Infos

Municipales 2014 : zoom sur Thonon-les-Bains

Par Isabelle Gaudin et Luc Besançon, France Bleu Pays de Savoie vendredi 14 mars 2014 à 5:00

Jean Denais, le maire de Thonon-les-Bains
Jean Denais, le maire de Thonon-les-Bains © Jean Pastor

Ils sont six prétendants pour le fauteuil de maire de la deuxième ville de Haute-Savoie, contre quatre en 2008. Le maire sortant divers-droite, Jean Denais, brigue un quatrième mandat, mais il va devoir batailler ferme pour être réélu. Il y a six ans, il l'avait emporté de justesse sur ses adversaires qu'il retrouve sur son chemin : le PS Georges Constantin et le divers-droite Christophe Arminjon.

  1. Les candidats (par ordre alphabétique)

-Christophe Arminjon : cet avocat de 47 ans est conseiller municipal à Thonon-les-Bains depuis 2001. Divers droite, il conduit la liste "Réussir Thonon". Déjà candidat aux municipales en 2008, Christophe Arminjon aime à rappeler qu'il ne s’était incliné à l'époque que de 190 voix à la triangulaire du second tour, face au maire sortant, Jean Denais (DVD), et Georges Constantin (PS).

-Elisabeth Charmot : elle conduit la liste "Thonon écologie : le défi vert", soutenue par les partis Europe Écologie Les Verts (EELV) et le Mouvement Écologiste Indépendant (MEI). Sur son compte twitter, Elisabeth Charmot se définit comme "écolo par instinct de survie". D'une mère clusienne et d'un père thononais, elle s'installe à Thonon en 1992 et créé un laboratoire d'audioprothèse. Son engagement en politique remonte à 2008, quand les Verts sont exlus de la liste PS aux municipales.- Georges Constantin : ce retraité, thononais de souche, se présente sous la bannière du PS. Il est conseiller municipal à Thonon depuis 1995 et aussi conseiller général du canton de Thonon-Ouest. Socialiste de longue date, il est collaborateur pendant plusieurs années de Michel Rocard. Aux dernières municipales en 2008, il avait échoué de 140 voix seulement au second tour. C'était déjà Jean Denais le maire sortant. - Jean Denais : à 57 ans, le maire sortant brigue un quatrième mandat. Élu en 1995 à la tête de la capitale du Chablais, Jean Denais se présente comme un "enfant de Thonon" qui "aime sa ville". Comme la plupart des autres candidats, il n'affiche pas l'étiquette politique de sa liste "Thonon Avance". Marié et père de deux enfants, il n'a pas reçu l'investiture de l'UMP, tout comme son adversaire, Christophe Arminjon. L'UMP de Haute-Savoie a annoncé qu'elle soutiendrait le candidat divers-droite qui arrive en tête au premier tour.  - Gilles Joly :**** à 48 ans, ce cadre territorial se présente pour la première fois aux municipales à Thonon. Soutenu par l'UDI, il conduit la liste "Thonon ensemble". Gilles Joly travaille comme administrateur de l’Union des Associations Familiales de la Haute-Savoie, il est aussi au Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement (CAUE). Le candidat centriste a déjà annoncé qu'il n'entamerait des discussions qu'avec le maire sortant, Jean Denais, entre les deux tours.

- Guillaume Vaucouleur :  il conduit la liste citoyenne "L'humain d'abord à Thonon", soutenue par le Front de gauche. Guillaume Vaucouleur habite depuis vingt ans à Thonon-les-Bains et y travaille comme éducateur de rue. A 44 ans, il est très investit dans le milieu associatif et se bat notamment dans cette campagne pour la gratuité des transports.

  1. Les points chauds de la campagne

Le logement. Se loger à Thonon reste cher. Dans le neuf, le prix du m² est de 3.500 euros, et à la location, il faut compter 1000 euros de loyer pour un F3. Du côté du logement social, plus de 1000 demandes sont en souffrance. Mais le maire sortant, Jean Denais, affirme avoir construit les 20% de logements sociaux imposés par la loi. A gauche, les candidats sont unanimes pour dire que ce n'est pas suffisant. Guillaume Vaucouleur (Front de gauche) estime sur son site que "se loger à Thonon avec de faibles revenus ou des salaires moyens devient impossible ". Le socialiste Georges Constantin parle de centaines de logements vacants en centre-ville.

Les transports. C'est un des grands thèmes de la campagne. Les Thononais souhaiteraient un bus en site propre de Douvaine à Genève avec des parkings relais. Cela permettrait d'aller en Suisse sans passer par Anemasse. Plus localement, des candidats comme Guillaume Vaucouleur pour le Front de gauche prône la gratuité des bus urbains. Sur le dossier transfrontalier du rail, le candidat Gilles Joly pour l'UDI défend la réouverture de la ligne ferroviaire d'Evian à Saint-Gingolph et le doublement de la ligne ferroviaire entre Thonon et Annemasse. Parmi les projets très attendus, le CEVA, la ligne ferroviaire transfrontalière Cornavin-Eaux-Vives-Anemasse est annoncée pour fin 2017. Le candidat PS, Georges Constantin, fait du désenclavement routier, une priorité. Il se félicite que le projet de 2 fois 2 voies entre Machilly et Thonon soit à nouveau possible pour relier Thonon et en finir avec les bouchons. Ce n'est pas une solution pour Élisabeth Charmot. L'écologiste ne veut pas de nouveau barreau autoroutier et souhaite le développement du multimodal.

La fiscalité locale. Le maire sortant, Jean Denais, se félicite de ne pas avoir augmenté les impôts communaux depuis 11 ans. Il a fait du désendettement de la ville une priorité. De son côté, le candidat divers-droite Christophe Arminjon, veut baisser les impôts locaux de 5% dès l'année prochaine pour redonner du pouvoir d'achat aux ménages.

Thonon-les-Bains, le port et le lac Léman - Maxppp
Thonon-les-Bains, le port et le lac Léman © Maxppp

  1. Les enjeux

L'intercommunalité. Thonon-les-Bains est la deuxième ville de Haute-Savoie et surtout la seule ville en France de 35.000 habitants à ne pas avoir encore de communauté d'agglomération. C'est le résultat d'une opposition historique avec Evian qui a tout fait pour ne pas être associée à Thonon. Pour être en accord avec la loi, le préfet a proposé de marier Thonon et la communauté de communes des Collines du Léman, mais le mariage a été suspendu par le tribunal administratif de Grenoble. Le maire sortant, Jean Denais, estime que cette union serait totalement déséquilibrée, notamment en terme d'habitants. Christophe Arminjon, dont le frère se présente à Evian, souhaite lui créer une grande agglomération sud-lémanique. Pour le divers droite, la construction du Grand Thonon permettra de faire contrepoids vis à vis des autres pôles d’influence que sont Genève ou Annecy.

Renforcer l'attractivité. Thonon-les-Bains a du mal à garder ses jeunes diplômés et la moitié de ses actifs travaille en dehors de la ville. Pour créer des emplois à haute valeur ajoutée, ils sont plusieurs candidats à proposer des solutions pour attirer des entreprises. Pour le divers-droite Christophe Arminjon, ça passerait par la création d'une pépinière dédiée aux nouvelles technologies. De son côté, le socialiste Georges Constantin propose de faire du tourisme et du thermalisme un levier de développement.

La droite divisée mais encore forte. Au regard des résultats de 2008, on pourrait prédire un scrutin encore une fois très serré. On retrouve parmi les challengers de l'élection, les mêmes qu'il y a six ans. Le sortant, Jean Denais, pourrait être favori, s'il n'avait pas en face de lui un adversaire de son camp, Christophe Arminjon, qui joue la carte du renouveau. L'UMP attend le second tour pour donner l'investiture du parti à l'un des deux candidats. A gauche, le socialiste Georges Constantin, pourra compter sur un report des voix du Front de gauche et des écologistes, mais est-ce-que ce sera suffisant pour faire la différence ? La bataille s'annonce rude pour détrôner une droite bien ancrée dans la ville.

Partager sur :