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Municipales 2020 : un scrutin 100 % féminin à Pontivy

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Par , France Bleu Breizh Izel

Les quatre têtes de liste à Pontivy dans le Morbihan sont des femmes cette année pour les élections municipales. C'est un scrutin inédit puisqu'en 2014, il y avait deux hommes et deux femmes. Est-ce que cela change quelque chose à la campagne ? Réponse avec les quatre candidates.

Lors des dernières élections municipales en 2014, il y avait également 4 têtes de liste mais deux hommes et deux femmes.
Lors des dernières élections municipales en 2014, il y avait également 4 têtes de liste mais deux hommes et deux femmes. © Radio France - Maïwenn Bordron

Quatre femmes pour un seul siège. Rares sont les élections municipales dont l'une des issues est déjà connue avant le premier scrutin. C'est le cas à Pontivy, dans le Morbihan : le premier tour a lieu le 15 mars, mais on sait d'ores et déjà que l'édile sera une femme. Ce sera donc la deuxième femme maire à la tête de Pontivy puisque la maire sortante, Christine Le Strat, a été la première femme à être élue en 2014. Aucun homme ne se présente comme tête de liste pour ces nouvelles élections municipales dans cette commune de 15 000 habitants alors qu'ils étaient deux (avec deux femmes) en 2014. Les quatre têtes de liste sont donc des femmes en 2020 : Marie-Madeleine Doré-Lucas, conseillère municipale d'opposition, Gaëlle Le Roch, infirmière libérale et fille d'un ancien maire de Pontivy, Christine Le Strat, la maire sortante et Soizic Perrault, ancienne adjointe au sein de l'équipe municipale actuelle.

Une campagne "en toute bienveillance"

Marie-Madeleine Doré-Lucas, proche du parti La France Insoumise, présente une liste de rassemblement de gauche. - Radio France
Marie-Madeleine Doré-Lucas, proche du parti La France Insoumise, présente une liste de rassemblement de gauche. © Radio France - Maïwenn Bordron

L'ensemble des candidates met en avant l'importance du projet par rapport à la situation inédite de ce scrutin. "Chacun défend ses idées, ses valeurs, un projet pour le territoire", insiste Marie-Madeleine Doré-Lucas, actuelle conseillère municipale d'opposition, qui présente une liste de rassemblement de gauche. Celle qui se dit proche du mouvement Ensemble porté par Clémentine Autain reconnaît qu'il "y a un étonnement d'avoir quatre femmes". 

Marie-Madeleine Doré-Lucas s'interroge sur le courage politique des hommes dans la campagne à Pontivy. "Il n'y a pas d'hommes parce qu'il n'y a pas le courage d'y aller, parce que ceux qui étaient là avant n'ont pas préparé leur succession. Et il y a des égos masculins surdimensionnés : un homme y va quand il est sûr de gagner", affirme la candidate de 60 ans.

Selon elle, les clichés sexistes perdurent en politique, potentiellement exacerbés par un scrutin 100 % féminin. "Parfois, j'entends : quand même quatre femmes, la bataille, pensant que les femmes entre elles vont se crêper le chignon, des images savamment entretenues de femmes qui se crêpent le chignon, alors qu'on est là pour faire campagne en toute bienveillance", soupire-t-elle.

"Une question de projet"

Gaëlle Le Roch, adhérente du parti La République en Marche, présente une liste "divers-centre" à Pontivy. - Radio France
Gaëlle Le Roch, adhérente du parti La République en Marche, présente une liste "divers-centre" à Pontivy. © Radio France - Maïwenn Bordron

Gaëlle Le Roch, qui mène une liste "divers-centre", regrette elle aussi que la situation inédite fasse plus parler que le programme des candidates. "Je préférerais qu'on s'intéresse un peu plus à ce qu'on a à proposer plutôt qu'au fait qu'on soit des femmes", déplore cette infirmière libérale, qui n'a pas de mandat politique mais qui est adhérente à La République en Marche.

L'élection municipale n'est pas genrée, peu importe que ce soit des hommes ou des femmes.                              
Gaëlle Le Roch, candidate à Pontivy

Gaëlle Le Roch reconnaît que la campagne est différente avec quatre femmes : "elle est plus respectueuse", affirme cette candidate de 46 ans. "Je trouve cela formidable qu'on soit quatre femmes engagées à Pontivy, cela veut dire que les femmes ont des choses à dire, des projets concrets à mettre à disposition des Pontivyens et Pontivyennes mais peu importe que ce soit des hommes ou des femmes, c'est une question de projet", précise celle dont le père a été maire de Pontivy de 1995 à 2012. "Cela met un joli coup de lumière sur Pontivy, c'est tout à notre avantage", sourit-elle.

Une "longueur d'avance" à Pontivy ?

Soizic Perrault, membre du parti Les Républicains, mène une liste de "droite sociale", sans colistier encarté dans des partis politiques. - Radio France
Soizic Perrault, membre du parti Les Républicains, mène une liste de "droite sociale", sans colistier encarté dans des partis politiques. © Radio France - Maïwenn Bordron

Pour Soizic Perrault, membre du parti Les Républicains, ce scrutin 100 % féminin a permis de mettre "en exergue la campagne municipale". "Les gens sont tous au courant qu'il y a des élections municipales le 15 et le 22 mars", affirme la candidate qui présente une liste de droite avec des colistiers non-encartés dans un parti politique.

Les Pontivyens sont fiers parce que cela fait parler de notre ville de manière moderne. Pontivy est une ville moderne, où les femmes sont autant engagées que les hommes.                    
Soizic Perrault, conseillère départementale et ancienne adjointe à la mairie de Pontivy 

Comme les autres candidates, elle ne sait pas expliquer l'absence d'hommes cette année pour les élections municipales. Elle tente une explication : "parce qu'à Pontivy, on a peut-être toujours une longueur d'avance ?", suggère Soizic Perrault qui, à 43 ans, est la benjamine des quatre candidates.

Soizic Perrault confie avoir dû faire face à des remarques sexistes lors d'une opération de porte à porte. Le sexisme est-il exacerbé lors d'élections où les hommes sont absents ? Le lien est impossible à établir et les autres candidates ne font pas état de propos déplacés à leur égard. "C'est vrai qu'on peut avoir parfois des réflexions comme quoi un homme pourrait être plus fort sur le thème de la sécurité notamment. La sécurité, c'est l'un de nos ateliers dans la campagne : l'autorité ce n'est pas réservé aux hommes", dénonce l'actuelle conseillère départementale, qui a été adjointe à Pontivy, en charge de l'éducation pendant 5 ans et demi. Et d'ajouter : "il y a des clichés qui perdurent mais c'est naturel. C'est à nous de démontrer le contraire".

J'ai du respect pour toutes les candidates car s'engager c'est un acte fort, vous êtes jugée tous les jours, à portée de toutes les critiques donc moi je respecte toutes les candidates.

"La parité n'est pas complète"

Christine Le Strat, la maire sortante de Pontivy, se représente avec une liste centriste cette année. - Radio France
Christine Le Strat, la maire sortante de Pontivy, se représente avec une liste centriste cette année. © Radio France - Maïwenn Bordron

Christine Le Strat est la première femme à avoir été élue maire de Pontivy en 2014. Elle se représente cette année avec une liste qu'elle qualifie de "centriste". Il y a six ans, elle avait face à elle deux hommes et une femme (Marie-Madeleine Doré-Lucas). Est-ce que cela change quelque chose d'avoir trois concurrentes en face ? "Non, ce n'est pas quelque chose à laquelle je pense. C'est une quadrangulaire comme en 2014, je ne m'arrête pas au fait que ce soit quatre femmes", balaye la maire sortante, membre du Modem. Comme les autres candidates, elle affiche sa volonté de défendre avant tout son projet, sans se soucier des adversaires face à elle - "nous avons en plus un bilan à défendre", ajoute-t-elle.

S'il n'y a pas d'homme cette fois-ci, c'est un concours de circonstances.      
Christine Le Strat, maire-candidate à Pontivy

Christine Le Strat le rappelle, les listes sont paritaires. Les hommes ne sont pas totalement absents de cette élection, mais elle n'a pas d'explications pour comprendre qu'ils ne soient pas présents en tête de liste à Pontivy : "peut-être n'osent-ils pas, peut-être pensent-ils qu'il y a suffisamment de candidates?", avance-t-elle. La candidate de 64 ans insiste également sur le fait que cette situation ne soit pas si "rare". Quatre femmes sont également candidates à Saint-Pierre-de-Quiberon et deux à Baud.

Selon la maire sortante, les femmes se sont imposées dans le paysage politique grâce aux lois successives sur la parité. Mais, elle l'a constaté lors de son dernier mandat, "la parité n'est pas encore complète" notamment dans les communautés de communes. "Sur le mandat qui se termine à Pontivy Communauté, sur 25 communes nous n'étions que trois maires femmes, j'en étais présidente mais je n'avais aucune vice-présidente", déplore Christine Le Strat. Elle espère donc que ces élections se concluront par l'élection d'un plus grand nombre de femmes maires, notamment au sein du "bureau communautaire". 

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