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Municipales à Rumilly : trois candidats se tiennent à moins de 200 voix

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Par , France Bleu Pays de Savoie
Rumilly, France

Suspense dans la sixième ville de Haute-Savoie. Pierre Béchet ne se représente pas après deux mandats. Trois aspirants se tiennent dans un mouchoir de poche. A noter une abstention record au premier tour.

Qui va succéder à Pierre Béchet ?
Qui va succéder à Pierre Béchet ? © Radio France - Christophe Van Veen

Rumilly compte 15.379 habitants et s'offre un énorme suspense digne de son équipe de rugby de Fédérale 1. La mêlée s'annonce très ouverte avec une triangulaire pour succéder à Pierre Bechet. Christian Heison, Philippe Hector et Jacques Morisot, les trois prétendants, avaient moins de 200 voix d'écart, autour de 30 % chacun, il y a trois mois, lors du premier tour. Depuis...

Match à suspens à Rumilly entre les candidats

Les trois candidats

Christian Heison, 62 ans (36,4 %)

  • Vice-président du conseil départemental de Haute-Savoie, ancien maire de Moye (commune du canton de Rumilly) pendant 19 ans, retraité de l'armée de l'air. A le soutien de Christian Monteil le patron du département dont il est proche. 
  • Auto-définition en un seul mot : Vaillant.
  • Sa définition de Philippe Hector : Combattif. 
  • Sa définition de Jacques Morisot : Inventeur. 
  • Son poste au rugby : "J'ai joué trois-quarts aile. Celui qui court très vite pour échapper à la défense. Celui qui prend le ballon et qui marque entre les poteaux. Bien-sûr, nous sommes une équipe et l'équipe me fait confiance pour marquer."
  • Les deux autres les définissent comme un "politicien". "J'ai regardé la définition dans le Larousse. Celui qui gère la cité. Oui, je suis là pour faire de la belle politique."
  • Certains lui reprochent d'être moins connu, moins visible en ville que les deux autres. "Je suis le seul à avoir été élu par deux fois par les Rumilliens. Deux fois conseiller général de ce canton ! Avec mon nom sur le bulletin. Je veux bien continuer à ne soit-disant pas être connu et être élu une troisième fois dimanche !"
Christian Heison
Christian Heison © Radio France - Christophe Van Veen

Philippe Hector, 47 ans (32,4 %) 

  • Ancien maire de Bloye (commune du canton), traiteur. A le soutien du maire sortant, défend une forme de continuité tout en niant être "son dauphin".
  • Auto-définition : Honnêteté.
  • Sa définition de Morisot : Irréaliste.
  • Son poste au rugby : Talonneur. "Un poste en première ligne, qui peut prendre des coups, qui n'a pas peur d'aller au contact et de défendre ses idées". 
  • Pour compléter sa présentation, Philippe Hector rappelle qu'il est "le seul actif des trois" avance son activité de traiteur. Il est donc "en lien avec l'économie réelle ". 
  • Esquive de Morisot : "Je me sens jeune et je suis entouré d'une équipe jeune et dynamique". Tampon de Heison : "Je ne sais pas comment il me perçoit mais je suis un tout petit peu le vice-président du département en charge de l'économie. Je lui signale donc que je suis en contact permanent avec tous les acteurs économiques de la Haute-Savoie."
Philippe Hector
Philippe Hector © Radio France - Christophe Van Veen

Jacques Morisot, 64 ans (31,1 %)

  • Déjà candidat en 2014. Vice-président de la communauté de communes. Juriste de formation. Diplômé en ressources humaines. 
  • Auto-définition : Citoyen.
  • Sa définition de Philippe Hector : Continuité du maire actuel. Maire d'une petite commune qui vient dans la ville. 
  • Son poste au rugby : Demi de mêlée. "C'était mon poste quand je jouais. Celui qui fait la transition entre le pack avant et les arrières. Celui qui organise." 
Jacques Morisot
Jacques Morisot © Radio France - Christophe Van Veen

Associer les citoyens

Aucun n’est venu pour presser les citrons à la mi-temps. Ça chatouille en peu en mêlée. Viril mais correct. Au fond, ils auraient pu jouer dans la même équipe. Ils ont bien des points communs. Ne serait-ce que leur implication avec des programmes qui fourmillent d'idées et de propositions. Vous irez les découvrir dans le détail sur leurs pages de campagne très actives sur les réseaux sociaux.  

  • Les trois veulent cesser la guerre de personnes à communauté de communes entre Rumilly et les villages ruraux (la fameuse guerre des Pierre - Pierre Bechet(Rumilly) contre Pierre Blanc(président de la communauté) a plombé la politique locale). Les trois sont prêts pour des binômes, un pouvoir partagé entre Rumilly et la campagne.
  • Sauver le cœur de ville et son petit commerce en décrépitude.
  • Désengorger un trafic routier au bord de l’embolie. 
  • Construire moins, mais mieux.
  • Reprendre en vert la cité. 
  • Et surtout associer les citoyens.
Les constructions se multiplient en périphérie
Les constructions se multiplient en périphérie © Radio France - Christophe Van Veen

C'est le coeur de la candidature de Jacques Morisot. "A chaque projet, un groupe de travail. On explique on étudie et on décide ensemble pour l'intérêt général. Avec des citoyens tirés au sort. Des responsables d'associations. Cela prend un peu plus de temps mais le citoyen doit être au centre de toute les décisions."

Philippe Hector le rejoint "jusqu'à un certain point. Car à un moment, le maire et son équipe doivent trancher." Il a lui le désir de mettre en place un budget citoyen de 100.000 euros qui tourne chaque année d'un quartier à l'autre. Sur des demandes très concrètes : ralentisseurs, aire de jeux...

Selon Christian Heison, ses deux concurrents vont moins loin que lui. Il propose "une démocratie directe en temps réel avec une application smartphone "Happy Rumilly". Un numéro de téléphone spécifique. Vous levez un matin, vous voyez un poteau de signalisation cassé, vous envoyez la photo directement aux services de la Ville et on intervient le plus vite possible."

Abstention record au premier tour

Associer les citoyens. Rien de mieux pour les réconcilier avec la politique et ce n'est pas un luxe, ici comme ailleurs. L'abstention record au premier tour marqué les esprits et rend très prudents les trois candidats. L'effet Covid a dissuadé les électeurs, même si la participation baissait déjà régulièrement. Seulement la moitié s'était déplacée il y a six ans. Pour Jacques Morisot, "les abstentionistes ont la clé du résultat. Les municipales, c'est leur scrutin". Philippe Hector leur rappelle que "les trois candidats se battent pour l'avenir de Rumilly et qu'il faut donc voter". Même appel de Christian Heison. 

Ils n'avaient pas voté au premier tour

Les trois pensent que les cartes pourraient être rebattues lors de ce second tour où l'on a appris à vivre avec le coronavirus. "Tout est possible" revient dans la bouche des trois, même si Christian Heison souligne qu'il a été en tête dans sept bureaux sur huit, "ce qui est tout de même une tendance".  

L'abstention va-t-elle sévir à nouveau ? Pas forcément, si l'on en juge ces Rumilliens qui n'ont pas voté au premier tour.

Fanny 36 ans maroquinière
Fanny 36 ans maroquinière © Radio France - Christophe Van Veen

Sur le marché du jeudi, il n'est pas très compliqué de trouver des abstentionnistes. Entre la peur du Covid-19 et le fait d'être "pris pour des imbéciles par un gouvernement qui nous dit la veille de voter qu'on n'a plus le droit de sortir", on comprend qu'une grande partie des absents s'explique par le contexte extraordinaire du premier tour. 

"On ne peut plus faire de la politique à papa comme dans les années 70. Il faut vraiment changer les choses car il y a urgence" - Fanny, électrice à Rumilly

Témoin Fanny, 36 ans, artisan, qui justement venait de reprendre sa carte d'électrice - après 10 ans de boycott - mais qui n'a pas voté le Jour J. "Trop occupée avec la gestion des enfants, avec mon activité que j'exerce seule à mon compte. Quand le confinement nous est tombé dessus, il y avait tellement de choses à faire. En résumé, on n'avait pas la tête à ça." Fanny ira voter dimanche. Elle a la tête à ça, désormais. Elle a vu deux des trois candidats dans sa boutique et elle saura s'en souvenir. "On ne peut plus faire de la politique à papa comme dans les années 70. Il faut vraiment changer les choses car il y a urgence. Pour nous, artisans et petits commerçants, il faut nous aider, trouver des idées comme des coopératives où l'on mutualise les moyens." Fanny en parle avec passion et on se dit que les trois candidats auraient été bien contents de l'avoir sur leur liste.  

Pascal et son centre-ville abandonné

Rumilly symbole de ces centres-villes en souffrance alors que la périphérie se développe

Plus de 15.000 habitants, avec le plein emploi grâce à des locomotives telles que Téfal, SEB ou Valli-Sophie la Girafe... et pourtant le centre-bourg est en décrépitude. Il a d'ailleurs été retenu pour l'opération "Cœur de Ville", (tout comme le centre ancien de Chambéry) qui permet d'obtenir des subventions nationales afin de le retaper. Ce si long chantier a débuté. Cet abandon est résumé par Pascal , fromager ambulant, habitant de Rumilly. 

Pascal le fromager de Rumilly
Pascal le fromager de Rumilly © Radio France - Christophe Van Veen

Il résume la situation que va devoir affronter le futur maire de Rumilly quel qu'il soit. "On est entouré de grandes surfaces qui se partagent le gâteau. Rumilly était notre plus gros marché il y a 30 ans. Aujourd'hui, on vient pour le folklore. Quand vous voyez le centre, ça donne envie de pleurer. Des boutiques fermées, et au-dessus des logements avec des volets qui pendent. Ma femme a tenu un commerce pendant neuf ans. Elle a laissé tomber. Rumilly, le centre, a été oublié. C'est dommage car si on passe la première impression, c'est une très belle ville, historique. A remettre en valeur."   

Jacques Morisot voudrait que les habitants soient vraiment associés à la rénovation du cœur de Rumilly. Philippe Hector veut poursuivre l'effort engagé. Outre la rénovation, Christian Heison envisage de "remettre la nature en ville".

Rue Montpelaz en voie d'être rénovée
Rue Montpelaz en voie d'être rénovée © Radio France - Christophe Van Veen

Les résultats de l'élection municipale 

Rumilly ne manque pas de locomotives économiques
Rumilly ne manque pas de locomotives économiques © Radio France - Christophe Van Veen
Un pronostic, Sophie ?
Un pronostic, Sophie ? © Radio France - Christophe Van Veen
Alors qui va le gagner, ce match ?
Alors qui va le gagner, ce match ? © Radio France - Christophe Van Veen
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