Politique

Municipales 2014 : zoom sur Sens

Par Denis Souilla, France Bleu Auxerre mardi 11 mars 2014 à 6:00

L'hôtel de ville de Sens
L'hôtel de ville de Sens © Radio France - Thomas Lavaud

Sens va tenter de trouver une stabilité après une mandature qui s'est finie par une crise municipale. Michel Fourré brigue un nouveau mandat cette fois via les urnes. Face à lui l'ancienne maire Marie-Louise Fort (UMP-UDI), le conseiller régional FN Édouard Ferrand, Claude Vivier (Parti Radical), la centriste Francine Weecksteen et le PS Pascal Simon (soutenu par le PC).

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

- Michel Fourré : à 67 ans, le maire sortant est l'ancien adjoint chargé des affaires sociales de Daniel Paris qui, lui, ne se représente pas. Il succède à ce dernier en août 2013 après des mois de crise et après avoir mené une dissidence au Conseil municipal qui a rejeté le budget, entraînant la démission du maire. Le candidat est médecin anesthésiste à la retraite et conduit la liste "Sens autrement". Membre du Parti Radical de gauche, il souhaite " un nouvel élan pour Sens, une ville mieux gérée, plus vivante, plus solidaire, ouverte à tous et sans hausse d'impôts" . Dans son programme, il dresse plusieurs axes : "la solidarité envers les séniors" et les "3.300 Sénonais de plus de 75 ans" , la création d'"une police de proximité" , l'"utilisation à bon escient de la vidéo-surveillance" ou "créer de nouvelles zones d'implantation pour les entreprises".

- Marie-Louise Fort : la députée UMP est bien connue des Sénonais, maire de 2001 à 2008. "Candidate de la droite et du centre" , elle a 63 ans et conduit la liste "Sens 2014, passion commune". Dans son tract de campagne, elle explique ne pas "se résigner à voir la Ville de Sens perdre son rayonnement, son attracivité" , veut "rompre avec le déclin" et "ne pas promettre n'importe quoi" . Du mandat de Daniel Paris, elle n'en retient qu'un "mauvais feuilleton" avec des "projets au point mort" .

- Édouard Ferrand : il dirige le FN en Bourgogne, conseiller régional, il conduit la liste du Rassemblement Bleu Marine et considère sur son site que "pour la première fois depuis 24 ans, le Front national est en en position d’arbitre. (...) D’un côté, les candidats du système UMPS, tous responsables des politiques calamiteuses menées aussi bien au gouvernement que localement. De l’autre côté, le renouveau" . Dans le programme du candidat, il est question de créer "une brigade de police municipale de nuit armée sur le terrain,  faire revenir le poste de police municipale en centre-ville" . Édouard Ferrand propose aussi d'"utiliser le droit de préemption pour encourager les commerces de bouche" en centre-ville ou "créer un chèque famille de cent euros par an et par enfant pour les activités culturelles ou sportives" .

- Pascal Simon : le candidat investi par le PS est aussi soutenu par le PCF, des militants associatifs et syndicaux. Il a 48 ans, habite Sens depuis 2003 et travaille à Auxerre en tant qu'ingénieur dans une entreprise d’aéronautique. Il conduit la liste "Sens et le Sénonais demain". Sur sa liste, il n'a pas de membre de l'actuelle majorité, et pâtit d'encore peu de notoriété mais compte incarner un renouveau. Le programme propose de "transformer les conseils de quartier en conseils de la vie locale" pour instaurer une "démocratie participative" , concernant le budget et l'emploi : "une gestion saine et économe : chaque euro dépensé doit l’être utilement" et "travailler en particulier avec les commerçants pour la re-dynamisation du centre ville" . Enfin, question sécurité, il propose de "ramener en ville le poste de police municipale" . - Claude Vivier : la présidente du Parti Radical de l'Yonne conduit une liste centriste nommée "Tous ensemble". Le programme parle de culture, de sport, de sécurité avec "un dispositif de vidéoprotection" . Le budget communal devra être réexaminé pour l'administration ou les infractuctures pour une "gestion en bon père de famille (...) et non pas une gestion irréfléchie" . Concernant le développement économique, la candidate veut "favoriser l’animation et la convivialité tant réclamée par les salariés de la ZI (...), adapter avec la CCS des navettes de transport entre la ZI, la ZFU, la gare et les quartiers de la Ville aux heures réclamées, (...) et reprendre le dossier du très haut débit totalement négligé par les prédécesseurs" .

- Francine Weecksteen : elle mène une liste sans étiquette, a 55 ans, habite à Sens depuis 27 ans et est pharmacienne. Ancienne adjointe de Daniel Paris dont elle est restée fidèle durant la période d'instabilité au Conseil municipal, elle représente l'ex-majorité et a bien failli être élue maire lors de l'élection interne, avec 13 voix contre 15 pour Michel Fourré. Dans son programme, dans le domaine de la santé, elle propose de créer un "cabinet médical autofinancé pour répondre au manque de médecins généralistes" . Elle compte aussi "restaurer et entretenir toute la voirie" , "équiper la ville en vidéoprotection" , "ne pas augmenter la part municipale des impôts locaux" et "favoriser l'émergence d'une maison de l'emploi et de la jeunsesse" .

  1. Les sujets chauds de la campagne

- Retour au calme. Les débats se sont cristallisés ces derniers mois sur la crise au sein du Conseil municipal. Avec une fronde dans la majorité de gauche, la démission du maire, le flottement durant l'été et l'élection d'un nouveau maire parmi les conseillers.

- Le développement économique et le niveau de vie. Sens connaît un taux de chômage au-dessus de la moyenne nationale et un niveau de vie moyen inférieur à la moyenne nationale, notamment dans le quartier des Champs-Plaisants, une ZUP hors de la ville qui représente un tiers de la population communale.

- Petits commerces contre hypermarchés. La ville de 25.000 habitant environ compte trois grandes surfaces dont la dernière implantée en zone sud. Face à cela, un Fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce (FISAC), pour soutenir les commerces de centre-ville, peine à voir le jour.

  1. Les enjeux

- La ville perd des habitants. Elle en comptait 26.735 en 2008, 25.881 en 2011, 25.146 en 2013. La question de l'attractivité démographique et économique est posée.

  • Le scutin s'avère très incertain. Sens n'a plus, depuis des années, un profil politique défini clairement . Ainsi, la droite domine jusqu'en 1995, la gauche de 1995 à 2001, la droite de 2001 à 2008, le centre-gauche de 2008 à 2014. Daniel Paris l'avait emporté avec 51,77% en 2008. Depuis, en 2011, la cantonale est remportée par la gauche (58,33% pour le PCF). Sens vote pour Nicolas Sarkozy à 50,44% et dans la foulée Marie-Louise Fort  l'emporte avec 54,37% aux législatives de 2012.