Politique

Municipales 2014 : zoom sur Roanne

Par Isabelle Gaudin et Anne-Laure Bousiges, France Bleu Saint-Étienne Loire jeudi 20 mars 2014 à 6:00

Laure Déroche, élue socialiste de Roanne
Laure Déroche, élue socialiste de Roanne © Maxppp

Cinq candidats convoitent le fauteuil de maire de la deuxième ville de la Loire. Roanne et ses 36.000 habitants. La maire PS sortante compte bien être réélue pour un deuxième mandat. Mais elle retrouve sur son chemin, l'ancien maire UMP de la ville, Yves Nicolin, qui pourrait faire basculer cette ville ancrée à gauche. Le scrutin s'annonce serré, le score du FN sera particulièrement scruté.

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

Sarah Brosset : cette commerçante du centre-ville est la candidate du Rassemblement bleu Marine aux municipales. Le FN qui se veut irréprochable, a dû exclure un de ses colistiers, après qu'il a publié des photos de Mussolini sur son compte Facebook. Sarah Brosset appelle au rassemblement contre "l'UMPS responsable de notre déclin ".

Norbert Chétail : Cet ancien frontiste veut rassembler au centre et à droite. Il se revendique sans étiquette et conduit la liste "L'alternative municipale pour Roanne". Renforcer la sécurité des Roannais est un de ses chevaux de bataille. Il propose de créer une brigade VTT et équestre. C 'est la quatrième fois que Norbert Chetail se présente aux municipales à Roanne, la première fois, c'était en 1995, sous la bannière du FN.

Laure Déroche : à 43 ans, la maire sortante PS brigue un second mandat. En 2008, c'est la première femme à être élue maire de Roanne. Laure Déroche s'appuie sur son bilan. A la tête de la liste "Osez Roanne", elle est fière notamment de cette étiquette de "ville la mieux gérée de Rhône-Alpes".

Yves Nicolin : le député UMP de la 5ème circonscription de la Loire depuis 1993 se relance dans la course à la mairie, tête de liste de "Roanne passionnément". Il a en effet déjà été maire de de 2001 à 2008. Yves Nicolin fait de la sécurité, une de ses priorités. Il prône une "tolérance zéro " et veut notamment armer la police municipale.

Gérard Philippon : pour la première fois depuis 1977, une liste de gauche autonome du PS se présente aux élections municipales à Roanne. Chef de file de la liste "Pour les Roannais, l'humain d'abord", Gérard Philippon est soutenu par le Front de gauche et Europe Ecologie les Verts. Parmi ses priorités, il veut désenclaver la ville. Pour cela, il compte sur le fret ferroviaire et le développement du trafic fluvial.

Cinq candidats en lice pour la mairie de Roanne - Maxppp
Cinq candidats en lice pour la mairie de Roanne © Maxppp

  1. Les points chauds de la campagne

Sécurité. L'UMP Yves Nicolin commence avec ce chiffre : "Plus d'un Roannais sur quatre dit ressentir un sentiment d'insécurité ". Il veut armer la police municipale et développer la vidéosurveillance notamment dans l'hypercentre. Même discours chez la candidate frontiste. Sarah Brosset souhaite que la police municipale participe aux conseils de quartier. Le candidat divers droite Norbert Chetail fait aussi ses propositions : porter à 60, le nombre de policiers municipaux, créer une brigade VTT et équestre et "un numéro vert 24h/24 relié à une brigade d'intervention motorisée ".

Emploi et chômage. Un tiers des Roannais vit en dessous du seuil de pauvreté. Même si le taux de chômage (10.6%) est au niveau de la moyenne nationale, il reste la grande préoccupation des Roannais. La maire PS sortante, Laure Déroche, prône l'accompagnement des nouvelles filières comme le numérique et l'agroalimentaire. Le divers droite, Norbert Chetail, veut créer "une plateforme technique municipale pour accompagner les entreprises et les demandeurs d'emploi ". Quant à l'UMP, Yves Nicolin, il tape sur la maire sortante socialiste et "l'importante pression fiscale (taxes sur les enseignes, CFE ou taxe foncière) imposée par la municipalité et Roannais Agglomération ".

Fiscalité . Tous les candidats promettent de ne pas augmenter les impôts. L'UMP Yves Nicolin propose même de les baisser de 3%. La maire socialiste sortante brandit fièrement son bilan de "ville la mieux gérée de Rhône-Alpes ". Laure Déroche dit avoir divisé la dette par deux en six ans de mandat. De 30 millions, elle est passée à 15,8 millions d'euros. De son côté, la candidate du FN souhaite "supprimer la taxe sur les enseignes " pour redonner de l'air aux commerçants.

  1. Les enjeux

Un scrutin serré. C'est un bastion de la gauche depuis 1977, avec une parenthèse à droite entre 2001 et 2008. L'ancien maire UMP, Yves Nicolin, rêve de reprendre la mairie et Roanne fait partie des villes qui pourraient basculer à droite. Mais il craint qu'en faisant plus de 10%, la candidate du FN, Sarah Brosset, puisse se maintenir au deuxième tour. Il y aurait donc une triangulaire qui pourrait jouer en faveur de la maire PS sortante, Laure Déroche. Et c'est un scénario qu'Yves Nicolin ne veut pas voir rejouer : en 1995, Norbert Chetail, alors candidat frontiste, l'avait fait perdre.

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