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CARTE - Canicule : neuf départements maintenus en vigilance rouge, 53 en orange
Dossier : Municipales en Franche-Comté : les Carnets de campagne de France Bleu Belfort Montbéliard

Municipales à Belfort : quel projet pour l'économie de demain ?

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Par , France Bleu Belfort-Montbéliard

Avant les élections municipales des 15 et 22 mars, France Bleu propose de scruter les enjeux des communes. Pour cette nouvelle étape, direction Belfort : la ville a connu deux séismes ces 6 dernières années : l'annonce d'une fermeture d'Alstom, sauvé de justesse, et l'annonce d'un plan social à GE.

7 listes s'opposent pour la mairie de Belfort
7 listes s'opposent pour la mairie de Belfort © Radio France - Wassilla Guittoune

Carnets de campagne s'installe ce matin dans la ville la peuplée du nord Franche-Comté : Belfort, moins de 50.000 habitants, l'un des poumons de l'aire urbaine. Belfort : son Lion, ses festivals de musique, son industrie ferroviaire, son industrie du secteur énergie. L'enjeu de ces prochaines années pour la commune va probablement être de dépasser cet héritage économique, de se réinventer.

La ville a connu sur ces six dernières années la perte de 3.000 habitants selon l'INSEE, les deux plus grosses industries ont été menacées. Le site d'Alstom Ferroviaire a failli fermer, le site de General Electric connait un plan social sans précédent avec 28% des effectifs amenés à quitter l'entreprise. 7 listes ont décidé de se porter candidates sur la ville.

La formation pour sauver la ville 

Maude Clavequin, conseillère régionale, affirme être de gauche, candidate socialiste, même si l'investiture lui a été retirée car désormais soutenue par la République en Marche. La tête de liste privilégie le domaine de la formation pour redonner à Belfort un élan : "Le développement de l'enseignement supérieur et de la recherche est l'une des clés de l'installation d'une entreprise et de l'attractivité de notre territoire. Les étudiants animent un territoire, amènent des clients pour les commerces. Il faut créer de nouvelles formations autour de la mobilité, l'énergie et le numérique. Des ingénieurs qui sortent de l'UTBM qui souhaitent créer leur start-up partent pour beaucoup à Shenzhen en Chine, là où il existe un super marché mondial du numérique parce qu'ils y trouvent le terreau qui leur permet de créer leurs start-up. Il faut qu'à Belfort nous soyons en capacité de créer les conditions d'accueil pour que ces jeunes restent sur le territoire et créent leur entreprise ici".

L'Europe pour faire grandir Belfort

Balle au centre encore une fois, avec Marie-Josée Fleury, candidate soutenue par le MoDEM. La commerçante joue son atout Union Européenne, et mentionne son colistier Christophe Grudler : "Il y a un vrai travail de fond à mener au sein de l'Europe parce que je pense que _si on veut attirer des entreprises il faut un véritable travail de lobbying à Bruxelles, à Strasbourg_. Les savoir-faire, nous les avons, les locaux, nous les avons, les structures, nous les avons aussi. Six ans ont été perdus dans ce domaine et il est temps aujourd'hui de se bouger pour faire valoir tout ce qui compose ce tissu industriel et économique et de formation, pour faire venir à nous les entreprises."

Ne pas fixer son attention uniquement sur l'industrie

Au rond point du Leclerc, sous un chapiteau presque balayé par la pluie, Mathilde Nassar distribue des tracts. La candidate soutenue par Europe Ecologie les Verts et La France Insoumise veut remettre un peu d'écologie au milieu du débat : "attention, je ne minimise pas le problème de GE, bien évidemment il est très important. Mais à l'heure actuelle par exemple dans les créations d'emplois : 9 emplois sur 10 sont créés dans le secteur tertiaire. Les emplois du futur sont aussi là et il faut pas qu'on laisse passer cette cette tendance. Autre chose, pour nous l'écologie c'est la base de tout c'est le projet de société : on fait baisser les factures des gens en isolant leur logement et on crée de l'emploi avec des filières de retraitement des déchets par exemple ou sur la question de l'eau qui est quand même assez vital".

Le rôle du pôle métropolitain encore plus fort ?

De nombreux candidats évoquent la question du pôle métropolitain. Ce pôle, ce sont les grandes villes du nord Franche-Comté (Belfort, Montbéliard et Héricourt) qui s'unissent pour créer une superstructure, un syndicat mixte avec pour objectif de se développer tous ensemble que ce soit en matière d'économie, de transports, de culture. Tous ensemble pour être plus fort et plus percutant. Côté centre, la gestion de ce pôle est décrié : "Manque de vision d'avenir" dit Marie-Josée Fleury, "Il ne s'y est rien passé pendant 6 ans" rajoute Maude Clavequin.

Plus à gauche, Samia Jaber partage le même constat : "Si on a une ville de Belfort forte, on aura un pôle métropolitain fort parce que c'est Belfort qui peut être le chef d'orchestre de cela. Les industriels seuls ne vont pas faire écosystème. Ce qu'il faut, c'est réunir l'ensemble des acteurs que ce soit ceux de la CCI,, que ce soit l'université l'ensemble du tissu des PME-PMI, tous ceux qui travaillent aujourd'hui en sous-traitance que ce soit sur le transport où l'énergie : _nous devons réunir tout le monde autour de la table et essayer de créer cet écosystème_. Chaque euro investi doit être investi dans le sens de cet écosystème".

Le maire sortant défend son bilan 

Damien Meslot, maire Les Républicains sortant et candidat à sa propre succession estime avoir "hérité d'une industrie qui était centrée autour de deux géants : Alstom en matière de transport et General Electric en matière d'énergie. Nous avons fait le choix de nous grouper avec nos amis du pays de Montbéliard pour faire une agence de développement économique commune, et grâce à cette agence nous avons entamé la diversification économique du territoire, à la fois sur le domaine des plateformes logistiques mais aussi sur l'hydrogène, sur l'aéronautique donc nous sommes en train d'enclencher une diversification économique parce que nous voyons bien le risque et la fragilité économique que nous avons actuellement en dépendant uniquement de deux géants que sont Alstom et GE. On veut les garder, mais on veut avoir d'autres cordes à notre arc. Il y a encore d'autres projets à mener".

Faut-il racheter les locaux de General Electric ?

Dans une des salles de la maison du Peuple, des portraits de Jean Jaurès sont affichés un peu partout en grand : le parti communiste prépare la campagne. Une campagne qui se fait auprès des ouvriers affirme la tête de liste Bertrand Chevalier : "Nous on ne veut pas que la société TANDEM [NDLR : société d'économie mixte dont fait partie la ville de Belfort] rachète les bâtiments de GE. On ne va pas mobiliser de l'argent pour aider General Electric à sortir de Belfort donc, nous on dira stop. On mettra la pression en disant : si vous voulez qu'on investisse il faut maintenir l'emploi. Sur les aides locales directes, il faut qu'on les conditionne à l'aide au maintien de l'emploi donc on proposera une commission de contrôle des aides publiques. On analysera l'utilisation de cet argent. On ne veut pas servir à gaver, à donner du cash aux actionnaires qui se servent des territoires pour venir aspirer les finances locales".

De la même manière, Jean-Marie Pheulpin à la tête d'une liste Lutte Ouvrière ne rachèterait pas les bâtiments de GE "à un groupe multimilliardaire qui continue à faire des bénéfices qui se chiffrent par milliard. Nous serons du coté des travailleurs en lutte pour la survie des emplois. La perte de centaines d'emplois sera une perte économique pour la ville, il ne faut pas en rajouter en achetant les locaux. Le grand Belfort a déjà dépensé des milliers pour aménager les route pour GE. Nous n'avons aucune confiance en ce patronat qui licencie".

Face à ces entreprises "une maire ne peut pas grand chose autrement. Ou alors ce n'est que du discours, c'est du blabla. On est dans une société divisée en deux camps : les exploitants, et les exploités. _Le grand capital fait ce qu'il veut_. Nous, nous battrons pour sauvegarder nos emplois, nous serions le point d'appui et d'organisation pour les travailleurs pour sauvegarder les emplois : mettre en place les moyens juridiques pour contrer une décision de licenciements par exemple".

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