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Municipales à Béziers : Robert Ménard dans un fauteuil ?

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Par , France Bleu Hérault

Troisième débat des élections municipales 2020 ce lundi à 19h sur France Bleu Hérault avec Midi Libre. Six candidats sont en lice. Robert Ménard reste le grand favori du scrutin. Beaucoup pronostiquent une victoire dès le 1er tour, même si la personnalité du maire sortant reste controversée.

Les allées Paul Riquet et le théâtre de Béziers
Les allées Paul Riquet et le théâtre de Béziers © Radio France - Guillaume Roulland

Réélu à 61% dès le premier tour. C'est le résultat du dernier sondage IFOP Fiducial, publié dans Midi Libre au début du mois de février. Le maire sortant de Béziers est-il réellement menacé ? Tout le monde finit par en douter.

Si dès son élection à la tête de la deuxième ville du département, la personnalité très controversée du nouveau maire, et sa communication parfois très agressive ont souvent été critiquées, les Biterrois et Biterroises jugent plutôt très satisfaisant le bilan du maire sortant.

Déséquilibre entre le centre-ville et les quartiers

L'insécurité qui baisse, la rénovation du centre-ville, la propreté retrouvée... C'est ce que l'on entend le plus souvent sur les allées Paul-Riquet. 

Maryse et Annie, deux voisines retraitées qui habitent le centre-ville, mais qui ne s’intéressent pas spécialement à la politique, portent un regard très positif sur ce que leur cité est devenue. "Sur la fin de son mandat, Monsieur Couderc n'était vraiment plus au top !" résume la première. "Celui-là, il a fait du bon travail" poursuit la seconde.

À deux kilomètres de là, au sud-est de la ville, le quartier de la Devèze compte un peu plus de 8.000 habitants. Une ville dans la ville. Sur le petit marché aux vêtements, Laura et Emilie ont un regard un peu différent. Certes le centre a changé, mais pas les quartiers, en tout cas pas assez vite à leur goût. "On a refait les rues du centre-ville, mais ici, il y a des trous partout. On appelle. Ils viennent les reboucher vite fait, et cela recommence", déplore Laura.

Un sentiment d'abandon partagé par beaucoup de jeunes, souvent désœuvrés, qu'on peut croiser dans la Devèze. "Ménard, il en fait trop pour le centre, mais rien pour nous, affirme un jeune homme. Regardez les petits qui s'amusent là-bas. Ils sont à même le sol. On leur a enlevé tous les jeux. C'est une vie çà ?"

Amid, le boucher de la Devèze, est lui aussi un peu désemparé. Pas en raison de l'insécurité, souvent évoquée dans les médias, ou de l'état de la voirie. Ce qui le préoccupe lui, c'est son commerce qui est peu à peu en train de sombrer. "Y'a pas de travail, les gens traînent, et le commerce à la Devèze est peu à peu en train de mourir. Je ne sais pas si je vais tenir jusqu'à la fin de l'année !"

Pourtant, un grand programme de rénovation urbaine vient tout juste d'être lancé : 551 logements sociaux vont être démolis, une nouvelle école, les Oliviers, verra le jour en 2022, et un nouvel ensemble immobilier, baptisé Villa Rosa, va aussi sortir de terre. "Bientôt la nouvelle Devèze" promet la brochure de la ville actuellement distribuée dans les boîtes à lettres des Biterrois. Mais les habitants de la Devèze s'impatientent.

"Nos enfants ne sont pas un troupeau de vache !"

Depuis qu'il est élu, Robert Ménard a régulièrement defrayé la chronique. Dès le début de son mandat, le nouvel homme fort de Béziers sait faire parler de lui, toutes les semaines ou presque. 

Des campagnes d'affichage très agressives, comme celle qui réunit Donald Trump et Kim Jong Un ou celle qui représente une femme attachée sur une voie férrée pour réclamer le TGV. "Moi, cela m'a fait rire, reconnaît Bernadette, une ancienne prof de français à la retraite. C'est une forme d'humour. Il dit ce qu'il pense. Il est courageux."

Une stratégie médiatique qui à Béziers, semble fonctionner. Un peu moins à l'extérieur. "Quand j'ai dit à mes amis que j'allais aller habiter à Béziers, ils ont été effarés. La ville des "provocs d'extrème-droite, selon eux. C'est dommage, car visiblement, il fait du bon travail" raconte Christine, qui vient tout juste de s'installer en ville, en provenance de Lyon.

Le Ménard qui pérore et celui qui agit

Il y a donc le Ménard qui pérore dans les médias, qui crée sciemment la polémique, qui fait le buzz, et le Ménard qui agit, dans l'ombre et dans l'intérêt de sa ville. 

Dans le quartier de la Devèze, ces sorties médiatiques sont souvent mal perçues. "Il fait des choses correctes, mais il y a un an et demi, il fait un sondage dans les écoles pour recenser les enfants musulmans. Je suis désolée, nos enfants ne sont pas un troupeau de vaches !" s'emporte Laura, qui a pourtant voté pour Robert Ménard en 2014.

Emilie a aussi beaucoup de mal avec le Ménard provocateur et tonitruant. Mais elle accueille plutôt avec bienveillance l'entrée sur sa liste de son épouse, Emmanuelle, élue députée de la circonscription en 2017 : "Elle est beaucoup plus réservée. Elle défend bien les choses. Elle lui sert sûrement à l'apaiser, et c'est une bonne chose" reconnaît-elle.

A Béziers, quel que soit l'endroit ou l'on se trouve, le couple Ménard fait en tout cas toujours beaucoup causer.

La liste écologiste principale opposante au maire sortant

Dans ces conditions, les autres candidats ont bien du mal à se faire une place sous le soleil bittérois. Selon le sondage IFOP/Fiducial publié au début du mois par Midi Libre, la liste écologiste conduite par Thierry Antoine, avec le soutien des Insoumis, pourrait devenir demain la seule et principale opposante à Robert Ménard.  Elle recueille pour l'instant 15% des intentions de vote.

A gauche toujours, Nicolas Cossange, la tête de liste PS/PC/MRG stagne à 8%, et celle de Pascal Resplandy, soutenu par LREM et le Modem, à 7%. 

Le républicain Antoine About, et la liste Béziers Citoyenne de Claire Dotto se contentent eux des miettes: respectivement 4 et 2% d'intentions de vote.

Le débat, avec les six candidats en lice à Béziers, sera retransmis ce lundi soir à partir de 19h, en direct depuis le Zingo Zango.

Un déséquilibre entre le centre et les quartiers - Reportage

Robert Ménard, des provocations au bilan - Reportage

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