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Politique

Municipales à Lille : ce qu'il faut retenir du programme de la candidate LREM

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Par , France Bleu Nord

C'est la première à être partie aussi tôt en campagne, il y a 2 ans. Violette Spillebout promet un programme "ambitieux, réaliste et équilibré" à travers 10 mesures prioritaires et 170 propositions.

L'équipe de campagne de Violette Spillebout, lors de la présentation de la liste, le 16 janvier 2020
L'équipe de campagne de Violette Spillebout, lors de la présentation de la liste, le 16 janvier 2020 © Radio France - Stéphane Barbereau

Plus qu'un tract, c'est un dépliant symbolique qui résume le message que veut faire passer l'équipe de campagne de Violette Spillebout : faire souffler un vent nouveau sur Lille. Sur la forme, le pari est réussi (à défaut peut-être d'être pratique à lire diront certains même si la directrice de campagne assure que les enfants adorent jouer avec) avec un programme qui se déplie telle une vielle carte routière, ce qui est plutôt inhabituel pour un document de campagne. Sur le fond, les électeurs en jugeront les 15 et 22 mars prochain. La candidate promet en tout cas une rupture avec son ancienne mentor, Martine Aubry dont elle a été la directrice de cabinet 10 ans plus tôt : 

Je veux être la maire des solutions du quotidien pour les Lillois.

Go pour le vélo, Haro sur les autos

Ces solutions du quotidien, ça passe par les cantines gratuites, "un geste politique très fort", insiste Nicolas Lebas, l'ancien maire (UDI) de Fâches-Thumesnil, principal soutien de la candidate. Comme tous les autres candidats, la candidate LREM veut également verdir la ville : création de 3 nouveaux bioparcs, 2 forêts urbaines et plantation de 3 000 arbres par an. Parmi ces Bioparcs figure l'actuelle friche Saint Sauveur. Elle serait urbanisée avec 1 500 logements et 15 hectares de verdure (contre 5 hectares dans le projet actuel de la mairie).

Il y aussi de nombreuses mesures pour inciter les habitants à prendre leur vélo : création de Voies Vélo Express Végétalisées, de 500 places vélos dans chaque parking, de 7 nouvelles passerelles piétons-vélos pour relier les quartiers. 

Le programme précise que Lille deviendra une ville zéro carbone en 2035. 3 000 places de stationnement supplémentaires seront créées aux entrées de Lille, qu'une voie sera réservée au covoiturage, taxis, bus, ambulances sur le périphérique. La ZFE (zone à faible émissions) qui doit commencer à entrer en vigueur en 2021 dans 11 communes de la métropole sera durcie avec le bannissement de tous les véhicules diesel en 2026 et des voitures essence en 2035

La Sécurité, l'autre priorité de la candidate

La candidate LREM propose de doubler les effectifs de police municipale, en recrutant une centaine d'agents supplémentaires. Une brigade de la tranquillité quotidienne serait créée pour opérer entre 16h et 2 heures du matin dans les zones de non-droit et les secteurs de vie nocturne. Elle souhaite aussi "installer la vidéosurveillance dans la ville" reliée à un centre de supervision urbaine qui verrait le jour dans un nouvel "Hôtel de Police municipale", porte d'Arras. Enfin, le programme prévoit l'armement des policiers municipaux

Lillenium, une verrue pour le commerce lillois ?

Le futur grand centre commercial doit ouvrir en avril, à l'entrée du faubourg des Postes, à Lille-Sud. C'est l'enseigne Lerclerc qui fera figure de locomotive et de bouffée d'oxygène pour des habitants qui n'avaient plus de supermarché dans leur quartier depuis la fermeture d'Intermarché en 2014. Sauf que ce modèle est aujourd'hui très critiqué par la quasi-totalité des candidats, excepté la maire de Lille. Violete Spillebout entend donc proposer une sorte de contre-projet : 

Lillenium, c'est un cadeau qui pourrait être empoisonné pour le futur maire

"C'est un centre commercial dont on peut contester le modèle (..) qui va à l'encontre de l'ensemble de mes convictions sur l'urgence écologique, la nécessité d'une mobilité douce et d'une consommation de proximité. Cela dit, il arrive donc il faut en faire une chance pour le quartier demain. Il faut proposer un grand plan de sauvetage du faubourg des modes." Comme souvent avec la candidate macroniste, la solution passe par les nouvelles tendances qui sonnent très nouvelles technologies : création d'un incubateur textile recyclé et solidaire, d'un vestiaire solidaire, d'un lieu de coworking pour les influenceurs. Et la candidate promet "3 000 emplois nouveaux sur le mandat qui bénéficieront aux Lillois".

Des quartiers thématiques

La candidate thématise certains quartiers de Lille, reprenant les "Eura" qui ont marqué les 30 dernières années (Euralille, Euratechnologies, Eurasanté,...). Fives-Cail deviendrait Euratransition, un lieu d'accueil pour des entreprises dédiées à la lutte contre le réchauffement climatique. Saint-Sauveur avec l'Institut Pasteur à côté est baptisé "Silver Vallée" avec des structures d'accueil et de recherche pour "aider les Lillois à vivre mieux et plus longtemps"

Le Vieux Lille avec une vaste extension du secteur piéton deviendrait la "cité des Arts et du Design" autour d'un Metropolitan Lille Museum qui s'installerait dans le bâtiment actuellement occupé par le Palais de Justice qui doit prochainement déménager. Le lieu abriterait un musée d'histoire de la ville ainsi que des espaces de design, de musique et un roof-top.

Spillebout, la Macron lilloise ?

Violette Spillebout veut développer la CNV (communication non-violente) dans les écoles lilloises. Est-ce aussi la tonalité de sa campagne : "Je n'ai jamais répondu avec un manque de respect ou attaquer sur la vie personnelle l'ensemble de mes concurrents, explique la candidate. 

Par contre , quand on vient me chercher, on me trouve et je sais avoir les bons arguments pour défendre mes convictions".

Violette Spillebout, entourée de Nicolas Lebas et Benard Charles - Radio France
Violette Spillebout, entourée de Nicolas Lebas et Benard Charles © Radio France - Stéphane Barbereau

"Les Lillois ont besoin d'un maire qui écoute mais qui ait aussi de la fermeté pour défendre une décision". Son étiquette LREM est-elle un handicap en pleine réforme des retraites peu populaire ?  "On a un président qui est un transformateur, qui prend des risques et je suis une femme aussi qui souhaite transformer et prends des risques". Pas question pour autant, pour celle qui porte les couleurs du parti présidentiel à ces élections, de se qualifier d'Emmanuel Macron de Lille : "C'est un peu prétention donc je n'irai pas jusque-là mais je m'inspire de l'histoire de ce mouvement qui donne la chance aux nouveaux visages". La trahison d'Emmanuel Macron (envers François Hollande) est-elle aussi une source d'inspiration pour la candidate élevée dans la politique par Martine Aubry ?

La non-soumission (est une source d'inspiration).

Je n'utilise jamais ces mots [la trahison] parce que lorsque j'ai renoncé à être adjointe au maire et vice-présidente à la Mel (en 2014) auprès de la maire sortante, j'avais mes convictions chevillées au corps, j'ai fait mon chemin politique et je suis aujourd'hui fidèle à ce que je suis : une femme fidèle à la social-démocratie, qui s'occupe des plus fragiles et qui veut être au service de tous les Lillois"

Le budget de la ville

La candidate s'engage à ne pas augmenter les impôts tout en ne touchant pas au nombre d'agents de la ville (près de 4 300 personnes) et à financer ses projets grâce à une meilleure politique d'achat public : cela permettrait d'économiser 10 millions d'euros sur les 3 premières années du mandat selon Violette Spillebout. A Lille, les agents travaillent en moyenne 1 519 heures par an (contre 1 607 heures selon la durée légale en France). La candidate veut-elle augmenter ce temps de travail des agents ? "pour le moment, nous n'y touchons pas. Nous avons des discussions déjà avec l'ensemble des syndicats, c'est un sujet qui mérite une grande concertation avec des méthodes douces et progressives"

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