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Municipales à Bayonne : "pour lui, le Pays Basque n'existe pas" lance Jean-René Etchegaray

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Par , , France Bleu Pays Basque

A un peu plus de deux semaines (dimanche 28 juin) du second tour des élections municipales, France Bleu Pays Basque donne la parole aux deux candidats bayonnais. Ce jeudi 11 juin, c'est Jean-René Etchegaray, le maire sortant, qui a défendu son bilan et s'en est pris à son adversaire et ses alliances

Jean- René Etchegaray est candidat à sa propre succession à Bayonne
Jean- René Etchegaray est candidat à sa propre succession à Bayonne © Radio France - Oihana Larzabal

Le second tour des élections municipales, dimanche 28 juin, approche à grand pas, avec une campagne d'entre-deux tours qui, du fait du confinement, sera beaucoup plus longue qu'à l'accoutumée (une semaine). Si la très grande majorité des communes du Pays Basque ont déjà élu leur maire et leur conseil municipal, dix-huit sont encore concernées par ce second tour.

Jusqu'au scrutin, France Bleu Pays Basque vous fait vivre la campagne, analyse les changements entre les deux tours et donne la parole aux candidats. Première étape à Bayonne. Après le candidat de la gauche, Henri Etcheto (PS), mercredi 10 juin, c'est le maire sortant, Jean-René Etchegaray (UDI) qui mène la liste d'union de la droite et du centre, qui était l'invité de la rédaction après le journal de 8h ce jeudi.

"Le candidat du rassemblement"

France Bleu Pays Basque : Vous êtes opposé au socialiste Henri Etcheto, candidat de la gauche pour le second tour, vous êtes le candidat de la droite ?

Jean-René Etchegaray : Je suis le candidat du rassemblement. Ce n'est pas parce que Monsieur Etcheto nous dit, à qui veut l'entendre, qu'il est le seul candidat de la gauche, que je serais nécessairement le seul candidat de la droite. Je souhaite, parce que Bayonne est une ville tolérante qui n'a jamais accepté, jusqu'à ce jour, le clivage droite/gauche que cette ville soit gérée, comme elle l'a été jusqu'à ce jour, par une liste de rassemblement.

J'ai dans ma liste des personnes qui appartiennent à toutes les formations politiques. Mais j'ai surtout des personnes qui appartiennent à la société civile. Et celles qui appartiennent à des formations politiques ne doivent pas revendiquer leur étiquette. C'est le principe que j'ai posé dès la constitution de la liste.

Henri Etcheto a fusionné avec la liste de Mathieu Bergé (Bihar Baiona) et a aussi reçu le soutien des Verts (EELV) de Bayonne, c'est bien un bloc de gauche auquel vous êtes opposé.

C'est un bloc. Vous dites qu'il est de gauche, moi je dis que j'ai un bloc de rassemblement parce que, je viens de vous le dire, moi je souhaite cette transversalité dans la représentation de Bayonne. Bayonne c'est ça et ça a toujours été ça. Il faut savoir aussi, quand on a un petit peu l'expérience de la gestion publique, que les politiques publiques ne peuvent pas se mener juste à l'aune de ce qu'est une idéologie, de droite comme de gauche. 

Quant au fait que Monsieur Mathieu Bergé ait rejoint Monsieur Henri Etcheto... je crois me souvenir, il n'y a pas si longtemps que cela, que Monsieur Etcheto parlait, lorsque Mathieu Bergé l'a quitté du temps de la transhumance politique, de "narcissisme" et d'"individualisme". J'entends parler aussi Monsieur Etcheto d'un discours de Mathieu Bergé qui est un "discours schizophrénique". Moi je souhaite avant tout constituer une liste avec des personnes qui s'entendent et qui se respectent, et c'est le cas.

"La clé du scrutin : les abstentionnistes"

L'abstention (61%) record, jamais vue à Bayonne, est le fait marquant du 1er tour. C'est là que se trouve la clé du scrutin ?

Vous avez dit l'essentiel. La clé du scrutin se trouve effectivement chez les abstentionnistes. Il faut se souvenir que dans les heures qui ont suivi ce premier tour de scrutin, on avait un Premier Ministre annonçant, ubi et orbi, à toute la population qu'il fallait se protéger et qu'il ne fallait pas sortir de chez soi. Le même disant : "il faudra quand même aller voter." Ce discours n'a pas été entendu, il n'a pas été compris, et la démocratie au 1er tour n'a pas fonctionné. C'est la raison pour laquelle il faut prendre ces résultats avec des pincettes. Le but, c'est bien évidemment de mobiliser les abstentionnistes.

Qui n'est pas allé voter  ?

Nous avons regardé bureau de vote par bureau de vote ce qu'avait été effectivement l'origine de cette abstention. Il y a un abstentionnisme d'ordre "structurel" : malheureusement, il y a une frange de la jeunesse qui n'a pas voté en 2020, pas plus qu'en 2014 et qu'en 2008, c'est ainsi et c'est regrettable. Sauf qu'à cette abstentionnisme "structurel" s'est ajouté un abstentionnisme "conjoncturel" dû bien évidemment au coronavirus. Il touche les personnes qui ont plus de 60 ans dans une proportion considérable ; ces personnes sont celles qui habituellement votent, elles ont eu peur de se déplacer, n'ont pas eu le temps de régulariser des procurations, ce qui explique qu'effectivement nous avons eu ce niveau d'abstention, en particulier chez les personnes de plus de 60 ans.

"Le Pays Basque, je l'ai fait exister"

Les abertzale se sont retirés et n'ont pas donné de consigne de vote. Vous pensez que ce vote là va vous revenir notamment grâce à votre positionnement au sein de la communauté d'agglomération pays basque ?

Je regrette l'absence de Jean-Claude Iriart (tête de liste de Baiona Verte et Solidaire au 1er tour, ndlr) autour de la table du conseil municipal. Il a été très contributif et positif, il fait partie de ces membres de l'opposition qui n'avaient qu'une idée en tête : faire avancer les dossiers, et il l'a fait avec expertise. Son absence, et en particulier l'absence d'une représentation de la formation abertzale, je la regrette. 

Aujourd'hui, je laisse à chacun des électeurs le soin de vérifier qui d'Henri Etcheto ou de Jean-René Etchegaray a donné un certains nombre de gages au Pays Basque. Je n'en dis pas d'avantage. Vous avez d'un côté quelqu'un qui n'a pas eu de mots assez durs contre le Pays Basque. Pour lui, le Pays Basque n'existe pas. Pour moi, le Pays Basque, je l'ai fait exister. Nous avons une différence abyssale entre sa conception de la vie territoriale et la mienne.

"La santé financière n'est pas un vrai sujet"

Hier, Henri Etcheto vous a durement attaqué sur les finances de la Ville. Est-ce qu'elles sont préoccupantes ? A combien se monte l'endettement ?

Monsieur Etcheto n'a eu de cesse, jusqu'à ce jour, que de dire que notre Ville était mal gérée. Alors il faudra que l'on m'explique pourquoi la Chambre Régionale des Comptes a, il y a à peine quelques mois, délivré un satisfecit pour l'ensemble de la gestion qui a été mené dans cette ville ? Ville où les impôts n'ont pas augmenté depuis 11 ans. Croyez-vous que dans une ville où il y a un endettement trop important on augmente pas les impôts ? La réponse est non !

Mais pourquoi n'avez-vous pas présenté vos orientations budgétaires avant ce second tour ?

Eh bien, nous avons fait un exercice, que bien sûr l'opposition n'a pas considéré comme étant un exercice de présentation des orientations budgétaires, mais nous l'avons fait. Nous avons tenu une commission générale avec des slides, des visuels, pour présenter ce qu'étaient les grands points de l'équilibre financier de cette Ville. Tout ceci est encore une fois un faux procès. La question de la santé financière de cette Ville n'est pas un vrai sujet. 

"J'aiderais la filière agricole"

Je voudrais quand même dire que l'endettement de cette Ville, qui était nettement en-dessous de la moyenne nationale pourrait augmenter. Pourquoi ? Les programmes sont impactés par la crise du coronavirus. Nous n'avons jamais eu une crise écologique, sanitaire, bientôt économique et sociale de cette ampleur. J'ai reçu hier les représentants du Pays Basque des filières agricoles, il nous demande de les aider, et on va les aider. En tout cas, si je suis élu, j'aiderais la filière agricole parce que nous sommes pour les circuits courts, parce que la crise sanitaire nous a montré la prégnance de ce sujet. Pourquoi continuerions nous à acheter des produits qui viennent de l'autre bout du monde ? Nous avons réussi à ouvrir les consciences grâce à cette crise.

Si vous êtes élu, est-ce que vous siégerez et est-ce que vous solliciterez à nouveau le poste de président de la CAPB (Communauté d'Agglomération Pays Basque) ?

Je ne me pose pas cette question aujourd'hui, parce que je suis candidat à la mairie de Bayonne, et toute mon énergie s'adresse à mes concitoyens. Sur 158 communes du Pays Basque, 140 ont déjà un ou une maire, donc nous sommes 18 communes à devoir choisir effectivement le futur magistrat. Pour l'heure, je m'attache à aller à la rencontre des Bayonnaises et des Bayonnais. Dans ce contexte particulier où le porte-à-porte n'est pas de mise, où les réunions publiques ne sont pas possibles, j'arrive malgré tout à m'adresser à mes concitoyens.

Pistes cyclables : "Bayonne en a fait bien plus que les autres"

Vous avez mis en place, pendant cet entre-deux tours, des pistes cyclables provisoires. Est-ce que vous en avez fait assez pour les mobilités douces pendant votre mandat ?

Je pense que Bayonne en a fait bien plus que la plupart des communes. Mais je ne veux pas m'en tenir à cette comparaison. Nous avons, en matière de pistes cyclables, le syndicat des mobilités puisque ce n'est pas la Ville seule qui gère cette question, mis en place avec mon collègue Claude Olive, président du syndicat et maire d'Anglet, et nous avons déjà les résultats qui commencent à se voir. A tel point que vous avez une pétition qui circule sur les réseaux pour s'opposer à la réalisation de cette piste cyclable sur le boulevard du BAB. 

Vous pensez bien que la personne que vous avez en face de vous soutient cette piste cyclable puisqu'elle l'a voulue. On travaille sur ce sujet d'une manière remarquable, avec les associations de vélos Txirrind'ola et Bizi. Ce la ne veut pas dire qu'ils nous ont dicté ce qu'il fallait faire. On les a écouté, et bien de leurs propositions ont pu être prises en considération parce qu'elles étaient pertinentes. Ce que j'espère c'est que les personnes vont aujourd'hui, désormais, prendre cette piste cyclable, car je voudrais dire à l'ensemble de ceux qui nous écoutent, ils le savent certainement, mais je le dis quand même : ils font chaque jour des déplacements de moins de 5 kms. Quand on fait un déplacement de moins de 5kms et qu'on a une piste cyclable, il vaut mieux essayer de prendre le vélo.

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