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Municipales à Besançon : qui est Anne Vignot, la nouvelle maire ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Besançon, France Bleu

Anne Vignot devient la nouvelle maire de Besançon, après sa victoire au second tour des élections municipales ce dimanche. Âgée de 60 ans, elle est la première femme et la première écologiste à accéder à ce fauteuil.

Anne Vignot, en mai 2020 devant la mairie de Besançon.
Anne Vignot, en mai 2020 devant la mairie de Besançon. © Radio France - Marie-Coralie Fournier

Anne Vignot devient la nouvelle maire de Besançon, après sa victoire au second tour des élections municipales ce dimanche, à la tête d'une liste d'union de la gauche (par 43,83% des voix). Âgée de 60 ans, elle est la première femme et la première d'Europe Ecologie les Verts à accéder à ce poste, après un parcours politique atypique. Qui est-elle et comment en est-elle arrivée là ?

Anne Vignot est une scientifique. Ce qui la guide depuis toujours, c'est la science de l'environnement, que ce soit dans son métier, en politique ou dans sa vie personnelle. "Tout son parcours est fondé sur la question du rapport entre la société et la nature" souligne Cécile Prudhomme, son bras droit dans la campagne et secrétaire régionale d'Europe Ecologie les Verts. "On la taquine souvent quand elle utilise le mot "systémique" car personne ne comprend ce que ça veut dire" sourit un de ses proches, "mais c'est ça : elle porte un regard global et transversal sur chaque sujet." Avec Cécile Prudhomme pour l'explication de texte : "Elle pense "système", avec les interactions, les conséquences écologiques entre l'Homme, le groupe, la nature." Intellectuelle, elle envisage chaque sujet dans sa globalité : "Elle a l'écologie chevillée au corps" souligne Eric Durand, ex-élu EELV.

Du monde ouvrier au jardin botanique

Fille d'un ouvrier de l'usine Solvay et d'une mère au foyer, Anne Vignot grandit dans les cités ouvrières de Tavaux, près de Dole, au sein d'une famille nombreuse. Scolarisée à Dole, elle arrive à Besançon pour ses études. Après un an en fac de droit, elle bifurque en géographie. En 1984, elle entre au CNRS comme technicienne, puis prend les galons jusqu'à devenir ingénieure de recherche au laboratoire chrono-environnement. "C'est ce que j'admire chez elle" note Hervé Richard, chercheur au CNRS à ses côtés, "elle a gravi tous les échelons, les uns après les autres." En 1998, Anne Vignot devient administratrice du Conservatoire régional des espaces naturels, et assurera ensuite la présidence. Elle effectue plusieurs missions en Syrie dans des villages abandonnés pour rechercher d'éventuelles causes climatiques à ce phénomène. "Elle a toujours cherché les rapports entre l'Histoire de société et celle de l'environnement." note un de ses collègues de laboratoire, Michel Magny. En 2006, elle prend la direction du jardin botanique de Besançon (qui a fermé fin 2017). 

"Ce qui est fort c'est sa cohérence entre ses vies professionnelle et personnelle" note Anthony Poulin, un colistier EELV, "elle est issue d'un milieu ouvrier et se bat depuis toujours dans les associations pour la justice et les droits de l'Homme". Célibataire, son fils âgé d'une trentaine d'années vit en région parisienne, elle vit dans un appartement près du centre-ville de Besançon. "Une vie simple, loin de la notabilité". Pas de voiture, elle circule à vélo. Elle garde son poste au CNRS à mi-temps pour se consacrer aussi à la politique.

Elle entre en politique à 50 ans

Ce n'est pas Anne Vignot qui est entrée en politique, ce sont les politiques qui sont venus la chercher, en 2010. En l'occurrence, Eric Alauzet (un de ses adversaires pour ces municipales) et Eric Durand, alors respectivement élu départemental et secrétaire régional d'Europe Ecologie les Verts. Pour les élections régionales de 2010, leur parti a décidé que la liste du Doubs devait être menée par une femme issue de la société civile. "On a fait une réunion tous les trois pour lui expliquer nos attentes" se souvient Eric Durand, "elle a posé plein de questions sur le rôle de l'élu. Ensuite, elle s'est jetée à plein dans la campagne électorale." Élue conseillère régionale, Anne Vignot prend sa carte à EELV six mois après.

En 2014, elle est élue conseillère municipale de Besançon sur la liste de gauche du socialiste Jean-Louis Fousseret et devient adjointe en charge des espaces verts et de la transition écologique. Quand le maire rejoint La République en marche en 2016, la majorité se fissure. Des élus écologistes, communistes, socialistes et sans étiquette montent un groupe de frondeurs, baptisé "l'intergroupe", et Anne Vignot en fait partie. En 2019, ils quittent le groupe majoritaire, sans démissionner, puis fondent "l'Equipe", en vue des élections municipales de 2020. 

Elle a une approche par le sourire, l'écoute. Elle prend le temps" Anthony Poulin, co-listier

Au moment de choisir une tête de liste, les yeux se tournent vers Anne Vignot. "Ça s'est vite imposé comme une évidence" raconte Cécile Prudhomme. Après ces négociations avec les autres membres de "L'Equipe", le Parti Socialiste renonce à sa propre liste et les rejoint. Le tour est joué : la liste d'union de la gauche est menée par l'écologiste. "Entre les différents partis, on n'est pas d'accord sur tout, mais avec Anne il y a le respect et l'écoute" glisse Anthony Poulin, qui reconnaît à demi-mots des tensions, malgré l'unité affichée. 

Plusieurs de ses proches s'amusent même de sa patience et du temps qu'elle passe à écouter, discuter, alors qu'eux auraient lâché depuis longtemps. "Elle est d'une persévérance incroyable" note son collègue de travail Hervé Richard "elle travaille beaucoup et elle sait trancher" ajoute Anthony Poulin. Et quand elle a un dossier en main, "elle ne le lâche pas, elle va au bout" note l'ex-élu EELV Eric Durand.

Mal à l'aise dans les confrontations

Mais Anne Vignot n'est pas une oratrice. "Elle est stressée" reconnaît Cécile Prudhomme. Mal à l'aise dans les relations frontales et les conflits, ça se voit aussi dans les débats de la campagne électorale ou le meeting du premier tour. "Ce n'est pas une oratrice" concède Eric Durand, mais "elle ne vient pas des partis politiques, elle n'a pas les mêmes codes que les autres et ça peut être déroutant." Son camp tente de tourner ce défaut en qualité, comme l'élu Anthony Poulin : "Elle n'essaye pas d'être un personnage politique, elle est elle-même." 

Ses proches notent que ses mandats et cette campagne "lui ont permis de s'améliorer." Joliment dit. Mais ils ont raison d'être prudents : "Anne, c'est difficile d'acquérir sa confiance. Et quand ça clashe, c'est terminé. Pas la peine d'essayer de revenir, elle ne se fait pas avoir une seconde fois" confie-t-on dans son entourage. Chacun est prévenu pour les six prochaines années.

Les résultats des élections municipales à Besançon :

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