Politique

Municipales 2014 : zoom sur Saint-Étienne

Par Virginie Salanson, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 19 mars 2014 à 6:00

Maurice Vincent, le maire et Sénateur de Saint-Étienne
Maurice Vincent, le maire et Sénateur de Saint-Étienne © Maxppp

Le maire sortant, le socialiste Maurice Vincent, brigue un second mandat. Il avait été élu en 2008 grâce à une alliance de la gauche, face à une droite divisée, dans une ville pourtant traditionnellement ancrée à droite. Avec l'union entre l'UMP et l'UDI, des candidats pour Lutte Ouvrière, le Parti de Gauche et Europe Écologie Les Verts, c'est le schéma inverse qui s'annonce pour ce scrutin.

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

Romain Brossard : candidat de Lutte Ouvrière, cet enseignant âgé de 36 ans travaille en prépa HEC au lycée Claude Fauriel de Saint-Étienne. Il est tête de liste pour LO, indépendamment du Parti de Gauche, en axant sa campagne sur une "opposition au gouvernement " plutôt que sur des enjeux locaux.

Olivier Longeon : conseiller régional Europe Écologie - les Verts, il mène au premier tour une liste indépendante de la majorité socialiste sortante, sans pour autant exclure de "pouvoir se retrouver " au second tour. Restaurateur de monuments historiques de métier, il est également chargé de mission collectivités locales à la mairie de Lyon.

[Belkacem Merahi ](http://saintetienneplaceaupeuple2014.wordpress.com/) : Co-secrétaire du comité Loire Sud du Parti de Gauche (PG), le parti de Jean-Luc Mélenchon. Belkacem Mérahi se dit "déçu " du maire sortant, qu'il avait pourtant soutenu lors des dernières élections municipales. Il veut proposer "une alternative politique et sociétale " au Parti Socialiste.

Hubert Patural : ce chef d'entreprise de 49 ans a créé la Droite Sociétale l'été dernier. Il "ne se reconnaît plus dans les partis politiques traditionnels ". Sa liste est essentiellement composée de chefs d'entreprises, de commerçants, d'artisans et de professions libérales.Gaël Perdriau : à 41 ans, ce cadre d'ERDF est tête de liste UDI-UMP. Élu conseiller municipal à 22 ans, il est aujourd'hui président du groupe d'opposition au Conseil municipal. C'est le seul candidat de la droite après la décision des instances nationales de faire front commun entre le centre UDI et la droite UMP.Gabriel de Peyrecave : (FN) conseiller régional, il est assureur dans la vie civile. Né dans le sud-ouest, il a des attaches ligériennes par son père, ancien employé du groupe Casino. D'abord responsable de la Fédération départementale du Front national de la jeunesse, c'est aujourd'hui l'un des principaux cadres du parti d'extrême droite dans la Loire.

Maurice Vincent : le sénateur-maire socialiste de Saint-Étienne (élu en 2008 maire et devenu sénateur en 2011) se représente pour un second mandat. Cet universitaire de 58 ans, professeur d'économie, fut également conseiller régional de 2004 à 2010, vice-président de la commission "Enseignement supérieur et recherche". Il affirme qu'il quittera le Sénat en 2017 s'il reste maire.

  1. Les points chauds de la campagne

Attractivité de la ville. C'est l'enjeu principal de ce scrutin. Depuis de nombreuses années, Saint-Etienne perd des habitants au profit des communes de la périphérie. Les derniers chiffres de l'Insee comptent 170.000 habitants, loin des 200.000 des années 1990. Pour les adversaires du maire sortant, les arguments expliquant cette désaffection ne manquent pas : propreté, pression fiscale ou encore insécurité.

Avenir des TPE-PME. Le réseau des moyennes et très petites entreprises est très vivace dans la Loire et leur avenir central donc pour les ligériens, et les Stéphanois. Dans son programme, Maurice Vincent propose la création "d'une quatrième pépinière d'entreprise ou la construction d'un parc de douze éoliennes ". Gaël Perdriau veut reprendre en main le projet des Ursules et créer une "troisième ligne de tramway " pour desservir les zones d'activité. 

  1. Les enjeux

Saint-Étienne fait partie de ces villes françaises que la droite espère reprendre à l'occasion de ces élections municipales. Divisée en 2008, elle avait perdu la ville au profit des socialistes après 25 ans de mandat.Pour ce scrutin, notre sondage exclusif donne la gauche gagnante d'une courte tête, devant la droite. A noter, la montée en puissance du Front national avec une présence annoncée au second tour, avec 14 % des voix, toujours selon notre sondage. Un bon score si l'on considère le fait que le parti de Marine Le Pen n'avait pas présenté de candidat en 2008.