Politique

Municipales 2014 : zoom sur Saint-Jean-de-Maurienne

Par Marie Chaffard et Denis Souilla, France Bleu Pays de Savoie mardi 11 mars 2014 à 6:00

mairie Saint Jean de Maurienne
mairie Saint Jean de Maurienne © Radio France - Marie Chaffard

Saint-Jean-de-Maurienne a longtemps été gérée par la gauche, avec le maire PS Roland Merloz de 1977 à 2008. Elle bascule il y a six ans avec l'UMP Pierre-Marie Charvoz. Deux candidats lui font face : Florence Arnoux et Philippe Rollet. Saint-Jean-de-Maurienne, la cinquième ville de la Savoie, doit faire face depuis des années à une baisse de sa population.

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

- Florence Arnoux Le Bras : âgée de 39 ans, professeur agrégé de lettres classiques, la candidate conduit la liste "Vivons Saint-Jean" du nom de l'association qu'elle préside. Il y a six ans, elle était déjà candidate aux municipales et avait obtenu 138 voix soit 5,39 % des suffrages. Elle axe son programme en quatre points : "améliorer la qualité de vie" , "prendre soin de notre population" , "maintenir et créer des emplois" et "diversifier l'activité économique" .

- Pierre-Marie Charvoz : le maire sortant a 46 ans a été élu sous l'étiquette UMP, il est désormais UDI. Avocat de profession, conseiller général, sa liste "Ensemble Pour Saint-Jean" est renouvelée pour moitié. Parmi les neuf points de son programme, on retrouve la "qualité de vie" , "l'éducation ", "la proximité" . Concernant la fiscalité, il n'évoque ni de hausse ni de baisse, mais une "maîtrise des impôts locaux, afin de ne pas nuire au pouvoir d’achat des ménages" . Pour l'emploi, il soutient une "diversification de l’activité industrielle, afin de générer de nouveaux emplois, notamment pour permettre aux jeunes de rester dans la vallée" et "valoriser les nouvelles technologies et œuvrer pour le développement de la fibre optique" . Il souhaite aussi "poursuivre le partenariat avec les grands groupes industriels de la vallée" . Sur le volet sécuritaire, il propose enfin de "renforcer la présence de proximité de la police municipale" .

- Philippe Rollet : l'actuel chef de l'opposition municipale a 46 ans et est agent de conduite SNCF. Sans étiquette, il se définit pourtant sur son site de campagne comme un candidat "de gauche" . Il met en avant son héritage familial lié à l'usine Péchiney et son engagement dans le milieu associatif. Le programme est développé en cinq thèmes : "intercommunalité" , "vivre ensemble" , "économie" , "urbanisme" , "social" . Pour dynamiser la ville, il souhaite "encourager l'installation et l'expansion des entreprises industrielles et de haute technologie" , "faire du centre-ville une vitrine du commerce et de l'artisanat" et "inciter les commerces de proximité à s'implanter (...) en utilisant les locaux libres" . Il compte également revoir l'aménagement du centre-ville et "faire de la place de la Cathédrale, du Tabellion, de l'Église Notre-Dame et de l'ancien Évêché un véritable lieu de vie, autour d'un point zéro (point de départ de la voie verte, des bus, des cyclos...)" .

  1. Les enjeux de la campagne

Le dossier Rio Tinto et le secteur industriel. Le site industriel est historique dans la vallée, au cœur de la commune. Ex-Péchiney et ex-Rio Tinto, l'usine de production d'aluminium a été reprise en décembre 2013 par Trimet, un groupe allemand. 470 emplois ont été maintenus et 2.000 chez les sous-traitants et fournisseurs. Malgré cela la fragilité industrielle est toujours d'actualité et le dossier pourrait encore peser très lourd dans la campagne. Le maire sortant n'a pas ménagé ses efforts pour sauver "son" usine ; il avait alors gravi le clocher de l'église, encordé, pour sensibiliser aux enjeux du dossier.Une population en baisse. Saint-Jean-de-Maurienne est la cinquième ville de Savoie mais a perdu beaucoup d'habitants ces dernières années, selon l'INSEE : 9.639 en 1982, 8.685 en 2006 enfin 8.148 en 2011. La question de l'attractivité de la commune encaissée dans la vallée se pose clairement. Certains habitants ont l'impression que le centre-ville se meurt.

La droite est-elle capable de garder l'Hôtel de Ville ? Parmi les quatre listes présentes aux municipales en 2008 au premier tour, Pierre-Marie Charvoz l'avait emporté clairement au second tour (55,40%). À la présidentielle en 2012, la commune a voté Nicolas Sarkozy (50,54%). Cependant, aux législatives, quelques semaines plus tard, le maire de Saint-Jean, est en tête sur sa commune (51,61%) mais est battu sur la circonscription par la socialiste Béatrice Santais (52,06%). Enfin, sur la commune, comme il y a six, il n'y aura pas de liste Front national cette année aux municipales.

►►► Les trois candidats participent à un débat public ce mardi soir, de 18h à 19h, au Théâtre Gérard Philippe. Animé en partenariat avec Le Dauphiné Libéré et TV8 Mont-Blanc , il sera restransmis en direct sur France Bleu Pays de Savoie

Dynamisme démographique et économique, au cœur de la campagne municipale à Saint-Jean-de-Maurienne. (Marie Chaffard)

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