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Municipales : ces communes de l'Hérault où il n'y a qu'une seule liste

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Par , France Bleu Hérault

Il y a dans l'Hérault plusieurs communes avec une seule liste aux prochaines élections municipales. À Baillargues, Beaulieu, Saint-Brès et Saint-Geniès-des-Mourgues par exemple, les maires sortants sont seuls en course : le match sera donc plié dès le 15 mars 2020.

Laurent Jaoul, maire de Saint Brès, lance un appel aux partis politiques pour qu'ils lancent un candidat face à lui dans sa commune
Laurent Jaoul, maire de Saint Brès, lance un appel aux partis politiques pour qu'ils lancent un candidat face à lui dans sa commune © Radio France - Julien Gonzalez

La plupart des communes de moins de 1.000 habitants connaîtront leur maire dès le soir du premier tour, le 15 mars. Mais la publication récente des listes de candidature montrent que ce sera même le cas dans des communes plus importantes du département. Dans la seule métropole de Montpellier, environ un quart sont concernées, notamment Baillargues, Beaulieu, Restinclières, Saint-Geniès-des-Mourgues, Saint-Brès, Saint Drézéry, Murviel-lès-Montpellier, ou encore Cournonsec.

Des maires sans concurrents

Saint-Brès, près de 3.000 habitants. Le maire sortant, Laurent Jaoul, a bouclé sa liste fin janvier et face à lui, il n'y a aucun concurrent.

Laurent Jaoul, maire de Saint-Brès, lance un appel à ce qu'il y ait un candidat face à lui.

"Je trouve que c'est un peu gênant parce que le fait d'avoir une seule liste, on ne peut pas jauger si le citoyen apprécie le travail parce que vous êtes élus avec 100% des suffrages exprimés. Peut-être que les représentants de partis politiques pourraient investir ces candidats et leur proposer d'être candidat contre moi".  

Absence de duel également à Saint-Geniès-des-Mourgues... mais pas forcément absence d'enjeu selon Yvon Pellet, candidat à sa propre réélection.

A Saint-Geniès-des-Mourgues, Yvon Pellet est candidat à sa réélection

"Pour le respect des Saint-geniérois, ça a toujours été pour moi un devoir : je bâtis un programme, je vais faire des propositions, présenter une liste comme si on avait du bois dur en face. Après s'il n'y en a pas, je ne vais quand même pas la monter moi la liste en face".  

A peine 10 km plus loin, à Beaulieu, la situation est identique. Le maire sortant Arnaud Moynier est là aussi le seul candidat. Dans tous ces villages, les avis sont partagés : très majoritairement, beaucoup ne semblent pas vraiment perturbés par l'absence d'une compétition à l'horizon.

"Quand je vois tout ce que fait le maire pour son village, je ne trouve pas étonnant qu'il n'y ait pas d'autre candidat qui ose se mettre face à un maire qui de toute façon sera forcément élu. [...] Ce sont des villages qui ne sont pas assez importants pour qu'il y ait la place pour des bagarres ou alors ça devient des bagarres sur des sujets mineurs, sur des mots. C'est très bien quand il n'y a qu'un seul candidat".

Une perte d'intérêt ?

D'autres en revanche pensent que cela enlève beaucoup d'intérêt au scrutin des 15 et 22 mars 2020 et que la participation risque d'être basse. 

Un risque d'abstention

Pour d'autres, c'est sûr : 1 seul candidat en lice à une élection, cela va augmenter l'abstention.

« Un regret : j'aurais aimé quand même qu'il y ait, pour la forme, une petite opposition ! Certaines personnes risquent de ne pas se déplacer en assez grand nombre parce que c'est à sens unique ». 

« Je ne suis pas expert dans les statistiques politiques mais avec une seule liste, j'imagine que l'abstention sera importante ».

« Je vais voter, mais après je ne sais pas ce que j'en ferai de mon vote. S'il sera blanc, s'il sera rayé ou pas » !

Les grandes villes aussi

À Baillargues, presque 8.000 habitants, le maire de la commune Jean-Luc Meisonnier sera rélu pour un quatrième mandat. Aucune liste d'opposition ne s'est montée dans sa ville, aux regrets du maire sortant. "Il est vrai que les conseils municipaux sans opposition vont donner lieu à des débats dont on peut se dire que c'est juste du blabla. Ce qui va nous permettre d'avoir un intérêt sur ce prochain mandat même s'il n'y a qu'une liste, c'est tous les projets qui vont sortir, notamment un parc, un skatepark, une nouvelle maison de retraite. S'il n'y avait pas cette nouveauté là, effectivement on aurait une difficulté très rapidement". 

Ses administrés, eux, sont moins inquiets. "Il n'y a pas de gros problème identifié, je pense que _ça peut très bien fonctionner_, même sans opposition comme ça", résume Pierre, un habitant.

Les habitants de Baillargues ne s'inquiètent pas d'avoir une seule liste aux élections municipales

Pascal Bouis est bien conscient des regrets exprimés par certains habitants : il a été tête de liste contre le maire sortant il y a 6 ans à Saint-Geniès-des-Mourgues. Mais cette fois-ci, il a décidé de ne pas se représenter.

Candidat en 2014, Pascal Bouis ne se représentera pas cette fois-ci. Il raconte combien c'est difficile de monter une liste notamment dans les petits villages

« Tous les matins, on vient me voir en disant : ''Pascal, il faut faire un liste, c'est pas normal, _il faut faire jouer la démocratie_''. A chaque fois, je réponds ''si vous voulez, vous venez avec moi'' ! Mais les gens ne font pas le pas. C'est dur pour obtenir 18 personnes avec soi. Les gens ne veulent pas s'investir. Les gens, de plus en plus, viennent habiter dans un village, mais ils n'y vivent pas ».  

Un problème de vocations

Des priorités familiales ou professionnelles, le manque de temps ou d'envie... les raisons exprimées ne manquent pas pour ne pas se lancer à l'assaut d'une mairie comme le raconte cette habitante de Saint-Brès.

Etre maire, c'est beaucoup de travail  !

Pour cette habitante de Saint-Brès, être maire, c'est une vocation.

« Il faut avoir une certaine vocation. Et l'envie ! On ne peut pas devenir maire comme ça, c'est pas donné à tout le monde ! Et puis c'est vrai que quand on regarde les informations et qu'on s'aperçoit que la majorité des maires se font taper dessus et qu'ils n'ont pas assez de pouvoir par rapport au gouvernement, tout cela, ça joue ». 

Un manque de pouvoir des maires face aux grandes communautés de communes ou d'agglomérations, une crise des vocations ou encore certains villages qui se vident... Voilà ce qui peut provoquer l'absence d'une pluralité de listes candidates, en particulier dans les petites communes de 2000 ou 3000 habitants. Mais cette retraitée essaie malgré tout de voir les choses avec philosophie.

Estimons-nous heureux d'avoir au moins 1 candidat.

Certains essaient de prendre du recul : selon eux, le pire serait de n'avoir aucun repreneur du siège de maire.

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