Politique

Municipales 2014 : zoom sur Valence

Par Denis Souilla, France Bleu Drôme-Ardèche samedi 8 février 2014 à 6:00

Le maire de Valence, Alain Maurice (PS) se représente.
Le maire de Valence, Alain Maurice (PS) se représente. © Ville de Valence - Patrick Gardin

Alain Maurice, le maire PS de Valence avait ravi la mairie en 2008 après treize années à droite. Il brigue un deuxième mandat et aura face à lui Nicolas Daragon (UMP) et Patrick Royannez (EELV). Et cette fois, Richard Fritz compte bien se poser en arbitre, le FN n'avait pas de tête de liste lors de la précédente élection municipale.

  1. Les candidats

- Nicolas Daragon : âgé de 41 ans, il est le seul investi par l'UMP après le retrait de Patrick Labaune, actuel député et ancien maire (1995-2004). Il se présente comme gérant de société, conseiller général et président du groupe d'opposition municipal UMP-UDI. Il est en première position sur la liste "Générations Valence Demain".- Richard Fritz : à 66 ans, ce retraité conduit la liste "Valence Bleu Marine" et habite la commune depuis 1988. Ses thèmes de campagne : l'immigration, l'insécurité, communautarisme ou l'identité valentinoise. Absent en 2008, le FN ("Rassemblement Bleu Marine") se pose comme l'arbitre du scrutin en 2014.

- Alain Maurice : le maire sortant socialiste préside aussi Valence Agglo Sud Rhône-Alpes. Âgé de 52 ans, il est candidat à sa succession. En 2008, il fait basculer Valence à gauche grâce à un rassemblement avec Les Verts au second tour. Cette fois, avant le premier tour, Noubar Kechichian (ex-UDI) lui apporte son soutien.

- Patrick Royannez : le candidat Europe Écologie-Les Verts (EELV) défend le bilan du maire actuel dont il est adjoint en charge de la Santé. Âgé de 64 ans, il mène la liste "Réussir Ensemble Valence" aux côtés de la député européenne Michèle Rivasi. Son programme est axé sur l'emploi, les transports en commun, la démocratie participative. Au second tour, il souhaite un rassemblement à gauche, EELV-PS.

  1. Les points chauds de la campagne

- La sécurité : la municipalité dit avoir installé quatre-vingt-quatorze caméras vidéo dans les rues. Dans le quartier du Polygone, la zone de sécurité prioritaire (ZSP) de Fontbarlettes et place Camille-Saint-Saens, elles ont été vandalisées à plusieurs reprises. PS, UMP et FN y sont favorables, pas les écologistes. L'effectif de la police municipale et l'équipement des agents -seront-ils porteurs de caméras personnelles?- devraient aussi faire partie du débat.

- Les impôts : le maire a baissé de 2% ses taux d'imposition en janvier 2013 avec un manque à gagner pour la ville de 350 millions d'euros. L'opposition affirme que les impôts ont augmenté bien plus qu'une seule fois depuis 2008 : "la fiscalité a explosé. Alain Maurice (...) a supprimé l'abattement de 20%, dont tous les Valentinois bénéficiaient sur leur taxe d'habitation" , explique Nicolas Daragon. Le candidat UMP évalue à "dix-huit millions d'euros" le volume d'impôts locaux supplémentaires entre 2008 et 2012.

- La qualité de vie : outre l'aménagement de la Caserne Latour-Maubourg ou la construction d'un palais des congrès, le maire sortant souhaiterait un enfouissement de l'A7, le long du Rhône, pour "reconquérir les berges" . Un "projet utopique" pour Richard Fritz (FN) qui préfère "un détournement pur et simple par la voie rapide (LACRA)" .

- L'emploi : les candidats devront préciser quelles activités économiques l'agglomération valentinoise sera capable d'attirer dans les prochaines années. Alain Maurice défend un "taux de chômage à Valence inférieur à la moyenne départementale" , mais l'opposition voit exactement l'inverse. Plusieurs entreprises se sont installées au sud de la ville, dans la Zone Industrielle de la Motte. Patrick Royannez souhaite, lui, créer une pépinière d'entreprises pour guider les porteurs de projet.

  1. Les enjeux

La première commune de la Drôme en nombre d'habitants voit sa population baisser : 66.981 habitants en 2006, 66.047 en 2009 et 64.919 en 2011. Est-elle toujours attractive ? Alain Maurice s'était imposé en 2008 à la mairie de Valence grâce aux voix écologistes face à Patrick Labaune (51,71% contre 48,28%). Schéma inverse entre les deux hommes aux législatives en 2012 : le PS battu par l'UMP (42,41% contre 57,59%). Et quelle sera l'attitude du Front National ? Le candidat d'extrême-droite, alors nouveau venu en politique, était arrivé troisième des législatives avec 13,21% des voix dans la première circonscription et même 19% dans les quartiers populaires valentinois. Richard Fritz se verrait bien cette année au cœur d'une triangulaire.

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