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Politique

Municipales 2020 : en immersion à Issoudun

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Par , France Bleu Berry

Les élections municipales 2020 auront lieu les 15 et 22 mars. France Bleu Berry a choisi de donner la parole aux habitants de huit communes berrichonnes : Bourges, Châteauroux, Issoudun, Argenton-sur-Creuse, La Châtre, Saint-Amand-Montrond, Vierzon et Le Blanc. Reportage à Issoudun.

L'entrée de la mairie d'Issoudun (17 janvier 2020)
L'entrée de la mairie d'Issoudun (17 janvier 2020) © Radio France - Lisa Guyenne

Écoutez le reportage "en immersion" de France Bleu Berry à Issoudun

Avec ses 11 300 habitants, Issoudun est la troisième ville de l'Indre. Mais en cinquante ans, elle a perdu 4000 résidents, notamment à cause de la fermeture de nombreuses usines, désormais à l'abandon, à l'entrée de la ville. "Tout est fermé ! Il n'y a plus que des friches maintenant", confirme Marie, une Issoldunoise de naissance. "Moi, j'ai travaillé dans une grande usine pendant 42 ans, depuis mes 14 ans. À l'époque, on était 600, et puis elle a fermé en 2000", se rappelle Suzanne, 75 ans aujourd'hui. Dernier coup dur pour la ville : l'entrepôt Vivarte qui a décidé de réduire la voilure début février, en supprimant les 47 postes de son équipe de nuit. 

"Le samedi, y'a pas un chat"

Cette baisse de l'activité a logiquement entraîné une baisse de la fréquentation en centre-ville. En se baladant, impossible de manquer les nombreuses boutiques fermées et les immeubles désaffectés. Les habitants en parlent avec amertume : "Il n'y a plus rien ! J'ai connu Issoudun à 18 ans, on pouvait s'amuser le dimanche. Aujourd'hui, vous allez en ville le samedi, y'a pas un chat !" lance Bernard, 65 ans. "Il y a bien les étudiants de l'IUT, mais on ne les voit pas en ville", déplore Alain. 

Dans la rue de la République, l'une des artères du centre-ville, il n'y a quasiment plus de boutiques ouvertes. Une bijouterie a récemment fermé, faute de repreneurs après le départ en retraite de ses propriétaires. Et la maison de la presse est close depuis un an, désormais. "Il n'y a plus de librairie, plus d'endroits pour acheter ses journaux en ville. Il faut aller dans la zone commerciale", regrette Maryse Lamoureux, opticienne et trésorière de l'association des commerçants.

Dans la rue de la République, la plupart des commerces ont baissé le rideau (janvier 2020) - Radio France
Dans la rue de la République, la plupart des commerces ont baissé le rideau (janvier 2020) © Radio France - Lisa Guyenne

Les loisirs et l'immobilier boostés par les gros employeurs locaux

Mais Issoudun se démarque tout de même pour deux choses : la culture et les loisirs, d'abord. Patinoire, piscine à vagues, centres équestres, salle d'escalade, musée, festivals... "Là, il n'y a rien à redire. Pour une ville de notre taille, franchement, on est bien loti !" nous confient plusieurs passants. 

Et surtout, deux grandes entreprises locales alimentent abondamment le bassin d'emploi issoldunois : Louis Vuitton avec 700 employés, et surtout Safran, constructeur de sièges pour avions, avec 1200 salariés. Résultat, le marché de l'immobilier se porte bien : "il ne se passe pas un jour sans qu'on ait une demande de location pour Safran ou Vuitton", explique Matthieu Chaumeau, responsable d'une agence immobilière au centre-ville. "Safran et Vuitton recrutent sur des régions extérieures ou même à l'étranger. Donc les gens ont dans un premier temps besoin de logements meublés, des studios ou de petits appartements. Ensuite, ils peuvent décider de faire venir leur famille et d'acheter une maison un peu plus loin. Ici, on peut avoir une maison avec jardin à moins de 100 000 euros, ce n'est pas rien."

Une dynamique paradoxale

Avec une telle dynamique de nouveaux arrivants, pourquoi le centre-ville est-il autant à la peine ? Selon Jean-Noël Guyot, buraliste et vice-président de l'association de commerçants, la réponse est simple : "Chez Safran, ils recrutent beaucoup sur Paris, les gens sont détachés, ils ne se sentent pas vraiment chez eux dans le bassin d'Issoudun. Ils viennent travailler la semaine, mais ils ne restent pas, ils rentrent chez eux le week-end.

"Il faudrait que la ville devienne plus attractive pour que les gens restent toute la semaine, et consomment sur place", poursuit le buraliste. En ouvrant des commerces ? Oui, mais ce n'est pas si simple. "Pourtant, on a eu des gens qui voulaient s'installer. Mais les loyers des bâtiments, qui appartiennent à des propriétaires privés, sont trop chers pour les nouveaux indépendants", regrette Maryse Lamoureux.

Quels défis pour le prochain maire ?

L'association de commerçants croit tout de même que la courbe descendante qu'a pris la ville va s'inverser d'ici quelques années. Récemment, la ville et l'entreprise Safran ont racheté un immeuble abandonné en centre-ville, et ont pour projet de le rénover pour créer des logements à destination des salariés. 

L'immeuble racheté par la ville et par Safran, qui servira à loger des salariés (janvier 2020) - Radio France
L'immeuble racheté par la ville et par Safran, qui servira à loger des salariés (janvier 2020) © Radio France - Lisa Guyenne

Quoi qu'il en soit, cette question d'attirer, mais surtout de retenir, les nouveaux arrivants, sera un défi crucial pour le futur (ou la future) maire d'Issoudun. Mais avant cela, le premier défi sera de détrôner l'actuel maire, André Laignel, 43 ans de mandat. L'ancien ministre socialiste est installé depuis 1977 à la mairie d'Issoudun. Il ne s'est pas encore déclaré officiellement, mais sa (huitième) candidature ne laisse pas vraiment planer de doute. 

En face de lui, pour l'heure, une seule liste est déclarée : celle de Christopher Albarao, 28 ans, étudiant en recherche médicale et novice en politique. Une liste sans étiquette qui regroupe des personnalités de gauche, de droite et de LREM. On compte notamment dans ses rangs Régis Bonnin et Sabine Renaud-Sablonnière, deux figures de l'opposition locale.

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