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Municipales à Bayonne : "il y a une attente très forte, un espoir" estime Henri Etcheto

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Par , , France Bleu Pays Basque

A un peu plus de deux semaines (dimanche 28 juin) du second tour des élections municipales, France Bleu Pays Basque donne la parole aux deux candidats bayonnais : Henri Etcheto ce mercredi 10 juin, puis Jean-René Etchegaray jeudi. Le candidat de la gauche s'attaque notamment au bilan de son rival.

Henri Etcheto, qui a rassemblé une partie de la gauche, fera face à Jean-René Etchegaray au second tour des municipales 2020 à Bayonne
Henri Etcheto, qui a rassemblé une partie de la gauche, fera face à Jean-René Etchegaray au second tour des municipales 2020 à Bayonne © Radio France - Anthony Michel

Le second tour des élections municipales, dimanche 28 juin, approche à grand pas, avec une campagne d'entre-deux tours qui, du fait du confinement, sera beaucoup plus longue qu'à l'accoutumée (une semaine). Si la très grande majorité des communes du Pays Basque ont déjà élu leur maire et leur conseil municipal, dix-huit sont encore concernées par ce second tour.

Jusqu'au scrutin, France Bleu Pays Basque vous fait vivre la campagne, analyse les changements entre les deux tours et donne la parole aux candidats. Première étape à Bayonne. Le candidat de la gauche, Henri Etcheto battu pour 26 voix en 2014, était le premier invité de la rédaction après le journal de 8 heures ce mercredi 10 juin. Le maire sortant, Jean-René Etchegaray qui mène la liste d'union de la droite et du centre, lui succédera le lendemain.

"En finir avec la politique des apparences"

France Bleu Pays Basque : Ce deuxième tour, pour vous, c'est une revanche ? Vous l'attendiez depuis 6 ans ?

Henri Etcheto : Non, il ne faut pas voir les choses comme cela. Ce second tour par contre il est porteur de beaucoup d'espoir pour les Bayonnais. Lors du premier tour, la grande majorité des électeurs bayonnais a dit assez clairement que la municipalité Etchegaray - Durruty ne lui convenait pas. Ce sont près des deux-tiers des électeurs bayonnais qui ont porté leur vote sur des listes d'opposition. Donc très clairement, il y a une attente très forte, il y a un espoir et nous entendons bien entendu y répondre. Nous avons travaillé d'ailleurs en concertation avec les autres oppositions pour présenter une seule liste, une liste d'union face à la municipalité sortante.

Qu'est-ce qui vous différencie de Jean-René Etchegaray ?

Nous voulons en finir, et là je crois qu'il y a un consensus à Bayonne, avec cette politique des apparences et du trompe l'oeil qui a caractérisé ce mandat. Un exemple récent, mais on pourrait les multiplier, celui des pistes cyclables provisoires qui vont être établies ici. Pendant six ans, la ville a été mise à mal du point de vue budgétaire aussi, nous n'avons pas cessé de le dénoncer. Monsieur Etchegaray et Madame Durruty ont engagé la ville sur la pente du surendettement. Nous, nous voulons rétablir déjà le sérieux budgétaire, et puis répondre aux besoins des Bayonnais, aux besoins véritables. 

La situation budgétaire de Bayonne

Le premier tour c'était le 15 mars, entre-temps il y a eu une crise sanitaire, une crise économique, les ressources ont diminué à Bayonne, comme dans toutes les collectivités territoriales, est-ce que ça vous oblige à revoir à la baisse votre programme municipal ?

Je voudrais dire avant tout, justement, sur cette question budgétaire que la Ville de Bayonne est la seule collectivité de la région à ne pas avoir ni voté son budget, ni même présenté ses orientations budgétaires.  Ce qui marque quand même la désinvolture de cette municipalité et parfois même aussi son souci de dissimuler la situation budgétaire de la Ville. Voilà quelque chose qui nous inquiète bien entendu. Nous n'avons pas cessé d'alerter, avant même la crise sanitaire, sur la situation de la Ville. 

Il est évident que ce qui s'est passé, et qui se passe encore, va avoir un impact sur les finances des collectivités locales, à Bayonne comme ailleurs. Il faudra évidemment que l'on regarde les choses, mais nous avions déjà prévu, nous, un audit des finances municipales si nous gagnons et une révision immédiate de certains grands projets d'investissement, mais aussi une révision à la baisse des dépenses que nous considérons comme futiles en matière de communication notamment, et on pourra parler des aménagements urbains, pistes cyclables ou arbustes en pots, je dirais discutables.

"Pratiquement une union à trois"

Vous avez fait alliance avec la liste de Mathieu Bergé (Bihar Baiona - Demain Bayonne), pas avec celle de Jean-Claude Iriart (Baiona Verte et Solidaire) qui a refusé l'alliance bien que les Verts bayonnais vous apportent leur soutien. Qu'est-ce qui peut faire la bascule lors de ce second tour ? Les abertzale ? Les abstentionnistes (61% des inscrits au 1er tour) ?

Nous entendons parler clairement à tous les Bayonnais. Vous l'avez dit, c'est une union à deux, mais c'est pratiquement une union à trois puisque nous aviron discuté également avec la liste BVS (, ndlr), et je salue au passage l'implication de Jean-Claude Iriart et de Sophie Bussière qui voulaient cet accord. Malheureusement il n'a pas pu aller jusqu'au bout, mais en tout cas il répondait aux attentes de nos amis de Baiona Verte et Solidaire comme de celles de Bihar Baiona, mais je crois aussi de tous les Bayonnais.

Ils ont été très nombreux à ne pas pouvoir s'exprimer, dans les conditions que l'on connait (au 1er tour, ndlr), et je crois que ceux-là aussi attendent du neuf dans cette ville. L'abstention s'est produite un peu partout, mais notamment les quartiers populaires de la rive droite. Beaucoup de gens, en effet, pour des raisons que l'on peut comprendre, ne se sont pas déplacés par précauton. Je crois qu'ils le feront parce qu'un second tour cela mobilise toujours un petit peu plus. Et puis, on avait annoncé un peu partout que cette élection était jouée, une élection n'est jamais jouée, les gens ont bien compris qu'au contraire il y a un véritable espoir de changement, donc je crois que cela va mobiliser aussi tous ceux qui attendent cela. 

Vous dites "on s'adresse à tous les Bayonnais". Vous n'êtes pas une liste uniquement de gauche ?

On est bien sûr une liste de gauche, mois je suis quelqu'un qui est ancré à gauche et qui n'a jamais fait mystère de ce qu'il était. Mais ma liste s'intitule aussi "Bayonne Ville Ouverte" et cela veut dire ce que cela veut dire : "nous entendons parler à tout le monde, sans esprit partisan.

Bayonne et l'agglomération Pays Basque

Vous n'étiez pas favorable à la création de l'agglomération Pays Basque, si vous êtes élu quel sera votre rapport à la CAPB ?

J'ai déjà annoncé que je ne serai pas candidat à la présidence de l'agglomération. Je pense que le maire de Bayonne doit être un maire à plein temps, et c'est aujourd'hui d'ailleurs ce que les Bayonnais peut être reprochent au maire sortant : d'avoir été assez peu maire de Bayonne. Il n'empêche que je m'engagerai, comme toute l'équipe municipale bayonnaise, dans la gouvernance de l'agglomération, parce que les projets et les politiques sont absolument liés en matière de mobilité et d'habitat.

Il y aura un candidat bayonnais tout de même pour la présidence ?

Cela, nous verrons. L'intercommunalité, ici comme ailleurs, c'est un partenariat entre les communes. C'est d'abord cela. Donc je pense qu'il y aura des discussions pour arriver à la meilleure solution possible pour tous. L'idée vraiment c'est de rendre, et je crois que nos partenaires des autres communes l'auront, cette agglomération plus utile à ses habitants, plus proche d'eux, ce dont elle manque peut-être aujourd'hui, notamment pour assumer ses missions essentielles : mobilité, habitat et surtout, aujourd'hui encore plus, reprise de l'activité économique puisque c'est l'une des compétences majeures de l'agglomération.

Pourquoi ne voulez-vous pas le dire ?

La politique, ce n'est pas la lutte des places, ce ne doit pas être cela. Ce que je vous dis en tout cas c'est que l'exécutif bayonnais sera bien entendu investi, représenté dans l'exécutif de l'agglomération, ce qui est tout à fait naturel. Et notamment sur ces questions fondamentales que sont l'habitat, les mobilités, l'économie ou d'autres. Mais tout cela doit se faire dans le respect des électeurs, et en discussion avec nos collègues et partenaires des autres communes.

"Construire un véritable réseau de pistes cyclables en voie propre"

On a beaucoup parlé de pistes cyclables durant la campagne, encore plus avec la création de pistes provisoires, comment vous positionnez-vous par rapport au vélo dans la ville de Bayonne ?

Bayonne accuse un retard considérable. Cela avait été d'ailleurs reconnu par les organisations nationales. Simplement, avec cette histoire de pistes cyclables provisoires on a choisi une réponse caricaturale, ç l'image de ce qui se fait depuis 6 ans à Bayonne. On a rien fait ou pratiquement rien.

Vous les maintiendrez ?

Non, on va construire, à l'échelle du mandat, un véritable réseau de pistes cyclables en voie propre. Pas celle-là qui sont dangereuses et inadaptées. Vous vous rendez compte ? On a lâché presque 700.000€ pour quelque chose qui va durer quelques mois seulement, c'est une aberration. Et tout cela pour masquer tout ce qu'on n'a pas pas fait pendant 6 ans. Donc c'est exactement l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Nous on est pour une politique structurée, cohérente et donc durable, qu'il faudra échelonner sur le mandat et sans doute d'ailleurs sur d'autres mandats, mais avec la réalisation d'un véritable réseau de voies sécurisées propre.

La gratuité du trambus

La mobilité c'est aussi le trambus, vous êtes très critique sur ce programme, mais qu'est-ce que vous ferez vous ?

On était pas critiques du tout sur le principe. On l'avait appelé de nos vœux depuis bien longtemps. Simplement, ce trambus il a déjà 10 ans de retard, et ensuite il a été achevé avec une très grande précipitation, de la sur-communication, et de manière pas très adaptée à la vie quotidienne des habitants. Donc, en effet, il va falloir faire aujourd'hui un travail de remédiation. D'abord le re-crédibiliser auprès des habitants parce que ses déboires dans sa mise en service ont malheureusement porté atteinte à son image. 

On a des mesures fortes. On veut que l'agglomération, le syndicat des mobilités plus exactement, réfléchisse à la question de la gratuité pour aider au report des usages. Nous avons proposé, à l'échelle de Bayonne, de mette en place d'ores et déjà cette gratuité pour les jeunes et les seniors, des publics qui ont besoin aussi de mobilité en toute sécurité. Ce serait une première mesure forte d'incitation.

Des logements accessibles à tous

Bayonne a gagné des habitants sur les 6 années. Va-t-il falloir continuer à faire grossir Bayonne ou va-t-il falloir habiter autrement ?

J'allais vous dire "comment ?" surtout.  On a eu l'impression ces dernières années, avec les projets que l'on voit fleurir, d'une ville livrée de manière un peu anarchique aux promoteurs. Je crois que, là aussi, la municipalité doit remettre la main sur l'urbanisme. 

Il y a aussi une nouveauté à Bayonne, depuis 6 ans : c'est que désormais, c'est une politique d'habitat qui fait moins la place au logement social, on est en train de reculer, alors que jusque là, la Ville s'était signalée par son exemplarité. On produit des logements qui sont inaccessibles, en termes financiers, à la plupart de la population. Nous voulons renverser ce modèle et repartir vers une politique plus juste avec des logements accessibles à 100% de la population. 

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