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Municipales à Orléans : les trois leçons du second tour

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Par , France Bleu Orléans

Le pari réussi du retour de Serge Grouard, l'incapacité de l'écologiste Jean-Philippe Grand à mobiliser au-delà de la gauche traditionnelle et les erreurs du maire sortant Olivier Carré : décryptage au lendemain du second tour des élections municipales à Orléans.

Les électeurs ont boudé les urnes hier : Serge Grouard a recueilli l'équivalent de 14,4% des inscrits, il est paradoxalement le maire le plus mal élu d'Orléans
Les électeurs ont boudé les urnes hier : Serge Grouard a recueilli l'équivalent de 14,4% des inscrits, il est paradoxalement le maire le plus mal élu d'Orléans © Radio France - François Guéroult

Serge Grouard a remporté hier les élections municipales à Orléans : l'ancien maire LR a recueilli 40,3% des voix, devançant l'écologiste Jean-Philippe Grand (31,7%) et le maire sortant Olivier Carré, soutenu par LREM (28%). Une victoire très nette, donc, pour Serge Grouard, même si elle est ternie par une très forte abstention (63,6%) : en fait, la liste "Les Orléanais au cœur" n'a recueilli qu'un peu plus de 9 000 voix, soit 14,4% des inscrits.

Serge Grouard et le pari réussi du retour

Cette élection 2020 restera donc dans l'histoire d'Orléans comme celle d'un retour réussi. Rembobinons : en 2014, Serge Grouard triomphait : non seulement il remportait les municipales pour la troisième fois d'affilée, ce qu'aucun maire d'Orléans n'avait jusqu'alors réussi, mais c'était en plus dès le premier tour. Le signe du lien particulier qu'il a réussi à nouer avec les Orléanais pour qui il incarne à jamais l'homme qui a embelli la ville.

Mais ce troisième mandat ne s'est pas passé comme prévu. En juin 2015, Serge Grouard démissionne de son poste de maire pour des raisons de santé, tout en restant adjoint. Et en juin 2017, il perd son poste de député, battu par une inconnue de la République en marche : Caroline Janvier. Est-ce dès ce moment-là qu'il songe à son retour à l'hôtel de ville ? Lui prétend que non. Et c'est encore ce qu'a affirmé ce matin sur France Bleu Orléans Florent Montillot, son fidèle soutien : "À plusieurs reprises, Serge Grouard m'a demandé d'être la tête de liste, et j'ai refusé, car lui seul était légitime vis-à-vis des Orléanais". En tout cas dès octobre 2018, Serge Grouard publie un livre de souvenirs, dans lequel il lance quelques piques contre son successeur Olivier Carré.

Petit à petit, la musique s'installe : Olivier Carré déciderait un peu trop tout seul. Le tout électrique pour les bus, la cité musicale déplacée à la tête Nord du pont de l'Europe : "Nous sommes mis devant le fait accompli", racontent les proches de Serge Grouard. Dérive autoritaire, et bientôt financière, assurent-ils : le divorce est consommé en juin dernier avec l'affaire des notes de frais : "Nous divergeons, Monsieur Carré", déclare alors Serge Grouard en plein conseil municipal. En décembre il officialise sa candidature, et réussit 6 mois plus tard cette performance : apparaître comme un homme neuf, 19 ans après sa première victoire à Orléans...

L'incapacité de Jean-Philippe Grand à mobiliser au-delà de la gauche

Le succès de Serge Grouard signe aussi l'échec de ses adversaires. A commencer par celui de l'écologiste Jean-Philippe Grand, qui n'a pas su profiter de la "vague verte" qui a submergé beaucoup de villes en France dimanche, dont Tours, à 120 km d'Orléans. Avec 32% des voix, Jean-Philippe Grand obtient un score bien décevant. C'est le même score que si on additionne les résultats de sa liste OSE et de celle de Baptiste Chapuis au premier tour (un gain de seulement 47 voix entre les deux tours !) : il n'y a certes pas eu de déperdition avec la fusion, mais il n'y a eu aucun effet d'entraînement, ce que traduit aussi l'absence de surcroît de participation (+0,4 point).

32% c'est aussi le même score qu'avait obtenu la gauche lors des municipales en 2014, dans un contexte national très compliqué alors pour le PS. Et c'est très loin des 44% qu'avait recueilli François Bonneau au second tour des régionales en 2015 à Orléans... Cela signifie que Jean-Philippe Grand, lui, n'a pas réussi à mobiliser au-delà de la gauche traditionnelle. La faute à une erreur de positionnement pendant la campagne de l'entre-deux-tours ? L'écologiste a donné l'impression d'un virage à gauche avec sa proposition de minimum social garanti et le choix de mettre juste après lui sur la liste la communiste Dominique Tripet, le socialiste Baptiste Chapuis et l'ex-socialiste Valérie Corre a semblé éclipser la société civile sur laquelle s'était appuyée OSE au 1er tour. 

La double erreur de stratégie d'Olivier Carré

Cette élection restera enfin comme celle de l'échec personnel d'Olivier Carré. Dernier dans une triangulaire : pour un maire sortant, c'est un désaveu complet. Et c'est sans doute pour Olivier Carré le fruit de 2 erreurs. La première, c'est d'avoir trop longtemps sous-estimé les velléités de retour de Serge Grouard : "Il ne fera pas de liste", répétait encore en septembre Olivier Carré, persuadé que les come back réussissent rarement en politique. "J'ai peut-être péché par naïveté", a-t-il fini par reconnaître en décembre, lors de l'annonce de la candidature de Serge Grouard. 

La seconde erreur porte sur la stratégie politique : Olivier Carré a cru que la priorité était de ne pas avoir contre lui d'adversaire de la République en Marche - analyse confortée par les 27% décrochés par le parti présidentiel lors des européennes en juin 2019 à Orléans. D'où l'idée, très tôt, d'avoir la députée Stéphanie Rist en 2ème position de sa liste pour les municipales. Ce qui a ainsi libéré un espace politique à Serge Grouard, qui s'est arrangé pour récupérer l'étiquette LR alors qu'il avait quitté le parti pendant deux ans... 

Olivier Carré a préféré tirer dès hier soir les leçons de ce désaveu, en annonçant qu'il ne siégerait plus au conseil municipal, mais aussi en refusant de s'exprimer devant la presse et même d'annoncer les résultats officiels à l'Hôtel Groslot. Quitte, au passage, à manquer un peu de respect à ses électeurs et à rater sa sortie.

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