue justement la carte de l'érosion du pouvoir socialiste en place depuis près de 40 ans à la mairie de Rennes. Bruno Chavanat avec lui l'UMP, l'UDI, le Parti chrétien démocrate, le Modem et le Parti breton. Bruno Chavanat, qui contrairement à la tête de liste en 2008, n'est pas un parachuté, il connaît la politique locale et les grands chantiers en cours. Né à l'école Pierre Méhaignerie, il n'a toutefois connu, lui, que les rangs de l'opposition.

Le candidat de la droite, Bruno Chavanat, croit en ses chances

Il va devoir faire avec l'extrème droite. Le Front national pourrait réaliser un résultat historique à rennes. En 2008, le parti de Marine Le Pen avait jeté l'éponge en 2008, mais créé la suprise lors des cantonales de 2008 en accédant au second tour dans le canton du Blosne, au sud de  Rennes. Le FN qui pourrait bénéficier, lui, du contexte national.

Avec 9 listes, les électeurs pourraient s'éparpiller